Revue de la presse russe du 25 février

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Izvestia

Que peut signifier la décision du président Vladimir Poutine de limoger le gouvernement et de nommer Viktor Khristenko au poste de premier ministre par intérim, s'interrogent les "Izvestia", soulignant que c'était une surprise pour beaucoup de fonctionnaires haut placés du Kremlin. La démission du gouvernement Kassianov n'a rien d'extraordinaire, elle était attendue après les législatives, dans les jours qui suivaient le Jour de l'An. La décision de Poutine peut avoir au moins trois explications.

Premièrement, il aurait décidé de s'atteler sérieusement aux réformes au lendemain de la présidentielle du 14 mars. Le gouvernement Kassianov n'était d'aucune utilité pour cette mission, ce que tout le monde reconnaissait. Considéré comme un gouvernement de stabilisation, il était, de l'avis général, trop empêtré dans les rapports entre les différents clans engendrés par l'époque d'Eltsine.

Deuxièmement, le futur premier ministre serait le successeur de Poutine que ce dernier recommanderait en 2008. C'est, à ce jour, le chemin à la présidence le plus habituel en Russie. Poutine l'a franchi lui-même il y a quatre ans. A sa récente rencontre avec son comité électoral, il a pour la première fois évoqué le thème du successeur.

Troisièmement, Poutine aurait décidé (ou se serait décidé) de donner une impulsion à toute la politique nationale. Lors de la même rencontre avec son comité électoral, il s'est mis à parler, sur un ton expressif qui n'était pas le sien, de l'année 2008 où un autre homme viendrait avec des "idées fraîches, des approches nouvelles". Cela peut signifier que Poutine a lui aussi réalisé que la Russie était dans un état de somnolence, notent les "Izvestia".

Kommersant

Ayant limogé le gouvernement, Vladimir Poutine n'a pas annoncé le nom du futur premier ministre. La figure la plus voyante, selon le quotidien "Kommersant", est le vice-premier ministre et ministre des Finances Alexéi Koudrine. Comme Mikhaïl Kassianov, il peut changer son poste de ministre des Finances contre celui de chef du gouvernement. Son autre atout est qu'au moment de la bataille contre les oligarques et les peu nombreux fonctionnaires qui les ont soutenus Monsieur Koudrine a fait son choix en faveur des structures de force: il les a renseignées sur les conséquences macro-économiques de l'arrestation de l'ancien patron de Ioukos, Mikhaïl Khodorkovski. D'autre part, il a déclaré plus d'une fois, en Russie et à l'étranger, que ces structures agissaient comme elles le devaient et remettraient de l'ordre en tout.

Les favoris dans la course au poste de premier ministre peuvent être Alexéi Koudrine et le ministre de la Défense Serguéi Ivanov, estime le "Kommersant".

Vrémia novostéi

Le journal publie une série de déclarations de plusieurs hommes politiques russes intitulée "Les adversaires et les partisans de la démission du gouvernement".

Irina Khakamada, candidate à la présidence : "Le gouvernement devait de toute façon démissionner après la présidentielle, c'est la loi. Les événements d'hier sont donc une mise en scène qui a pour but de faire l'étalage de quelques éléments brillants et imbattables du programme du candidat Poutine. D'autre part, cette décision porte un préjudice énorme parce que la stabilité proclamée par le président Poutine, il l'a violée lui-même dès qu'il a besoin de faire quelque chose pour gagner les voix des électeurs. Je me demande seulement si cela lui est vraiment nécessaire".

Nikolaï Kharitonov, candidat à la présidence : "Je considère le limogeage du gouvernement comme un coup de publicité électorale. Le président veut nous montrer ainsi que le tsar est bon mais les boyards sont mauvais. Et voilà que d'un beau geste il les renvoie".

Guenandi Ziouganov, leader de la fraction communiste à la Douma : "Si le gouvernement n'a pas de politique économique et industrielle, s'il n'y a pas de débats au cours de la campagne présidentielle, si le parti du pouvoir n'a pas d'idéologie ni de programme, il ne reste principalement que ce genre d'actions. Il ne s'est passé rien de neuf. Tout simplement le gouvernement s'en est allé un peu plus tôt que prévu".

Vladimir Jirinovski, leader du Parti libéral-démocrate de Russie : "La démission de ce gouvernement est une fête, la suite du 23 février. D'abord le Jour du Défenseur de la Patrie, puis le Jour de la défense du pays. Si le président met en place un gouvernement identique au précédent, le peuple en sera indigné. Tout dépend de la personnalité du futur premier ministre. Il est clair que Khristenko est un gérant provisoire. Je vous dis franchement : si le président me nommait chef du gouvernement, il totaliserait 90% des suffrages le 14 mars et le taux de participation serait de 80%".

Troud

Des politologues russes commentent pour le quotidien "Troud" la démission inattendue du gouvernement.

Viatcheslav Nikonov, président de la Fondation "Politika" : "Je pense que c'est sans conteste une démarche politique efficace qui s'explique par le désir du président de secouer la situation politique et de raviver l'intérêt pour les processus politiques en cours. D'autre part, le président invite ainsi les électeurs à voter non seulement pour lui seul mais pour une équipe qu'il peut amener avec lui et qui va suivre une ligne politique déterminée".

Serguéi Karaganov, président du Bureau du Conseil de la politique extérieure et de la défense : "J'attendais la démission du gouvernement dans quelques mois mais cela s'est produit maintenant. Vladimir Poutine a, paraît-il, décidé de faire ce que personne n'attendait de lui. Tout le monde pensait que cela se produirait en été ou en automne. Il l'a fait plus tôt. Le président devait dans tous les cas changer le gouvernement parce qu'il ne faut pas amorcer une nouvelle période quadriennale avec un gouvernement qui a hérité des problèmes du passé, et même de l'époque d'avant Poutine, c'est évident, sauf le respect que je dois aux professionnels qui s'en vont. C'était une affaire de temps".

Mikhaïl Gorbatchev, président de l'ex-URSS : "Il est nécessaire de renouveler le gouvernement et je pense que c'est logique et raisonnable que le président qui est également candidat pour un nouveau mandat décide d'annoncer à l'avance avec qui il a l'intention de travailler s'il est réélu".

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