Le blocus gazier de la Biélorussie n'a pas duré vingt-quatre heures mais a sérieusement aggravé les relations entre Moscou et Minsk au niveau interétatique, constate le quotidien "Kommersant". Jeudi, en signe de protestation contre l'arrêt des livraisons et du transit de combustible russe, le président biélorusse Alexandre Loukachenko a rappelé son ambassadeur de Moscou et accusé le Kremlin de "terrorisme au plus haut niveau". Moscou n'a pas attendu pour réagir en qualifiant cette déclaration de "provocation" et en rejetant sur Alexandre Loukachenko toute la responsabilité de l'aggravation des relations avec la Russie pour laisser ainsi entendre que Moscou ne le considérait plus comme leader de l'Union des deux pays.
Jamais encore Alexandre Loukachenko ne s'était permis de porter des accusations aussi violentes contre Moscou et Vladimir Poutine personnellement. Il semble entrer délibérément en conflit avec le Kremlin pour fortifier ses positions en Biélorussie. Profitant de la crise, il a déclaré ouvertement à la nation que le responsable de ses malheurs n'est pas le régime autoritaire de Loukachenko mais Moscou avec ses plans perfides.
Les intentions de Monsieur Loukachenko ont été interprétées correctement à Moscou. La critique aussi franche du régime biélorusse actuel signifie que le jugement que la Russie portait sur le président biélorusse (qui n'a jamais été idéal) s'est dégradé sérieusement et pour longtemps et qu'il est fort peu probable qu'il changera, même si le conflit gazier est réglé. Moscou semble avoir décidé de faire une croix sur Monsieur Loukachenko, avec toutes les conséquences qui en découlent, fait remarquer le "Kommersant".
Vrémia novostéi
Viktor Youchtchenko, leader du bloc national-démocrate "Notre Ukraine" et concurrent réel du candidat du parti au pouvoir à la présidentielle de 2004, a accordé une interview au quotidien "Vrémia novostéi".
"Question : Tout porte à croire que la Russie apportera son soutien au candidat du parti au pouvoir. Quel effet cela pourrait-il avoir sur le résultat du scrutin ?
Réponse : Je me garderais de surestimer le rôle de la Russie comme de tout autre pays dans le contexte des élections ukrainiennes. Une campagne présidentielle est actuellement en cours en Russie. Le peuple élira le chef de l'Etat et ce sera le choix du peuple russe et non pas ukrainien ou américain. En tant que citoyen et homme politique je trouve humiliantes les considérations sur le fait de savoir qui décide de l'issue des élections ukrainiennes : Moscou, Bruxelles, Varsovie, Washington ou Berlin. Les assertions sur le soutien par la Russie d'un candidat ou d'un autre sont des balivernes. Je pense que les autorités russes ont assez de bon sens et que la Russie, comme une bonne voisine, occupera une position pondérée. Les meilleurs partenaires pour la Russie en Ukraine sont les forces qui ont participé aux processus électoraux démocratiques.
Izvestia
"Les projets de loi adoptés par la Douma doivent servir les intérêts de toute la société au lieu de défendre ceux de groupes restreints", a déclaré Boris Gryzlov, dans sa première interview accordée en qualité de président de la chambre basse du parlement russe et de leader des députés de "Russie Unie" au quotidien "Izvestia".
Répondant à la question de savoir quelles lois seront prioritaires pour "Russie Unie", il a dit notamment : "Celles qui permettront d'améliorer la qualité de la vie des gens. Elles concernent toutes les sphères de la vie mais la plus grade priorité est aujourd'hui pour nous la croissance économique. Forte et stable, l'économie stimulera d'autres sphères de la vie sociale. Il est nécessaire de revoir la législation fiscale, financière, foncière. A notre avis, il faut diminuer l'ingérence de l'Etat dans l'activité économique. Trop d'ingérence freine le développement et provoque la corruption dans les structures publiques".
Vedomosti
Les étrangers investissent de plus en plus volontiers en Russie, constate le journal. Selon les chiffres publiés par le Comité aux Statistiques, l'année dernière le montant des investissements étrangers accumulés dans le pays a atteint 14 milliards de dollars et les investissements directs ont augmenté de 69,4%. Les analystes expliquent cette croissance par le prix du pétrole élevé et par les taux d'intérêt bas sur le marché mondial.
Gazeta
Les forces de l'ordre russes parviennent à saisir aux malfaiteurs au maximum sept à dix kilos sur cent kilos de stupéfiants, note le journal s'en rapportant aux données fournies par les experts en la matière. Selon les chiffres statistiques officiels, 365 000 toxicomanes ont été recensés en Russie en 2003. Cependant, les spécialistes estiment que pour obtenir le chiffre le plus proche de la réalité, il faut multiplier le chiffre officiel par sept. Autrement dit, leur nombre réel est de l'ordre de 2 555 000 personnes, informe le quotidien.