Intervenant jeudi à une conférence à Moscou, il a indiqué que les dirigeants russes considéreraient de telles actions comme inamicales et comme une tentative de l'Union Européenne pour s'immiscer directement dans les affaires intérieures de la Fédération de Russie.
Selon le conseiller économique du chef de l'Etat russe, il est très difficile d'évaluer en chiffres combien peut perdre la Russie à sa ratification du Protocole de Kyoto. Quoi qu'il en soit, nous pouvons y tout perdre, nous pouvons même perdre toute chance de devenir un jour une puissance des plus industrialisées.
Cela dit, Andreï Illarionov a fait remarquer que, déjà la première phase du Protocole de Kyoto (2008-2013), la Russie gagnerait les limites des rejets de gaz carbonique dans l'atmosphère, limites établies par le Protocole de Kyoto (c'est-à-dire le niveau des années 1990).
"Somme toute, cela peut même se produire une année ou deux plus tôt", a-t-il indiqué. "Et si nous commençons à vendre nos quotas, nous ne ferons par là que réduire le niveau d'émission du gaz carbonique", a averti le conseiller économique du Président de la Fédération de Russie, Vladimir Poutine.
Or, a noté Andreï Illarionov, le danger le plus grand pour la Russie réside sans doute dans la seconde phase du Protocole de Kyoto (après 2013), phase dont les règles ne sont pas encore mises au point.
D'après le conseiller économique du chef de l'Etat russe, deux variantes de l'évolution des événements sont possible lors de l'élaboration des règles pour la seconde phase du Protocole de Kyoto, encore que ces deux variantes ne soient toujours pas du tout avantageuses pour la Russie.
Conformément à la première variante, d'ici 2050, la Russie devrait réduire l'émission du gaz carbonique de 58% par rapport au niveau de 1998.
"Quoi qu'il en soit, c'est le plus bas niveau de l'émission du gaz carbonique dans notre pays, car, en 1998, la Russie s'est trouvé au plus fort de sa crise économique. Par conséquent, le niveau des rejets constituerait pour la Russie 42% du niveau de 1998, et plus précisément quelque 640 à 670 millions de tonnes", a signalé le conseiller économique du Président de la Fédération de Russie.
Et de souligner que la réduction de l'émission du gaz carbonique signifierait pour la Russie la réduction de son activité économique. "Cela ne manquera certes pas de nous transformer de l'adolescent économique que nous sommes à présent en nain économique", a indiqué Andreï Illarionov.
D'après le conseiller économique du chef de l'Etat russe, en cas du développement de la deuxième variante de la formation de la seconde phase du Protocole de Kyoto, quand on n'adoptera même pas à l'égard de la Russie, de décisions sur la réduction de l'émission, alors que le niveau des rejets resterait au niveau existant, la Russie s'arrêterait tout simplement dans son développement.
En conclusion, Andreï Illarionov a dit que le Protocole de Kyoto ne faisait que créer un monstre bureaucratique unique en son genre qui effectuera la répartition des quotas pour l'émission du gaz carbonique.
"La ratification par la Russie du Protocole de Kyoto limitera considérablement la croissance économique du pays et ne permettra guère d'accomplir la tâche assignée par le Président de la Fédération de Russie, Vladimir Poutine, celle de doubler le produit intérieur brut (PIB). Pire, la ratification du Protocole de Kyoto ne manquera certes pas vouer la Fédération de Russie au retard économique, à la pauvreté et à la faiblesse", a déclaré le conseiller économique du chef de l'Etat russe.