Nézavissimaïa Gazéta
Jusqu'à hier, Washington n'a pas réagi à la désignation de Mikhaïl Fradkov comme candidat au poste de premier ministre russe. En revanche, les réactions de l'Union européenne ont été multiples et énergiques. Car c'est là où l'on connaît bien Fradkov qui a travaillé un an à Bruxelles. Le futur premier ministre a été félicité au téléphone par le président de la Commission européenne Romano Prodi, et le haut représentant de l'Union pour la Politique étrangère et de sécurité commune Javier Solana.
Dans un entretien accordé au journal, ce dernier a indiqué : "Je suis heureux que la candidature de M.Fradkov ait été proposée. Ce choix témoigne de l'importance que la Russie accorde aux rapports avec l'Union européenne. C'est un signal positif. Tout ce que sait M.Fradkov sur l'UE et l'expérience qu'il a accumulée à Bruxelles seront des atouts d'importance pour le nouveau gouvernement russe". M.Solana a avoué savoir Fradkov "interlocuteur compétent, franc et énergique", avec qui il a "collaboré fructueusement à Bruxelles".
Vrémia Novosteï
"Les bruits sur une guerre commerciale avec l'Union européenne sont fortement exagérés", a rassuré les participants à une conférence nationale de commerce extérieur le ministre intérimaire russe du Développement économique Guerman Gref. Il s'est dit totalement en désaccord avec l'avis selon lequel il y a une crise dans les rapports entre la Russie et l'Union, dont la cause est le prochain élargissement de l'UE. "Ce n'est pas ainsi", a affirmé M.Gref.
Lors de sa dernière rencontre avec le commissaire européen au Commerce, Pascal Lamy, à laquelle a d'ailleurs participé le candidat actuel au poste de premier ministre Mikhaïl Fradkov, il y a eu, selon lui, "un dialogue très positif". De l'avis du ministre, "la Russie a toutes les chances d'achever ses négociations (avec UE) d'ici le 1er mai (date d'adhésion à l'Union de dix nouveaux pays) et il y a aussi la possibilité de ne pas perdre un seul dollar du fait de cet élargissement".
Kommersant
Mikhaïl Fradkov a annoncé qu'il veut voir au poste de vice-premier ministre Alexandre Joukov, aujourd'hui numéro 2 de la Douma d'Etat, chambre basse du Parlement. Cette déclaration est commentée, dans les pages du quotidien, par son ami et collègue, Mikhaïl Zadornov, chef du comité parlementaire pour le Budget.
"Je salue la proposition qui lui a été faite. C'est un défi à Russie unie (parti disposant de la majorité constitutionnelle à la Douma). Car lui n'appartient pas à ce parti. Nous n'aurons donc pas de gouvernement de majorité parlementaire, même si le président avait annoncé son projet de le créer. La désignation de Joukov est un paratonnerre, elle compense l'abandon, par le président, de l'approche qu'il avait lui-même proclamée. Je pense que deux ou trois personnages qu'on associe à Russie unie viendront avec Joukov au gouvernement. Alors le changement de cabinet sera lié à Russie unie. Joukov renforcera le bloc économique du gouvernement".
Izvestia
Le ministre intérimaire de l'Intérieur, Rachid Nourgaliev, a fait une déclaration sensationnelle, reconnaissant, le premier parmi les officiels, l'existence en Russie de groupes de jeunes d'extrême-droite et nazis, écrit le quotidien. Devant les responsables du ministère de l'Intérieur (MVD) et du FSB (contre-espionnage) réunis à Moscou, Rachid Nourgaliev a fixé l'objectif de "neutraliser" les leaders des extrémistes, ce qui, à son avis, devrait permettre de "démanteler de l'intérieur" les groupes d'extrémistes. Le chef du MVD n'a pas précisé ce qu'il entendait par le terme "neutraliser". Mais, des manuels de police, on apprend que, pour démanteler l'association de criminels, il faut en premier lieu isoler son leader, le poursuivant au pénal pour des délits aussi "insignifiants" que le recel de stupéfiants, d'armes et l'évasion fiscale.
Aucun officiel n'avait jusqu'ici ouvertement reconnu non seulement l'existence en Russie d'un mouvement nazi de jeunes mais aussi celle des adeptes mêmes de l'idée de pouvoir des Blancs, les skinheads, rappellent les Izvestia.