Organisée par la revue russe Expert avec la participation du quotidien Financial Times, de la société d'audit PriceWaterhouseCoopers et de la Bourse de Londres, cette conférence était notamment appelée à présenter les résultats d'un sondage d'opinion international mené auprès des investisseurs occidentaux sur les placements en Russie.
Ce sondage a été réalisé conjointement par le Centre d'analyses d'Expert et de la société britannique West Bridge Consulting. Entre novembre 2003 et janvier 2004, ils ont interrogé des responsables de grands groupes occidentaux, dont General Motors, Deutsche Bank, KPMG. Les résultats généralisés de ce sondage ont été présentés par le directeur de ce Centre, Andreï Chmarov.
Selon lui, "une amélioration substantielle, voire radicale de l'attitude des investisseurs occidentaux envers la Russie s'est opérée en 2003, non en raison d'un revirement quelconque dans la situation en Russie mais bien par la suite d'un changement de sa vision en Occident".
"Si, l'an dernier, les gens préféraient agir avec circonspection et plutôt évaluer la situation, aujourd'hui, ils sont prêts à investir, ils sont déjà comme on dit "en départ bas", a constaté l'expert.
Plusieurs facteurs d'importance ont provoqué ce revirement dans les états d'esprit. C'est, notamment, la fin de la dépendance entière de la croissance économique vis-à-vis de la conjoncture pétrolière et la consolidation des positions de la Russie dans la politique globale, survenue non en dernier lieu grâce à sa position pondérée face aux événements en Irak, a-t-il indiqué.
Allister Ross Gooby, chef du Réseau international de gestion corporative, a déclaré au cours de cette conférence que "la Russie s'est transformée ces quatre dernières années en un des meilleurs marchés du monde". "Ce n'est plus un "orient sauvage", c'est un marché normal et raisonnable", a-t-il ajouté.
Mais, du point de vue de la gestion corporative, il reste encore des problèmes qui, dans les grandes lignes, rappellent ceux qui inquiètent les autres pays. A leur nombre, il a cité "l'opacité qui persiste dans les activités de nombreuses sociétés, la nécessité d'inviter des responsables indépendants aux conseils d'administration de groupes et d'éviter les situations pareilles à l'affaire Yukos, qui rebutent les investisseurs et sapent leur confiance dans le pays".
Dans son intervention consacrée au pronostic concernant l'attraction de la Russie sur le plan des investissements pour les années à venir, le principal expert pour la stratégie du développement d'Alpha-Bank, Chris Wheefer, a formulé ce que les investisseurs occidentaux attendraient, selon lui, des dirigeants russes.
Il s'agit avant tout d'une nouvelle structure du gouvernement russe et la poursuite de la réforme administrative. L'Occident, a-t-il encore indiqué, compte sur la poursuite de la politique visant à créer un climat d'investissement favorable en Russie, l'achèvement de l'affaire Yukos-Menatep, le rapatriement des capitaux expatriés de Russie, l'élaboration de nouveaux mécanismes budgétaires d'encouragement de la croissance et la lutte contre la bureaucratie et la corruption.