Le président en exercice s'est fait réélire avec un avantage écrasant, jusqu'ici inconnu, note le quotidien. L'absence de concurrents tant soit peu sérieux ne peut pas servir d'argument pour discréditer les élections en tant qu'institution. Cette liberté que nous avions reçue il n'y a pas longtemps a déjà été gravement discréditée, ce qui ne s'est pas produit au cours des quatre dernières années, soyons honnêtes. C'est avec des réserves qu'on peut dire que la présidentielle de 1996 et celle de 2000 ont été absolument démocratiques. Alors, nul n'exhortait cependant à les boycotter sous prétexte que les "élections seraient plutôt une farce". Le scrutin d'hier n'a pas été une farce non plus. Affirmer le contraire c'est offenser la grande majorité des électeurs russes qui ont voté de plein gré pour Vladimir Poutine. Ce n'est pas de leur faute si le président en exercice n'a pas eu de concurrent sérieux, écrit "Vrémia novostéi".
Izvestia
Vladimir Poutine est réélu. On peut supposer ce que fera le vainqueur, notent les "Izvestia".
Economie. La tendance au renforcement du rôle de l'Etat sera maintenue. En premier lieu dans les grandes entreprises et les secteurs stratégiques, tout d'abord dans la production de matières premières.
Privatisation. Elle sera poursuivie. La nationalisation de certaines entreprises est possible mais elle ne sera pas pratiquée massivement.
Impôts. Il est possible que très bientôt les impôts soient augmentés pour les plus grands entreprises, en premier lieur pour celles qui sont spécialisées dans la production de matières premières, en d'autres termes, que soit récupérée la rente des ressources naturelles. En même temps il y a lieu d'attendre une réduction de l'impôt social unique, l'apparition d'autres facilités fiscales en matière de financement de l'enseignement, de l'assistance médicale, des soins à apporter aux enfants, ainsi qu'en matière de crédits hypothécaires. L'hypothèque sera l'un des programmes maîtres du deuxième mandat. Elle doit provoquer un développement de la construction de logements mais multipliera les possibilités de faillites locales.
Tchétchénie. La politique de la transmission de la plénitude du pouvoir au régime d'Akhmad Kadyrov sera poursuivie. Vers la fin du deuxième mandat les effectifs des forces fédérales en Tchétchénie seront ramenés à un minimum, si ces forces y sont maintenues.
Politique extérieure. Il n'y aura pas de rapprochement sensible avec l'Occident. Les relations avec l'Union européenne connaîtront plutôt une certaine dégradation consécutive à l'admission de dix nouveaux membres parmi les anciens pays socialistes qui ne sympathisent plutôt pas avec la Russie. Les relations avec les Etats-Unis resteront telles quelles le sont aujourd'hui ou bien se détérioreront, si le démocrate John Kerry est élu président en novembre.
Investissements étrangers. Les investisseurs étrangers ont l'habitude de travailler avec les plus divers régimes. En ce sens, il ne faut pas surestimer l'importance de l'affaire Ioukos. D'autre part, la rentabilité des investissements en Russie est très élevée, soulignent les analystes des "Izvestia".
Kommersant
La tension qui persistait entre Tbilissi et les autorités de l'Adjarie pendant toute la semaine dernière a atteint son point culminant. Les partisans du leader adjare Aslan Abachidze n'ont pas laissé le président géorgien Mikhaïl Saakachvili entrer sur le territoire de la république autonome. En réponse, le chef de l'Etat a prévenu Batoumi : "La Géorgie ne saurait être otage des quelques féodaux". Tbilissi et Batoumi se sont retrouvés au bord d'un affrontement dans lequel la Russie pourrait être également entraînée, écrit le "Kommersant".
Selon les sources que le journal a au Kremlin, Moscou doute de la solidité des positions de Monsieur Abachidze en Adjarie, vu la consolidation des forces de l'opposition. Moscou a déjà entrepris une démarche qui confirme sa volonté d'éviter d'être entraîné dans la confrontation autour de l'Adjarie. Les soldats adjares qui font leur service dans la base militaire russe de Batoumi et qui peuvent en cas d'aggravation de la situation rejoindre le camp d'Abachidze ont été remplacés d'urgence par des soldats russes, annonce le "Kommersant".
Gazeta
Les négociations gazières entre Minsk et Moscou ont de nouveau échoué, souligne le journal. La Biélorussie a proposé d'acheter du combustible à 46 dollars les 1000 m3 tandis que "Gazprom" insiste sur 50 dollars. Selon l'attaché de presse du patron du holding russe, Serguéi Kouprianov, la Biélorussie propose des conditions inacceptables du point de vue de l'économie de marché.
L'état actuel des relations entre Moscou et Minsk est plus avantageux pour la Biélorussie, estime la "Gazeta". La saison froide est déjà passée et le gaz qu'elle a déjà acheté à plusieurs compagnies russes lui suffira pendant un mois. Qui plus est, le président Alexandre Loukachenko a obtenu que le réseau de transport par lequel le gaz russe est livré aux consommateurs européens reste propriété de la Biélorussie.