Revue de la presse russe du 27 février

S'abonner
"Izvestia"

Après avoir à peine digéré la démission du cabinet des ministres, l'élite politique russe suppute dorénavant l'identité du futur chef de gouvernement. Les rumeurs ont empli Moscou et elles se résument pour l'essentiel à ceci: "Vladimir Poutine soumettra certainement cette candidature à la Douma (chambre basse du parlement russe)". Les "Izvestia" tentent de brosser les portraits des personnages cités dans les discussions, en soulignant que ce ne sont que des bruits de couloir. Aujourd'hui, le processus du choix du candidat au poste de premier ministre se déroule dans le plus grand secret, au maximum 4 à 5 personnes du plus proche entourage de Vladimir Poutine y sont initiés. Une décision définitive sera probablement prise par le président dimanche soir, au plus tôt.

Le candidat principal le plus souvent cité à la Douma est son président Boris Gryzlov, indique le journal. L'aspect illogique de sa candidature n'est qu'apparent. En réalité, le président de la Douma arrange parfaitement le Kremlin, personnellement le président et une partie de son plus proche entourage. Vladimir Poutine connaît depuis longtemps Boris Gryzlov. Le chef de l'Etat n'a aucune raison d'en être mécontent ni à l'époque où il avait dirigé le ministère de l'Intérieur, ni lorsqu'il avait édifié le parti "Russie unie". L'autre avantage de Boris Gryzlov est qu'il n'est pas lié aux groupes de la finance et de l'industrie et qu'il est tout à fait indépendant vis-à-vis d'eux.

Le premier vice-président de la Douma Alexandre Joukov est le deuxième candidat. Il a plus de qualités que quiconque pour diriger le cabinet. Qui plus est, ses qualités sont évidentes et compréhensibles pour les électeurs. Alexandre Joukov est très sociable, démocrate, il est bien versé dans le processus des finances publiques et de la fiscalité, ce qui est à l'ordre du jour. Il trouve facilement un langage commun avec l'élite du monde des affaires national et mondial (un langage dans toutes les acceptations de ce mot: il a effectué un stage à l'Université Harvard).

Ces jours-ci le nom d'un autre prétendant au poste de premier ministre a émergé, celui de Serguei Glaziev, aujourd'hui concurrent principal du candidat Vladimir Poutine au poste de président. Economiste, dont la devise électorale est "Nouvelle répartition de la rente des ressources naturelles" occuperait volontiers, dit-on, un poste important dans les structures du pouvoir exécutif. D'autre part, sa nomination lèverait à la fois deux problèmes politiques: il ne participerait pas à l'élection présidentielle et, en général, serait absent de cette scène dans les années à venir.

"Nezavissimaia gazeta"

Ce quotidien publie la première intervention dans la presse russe de Jaap de Hoop Scheffer, Secrétaire général de l'OTAN, président du Conseil Russie-OTAN. On lit notamment dans son intervention:

"Je considère le développement d'un partenariat durable et efficace entre la Russie et les alliés de l'OTAN comme l'une des priorités fondamentales de mon travail. Les raisons en sont évidentes. Dans les conditions présentes de sécurité, la nature des défis qui nous sont jetés a fondamentalement changé. La coopération n'est plus un luxe. Au contraire, elle est nécessaire pour faire face aux menaces actuelles qui ne connaissent pas de frontières nationales. Bien plus, dans un monde qui change rapidement, la Russie et les alliés de l'OTAN sont des partenaires naturels ... Les premiers 20 mois de travail selon la formule "à 20" ont été un bon départ garantissant de forts critères du succès. Agissant comme de véritables partenaires égaux, la Russie et les pays membres de l'OTAN ont établi un partenariat orienté vers de bons résultats, partenariat reposant sur le pragmatisme et les intérêts communs .. Travaillant dans l'esprit du partenariat à long terme, nous relèverons n'importe quels défis".

Kommersant

Le président géorgien Mikhaïl Saakachvili a terminé sa visite à Washington par une rencontre avec George Bush à la Maison-Blanche. A la différence de son prédécesseur Edouard Chevardnadze qui chaque fois qu'il visitait les Etats-Unis ne pouvait s'empêcher de critiquer violemment la Russie, Mikhaïl Saakachvili a été ostensiblement correct. Il a même reconnu l'existence d'intérêts particuliers de la Russie au Caucase du Nord.

Interrogé par les journalistes géorgiens, il a dressé le bilan de ses pourparlers avec George Bush : "La Géorgie reste un partenaire stratégique des Etats-Unis. En même temps, nous coopérerons de façon amicale et constructive avec notre grand voisin et notre ami historique la Russie. La Russie a des intérêts légitimes dans la sphère de la sécurité au Caucase du Nord et nous nous devons de respecter les intérêts de l'une des superpuissances mondiales".

Gazeta

L'économie russe dont l'exportation de matières premières constitue un élément clé risque de s'effondrer en cas d'apparition dans le monde de combustibles remplaçant le pétrole et le gaz, a estimé le directeur du service économique du président de la Fédération de Russie, Anton Danilov-Danilian, souligne le quotidien "Gazeta". Il a dit que "l'orientation sur le développement de la production de matières premières est une route qui mène dans une impasse dans le monde actuel. En 2003 les produits de la filière combustible-énergie et de la métallurgie entraient pour 81% dans la totalité des exportations russes, contre 65% en 2002. L'accroissement de la part des matières premières dans les exportations nationales risque d'avoir des conséquences négatives pour l'économie, affirme Anton Danilov-Danilian. A son avis, l'Etat doit concentrer ses efforts sur le soutien à apporter à la fabrication de produits qui remplaceraient ceux d'importation dont la part du marché russe est estimée actuellement à 75 milliards de dollars.

Fil d’actu
0
Pour participer aux discussions, identifiez-vous ou créez-vous un compte
loader
Chat
Заголовок открываемого материала