Le soleil avait à peine doré en ce matin froid les tours du Kremlin que déjà six cents journalistes affluaient au centre d'information du ministère des Affaires étrangères, boulevard Zoubovski, pour être témoins de la première et, disait-on dans la foule, de l'unique action publicitaire du président en exercice. Vladimir Poutine devait prendre la parole devant les chefs des comités électoraux régionaux et les agents électoraux, écrivent les "Izvestia". Poutine a passé une heure et demie dans son rôle de candidat avant d'annoncer qu'il n'avait pas l'intention de se faire de la publicité, et est redevenu président.
A l'extérieur -15°C. Bâtiment de l'Agence d'information de Russie "Novosti", ex-agence de presse "Novosti". Une longue file de cars qui en général servent au transport des équipes de travailleurs ou qui, parés de l'inscription "Transport d'enfants", emmènent les générations montantes vers les colonies de vacances. Cette fois, ils devaient transporter 650 journalistes régionaux (venus spécialement aux frais de leurs rédactions respectives dans la capitale), étrangers et moscovites aux Borobiovy Gory ("Collines aux moineaux") où dans la grande salle de l'Université de Moscou le candidat à la présidentielle devait prendre la parole.
Le discours de Vladimir Poutine a été concis et divisé en 3 parties: la situation dans laquelle se trouvait le pays il y a quatre ans, celle dans laquelle le pays se trouve aujourd'hui et enfin celle dans laquelle il se devrait se retrouver si le 14 mars il lui renouvelle sa confiance. Puis est venu le tour des questions des agents électoraux et des chefs des comités électoraux. Le discours sur le programme a été écouté avec une concentration intense. Il n'y a presque pas eu d'applaudissement. En revanche, le candidat s'est fait ovationner à trois reprises par ses réponses.
La principale question qui n'intéressait pas que l'assistance a été posée par un représentant de la région de Tioumen : "Quatre ans ne suffiront pas pour réaliser tout ce que vous projetez". Poutine, candidat, a assuré une nouvelle fois qu'il n'avait pas l'intention de réécrire la Constitution du pays. Parce qu'elle doit, en principe, être inviolable et parce que pendant sa présidence il s'est fait sa propre idée de la durée optimale du mandat présidentiel ("sept ans de travail non-stop c'est à devenir fou !", s'est-il écrié sincèrement). Un doute s'est fait pourtant sentir quand il a dit : "cinq ans, ce serait mieux que quatre", mais il s'est hâté de mettre en garde contre la tentation de modifier la Loi fondamentale au nom d'un "chiffre rond" : "Une fois parti on ne s'arrête pas".
Nezavissimaïa Gazeta
Le nouveau président géorgien Mikhaïl Saakachvili considère que sa première visite à Moscou a été fructueuse et positive, souligne la "Nezavissimaïa Gazeta". Dressant jeudi soir le bilan de ses pourparlers, il a constaté avec satisfaction une compréhension totale sur la plupart des problèmes examinés avec les dirigeants russes.
"Dressant le bilan, je dirais que c'est dans nos bonnes relations avec la Russie que nous voyons la clé de notre sécurité, de la future prospérité économique de notre pays", a-t-il déclaré au correspondant de la "Nezavissimaïa Gazeta". "Je ne suis pas seul à le comprendre, en ma qualité de président de la Géorgie, toute famille et tout citoyen de Géorgie s'en rend compte. C'est sous cet angle qu'il est nécessaire de considérer les questions internationales, notamment la volonté de la Géorgie de s'intégrer dans les structures européennes. Nous avons l'intention de résoudre toutes ces questions non pas au détriment de la Russie mais avec la Russie. C'est la formule maîtresse et le principe majeur. Nous allons donc les respecter à la lettre", a-t-il déclaré.
Vremia novostei
Recevant jeudi au Kremlin le ministre allemand des Affaires étrangères Joschka Fischer, Vladimir Poutine a conféré une nuance inattendue aux rapports russo-allemands. Puisque la visite de travail du ministre allemand en Russie a coïncidé avec le 200e anniversaire de la mort d'Emmanuel Kant, le président a salué l'hôte en citant le grand philosophe allemand: "Le ciel étoilé au-dessus de nos têtes et le monde intrinsèque de l'être continueront de fasciner l'humanité".
Vladimir Poutine, poursuit "Vremia novostei", a qualifié l'Allemagne de "partenaire important du point de vue de l'établissement des rapports avec l'Union européenne" et a souligné le développement "assez positif" de la coopération bilatérale. Le président a fait remarquer que "le chiffre d'affaires des échanges commerciaux était très élevé" (24 milliards d'euros) et que les investissements allemands dans l'économie russe avaient dépassé 10 milliards d'euros.
Gazeta
Vers 2008, toutes les unités des troupes aéroportées russes seront recrutées sur contrat et ne seront constituées que de professionnels. La première étape de la réforme des troupes aéroportées commencera au printemps prochain par des exercices, au cours desquels les équipements et les armements ultra-modernes passeront des essais, a déclaré jeudi le général Alexandre Kolmakov, commandant des troupes aéroportées, qui a pris la parole devant les journalistes pour la première fois depuis sa nomination à ce poste en septembre 2003.
"La composante mobile des Forces armées existe déjà: ce sont les troupes aéroportées", a dit le général. En ce qui concerne les soldats appelés, en 2008, les troupes aéroportées n'en auront pratiquement plus. Toutes les unités en alerte permanente ne comporteront que des professionnels. Par conséquent, la réforme des troupes aéroportées sous le nouveau commandement se réduira aux changements de conceptions dans la formation au combat et le travail des commandants, souligne le quotidien "Gazeta".
Troud
Le gouverneur de la région de Kemerovo (Sibérie) Aman Touleiev a proposé de lever le moratoire sur la peine de mort pour les terroristes et leurs complices. "Le nouvel acte de terrorisme barbare commis le 6 février dans le métro de Moscou autorise la Russie à lutter contre les criminels assoiffés de sang par les méthodes qu'elle juge nécessaires", a-t-il déclaré. L'introduction de la peine de mort pour ceux qui commandent, financent et mettent à exécution les actes terroristes est, selon Aman Touleiev, "le niveau suprême de protection de l'Etat et des Russes contre les attentats de fous qui méprisent les vies humaines et les commandements de Dieu", lit-on dans le quotidien "Troud".