Revue de la presse russe du 5 février

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Kommersant

Le Parti communiste de la Fédération de Russie n'a pas l'intention de retirer son candidat, Nikolaï Kharitonov, de la course à la présidence, a déclaré son leader, Guennadi Ziouganov. Cependant, souligne le quotidien "Kommersant", à juger par certaines remarques faites par le leader du KPRF, l'abandon anticipé du candidat communiste est en principe possible, par exemple en signe de protestation contre des "élections malhonnêtes" ou au cas où Vladimir Poutine refuserait de participer aux débats électoraux. La raison réelle d'une telle décision serait, selon le journal, la popularité indécemment basse de Nikolaï Kharitonov. Si elle parvenait par miracle à s'élever à 10% ou à 15%, les chefs des communistes pourraient revenir sur leur décision et laisser son nom sur le bulletin de vote. Mais si, début mars (le scrutin est fixé pour le 14 mars), la cote de popularité du camarade Kharitonov ne dépasse pas les 2-3% actuels, les communistes seront obligés de chercher un prétexte pour le retirer de la course. Parce qu'un deuxième échec, qui serait plus retentissant que les 13% obtenus aux législatives de décembre, pourrait avoir pour le KPRF et ses leaders des suites catastrophiques, estime le "Kommersant".

Izvestia

Selon des sources au sein de l'OTAN, les Etats-Unis ont l'intention de réduire d'un tiers environ les effectifs des forces cantonnées en Europe. Mieux, ils n'envisagent ni de déplacer les contingents réduits vers les pays d'Europe de l'Est ni d'implanter des bases militaires dans ces pays. Un signal calmant est envoyé à la Russie que la perspective de voir apparaître des bases de l'OTAN quelques part dans les pays baltes ne saurait réjouir, soulignent les "Izvestia". La déclaration concernant l'Europe de l'Est a été faite par les Américains au terme des récents pourparlers que le secrétaire d'Etat américain Colin Powell a menés en janvier à Moscou, estime le quotidien. Quant à savoir ce que Powell s'est fait promettre à son tour, c'est une autre question.

Que la décision de ne pas déménager en Europe de l'Est soit une concession à Moscou ou un résultat de la nouvelle politique de l'OTAN consistant à accroître la mobilité et la rapidité de ses troupes, il n'y a pas de doute que le facteur bases militaires sera évoqué par les Américains lors des pourparlers avec Moscou, poursuit le journal. Premièrement, pour continuer à faire pression sur la Russie et l'obliger d'accepter le nouvel état des choses et de ne pas insister sur la révision du Traité sur les forces conventionnelles en Europe. Et deuxièmement, pour la persuader d'accélérer le démantèlement de ses bases militaires, par exemple en Géorgie.

Nezavissimaïa Gazeta

L'ex-président géorgien Edouard Chevardnadze est sous la menace d'une arrestation, estime le quotidien "Nezavissimaïa Gazeta". Le procureur général de la Géorgie, Irakli Okrouachvili, l'a confirmé en déclarant franchement qu'il n'écartait pas cette hypothèse qu'il considérait comme réelle depuis que les agents de l'Intérieur avait arrêté sans bruit dans le siège de la Chancellerie l'ex-ministre du Transport, Merab Adéichvili, l'un des chouchous d'Edouard Chevardnadze. "Plus haut que Merab, il n'y avait que l'ancien président", a dit aux journalistes le procureur général. Et d'ajouter : "Tout citoyen répondra de ses crimes selon la loi en vigueur".

Quelques précisions ont été apportées à ses dires par le nouveau président géorgien, Mikhaïl Saakachvili, poursuit le journal. Commentant l'arrestation de l'ex-ministre Adéichvili, le chef de l'Etat a déclaré lors d'un point de presse à Tbilissi : "Tous ceux qui s'enrichissent aux dépens du peuple seront arrêtés, comme je l'ai promis au peuple de la Géorgie... Nous menons une opération sans précédent au sein de la Communauté des Etats Indépendants (CEI) et nous n'avons pas l'intention d'y renoncer".

Gazéta

Il est proposé au business russe de vivre selon les commandements divins, écrit la Gazéta. L'Assemblée mondiale du peuple russe, convoquée à la demande du Patriarche Alexis II, a adopté un Code de principes et de règles moraux à appliquer dans l'économie et qui rappellent les Commandements divins. Bien que ses auteurs prétendent que ce Code ait été rédigé conjointement avec l'Union russe des patrons, Diélovaïa Rossia (Russie des affaires) et OPORA Rossii (une organisation regroupant les petites et moyennes entreprises russes), les hommes d'affaires ont été surpris d'apprendre qu'ils allaient devoir se conformer à ces commandements. Cette perspective a aussi suscité un certain étonnement dans les milieux gouvernementaux, écrit le quotidien. A eux aussi les scribes de l'Eglise orthodoxe russe ont promis pour bientôt un code de règles, et ce alors que la Russie est un Etat laïc. "L'Eglise elle-même a besoin d'être réformée, elle s'est sclérosée et c'est pourquoi elle "pond" des idées aussi saugrenues", a déclaré à la Gazéta un porte-parole de l'Union des patrons.

Le Code interprète des phénomènes comme la pauvreté et la richesse, la nationalisation et la fraude fiscale, la publicité et le bénéfice. Le but essentiel du Code "est de faire entrer le business dans le domaine public: personne ne jugera plus les entrepreneurs selon les lois de l'Etat, par contre l'homme d'affaires sera jugé par sa conscience", entend-on dire dans les couloirs de l'assemblée, écrit la Gazéta.

Ainsi, un de ces commandements met les hommes d'affaires en garde: "La richesse n'est pas une fin en soi. Elle doit être utilisée pour que l'homme et le peuple aient une vie convenable". La lecture du Code apprendra aux nécessiteux comment ils doivent percevoir leur condition: "Le pauvre doit se comporter avec dignité, chercher à accomplir un travail rentable, à rehausser son niveau professionnel pour pouvoir s'extirper de la pauvreté".

Troud

Le quotidien cite Ivan Gorlov, membre correspondant de l'Académie des sciences agricoles de Russie, qui s'est intéressé à l'alimentation du Russe moyen. Voici les chiffres auxquels ses recherches ont abouti:

Selon les normes médicales, un individu doit consommer chaque année 81 kilogrammes de viande alors que le Russe s'en contente de 44. Plus de la moitié de cette quantité est importée. Il devrait boire 392 litres de lait mais n'en boit que 230. D'où un manque de 40 pour cent de protéines et de vitamines dans l'organisme. En Russie les gens sains ne sont que 20 pour cent. Ce n'est pas un hasard si le taux de mortalité est de 20-22 pour 10.000 chez les nouveau-nés. Dans les pays développés ce taux est seulement de 3-4 pour cent.

Aujourd'hui le Russe actif moyen consomme quotidiennement 2.500 calories contre 3.500 dans les années 1990. Cela signifie que nous avons "rattrapé" les Etats les plus retardataires. Or, l'alimentation et la longévité sont étroitement liées. Pour ce qui est de la durée de vie, le Russe moyen se situe à la 135-e place dans le monde et son homologue féminine à la 100-e.

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