Revue de la presse russe du 3 février

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Izvestia

La Commission électorale centrale (CEC) a enregistré la candidature de Vladimir Poutine pour la prochaine élection présidentielle. Il est devenu le troisième candidat enregistré, après Oleg Malychkine (Parti libéral démocrate) et Nikolaï Kharitonov (Parti communiste). Ces deux derniers ont été proposés par leurs partis respectifs et n'avaient pas, de ce fait, l'obligation de collecter les signatures en leur faveur. La liste définitive des candidats à la présidence du pays sera connue à la fin de la semaine.

La principale intrigue de la réunion de la CEC était de savoir si Poutine viendrait ou non personnellement pour récupérer sa carte de candidat, écrit le quotidien "Izvestia". A l'approche du siège de la CEC, on a compris qu'il ne viendrait pas. Les visites du chef de l'Etat sous-entendent d'autres mesures de sécurité. 2 499 937 signatures de soutien avaient été collectées à sa faveur. La Commission en a pris au hasard 600 000 dont 6 971 seulement (1,16%) ont été reconnues non valables.

Vendredi prochain, la CEC se prononcera sur l'enregistrement de Serguéi Mironov et, pendant le week-end, des autres prétendants au fauteuil présidentiel : Irina Khakamada, Serguéi Glaziev et Ivan Rybkine.

Kommersant

Vladimir Poutine a reçu les membres du gouvernement pour discuter avec eux du prix du pain. Depuis la fin de l'année dernière, le prix du blé monte d'une façon catastrophique, de 17% par mois. Le vice-premier ministre Alexéi Gordeïev, responsable du secteur, a promis au président de serrer la vis aux spéculateurs en mettant en vente les stocks de céréales à des prix dumping et en réglementant le prix du pain, écrit le quotidien "Kommersant".

Vladimir Poutine a reçu les membres du gouvernement, l'air renfrogné. "Savez-vous que dans certaines régions les prix ont doublé ?", fulminait-il. "Il faut réagir du tic au tac à ce qui se passe sur le marché du blé", a-t-il ajouté en reprochant aux ministres leur lenteur.

Selon le ministère de l'Agriculture, le froment de troisième classe a augmenté en passant de 4 000 roubles (1 dollar = 28 roubles environ) en novembre 2003 à 6 000 roubles en janvier 2004. Selon les calculs du directeur du service céréalier de l'Entreprise publique "Rusagro", Anton Malinkine, les céréales augmentent de 100 à 200 roubles par jour. Cette hausse, plus rapide que l'inflation, est un défi pour Vladimir Poutine qui vient d'être porté sur la liste des candidats à la présidence du pays, souligne le "Kommersant".

Vedomosti

Le premier vice-président de la Banque centrale de Russie, Oleg Viouguine, a étonné les économistes en prédisant l'arrêt de la croissance des réserves de change en février ou en mars. Les experts estiment qu'avec les cours actuels du pétrole, la croissance des réserves est inévitable mais ne sera pas aussi rapide qu'en décembre ou en janvier, écrit le quotidien "Vedomosti".

L'année dernière, rappelle le journal, les réserves de change russes se sont accrues de 29,1 milliards (60,9%) pour atteindre 76,9 milliards de dollars. Au mois de décembre, l'accroissement a été de 8,7 milliards(12,8%). Du 1er au 23 janvier 2004, le montant des réserves a encore progressé de 5,8 milliards (7,5%) pour monter à 82,7 milliards de dollars, selon les chiffres fournis par la BCR.

Oleg Viouguine a annoncé que les principaux "fournisseurs" de la devise étaient depuis ces derniers mois des investisseurs étrangers et que cette situation était "très provisoire". Il estime que l'afflux de ces fonds diminuera très prochainement et que les réserves de change cesseront d'augmenter.

D'ailleurs, souligne le journal, le marché ne tient plus les prévisions de la Banque centrale pour une vérité en dernière instance parce qu'il a été obligé de rectifier ses attentes durant toute l'année dernière. Le scénario "optimiste" de la politique monétaire prévoyant que les réserves de change devaient atteindre 55 milliards de dollars, Oleg Viouguine avait repoussé le plafond à 60 milliards en mars et à 67 milliards de dollars en août. Et pourtant ces prévisions ont été finalement dépassées de 10 milliards de dollars.

Gazeta

Le programme d'amélioration de la restauration scolaire ne saura régler le principal problème, celui de garantir une alimentation équilibrée à l'ensemble des enfants, affirme le médecin sanitaire chef de Russie, Guennadi Onichtchenko. La majorité des enfants ne mangent pas à leur faim et les écoles peinent à respecter même les normes minimales du ministère de la Santé, souligne le quotidien.

"Pour les enfants, c'est une catastrophe. Résultat, 10% seulement des élèves terminent l'école en bonne santé. Les autres ne peuvent assimiler même le cours normal - non intensifié - d'enseignement secondaire", constate-t-il.

Aux dires du médecin sanitaire chef, ces dix dernières années la consommation de viande par tête d'habitant en Russie est passée de 75 kg à 46 kg. Dans les familles les plus démunies, cet indice est encore plus bas, atteignant à peine 17,5 kg par membre de famille. "Tout compte fait si ces normes de consommation sont bonnes pour la santé des adultes - la taille en devient plus mince ! - c'est une catastrophe pour les enfants", dit Guennadi Onichtchenko. Raison pour laquelle toujours plus d'enfants dans le pays souffrent de déficit de masse corporelle, d'un retard de croissance et de développement mental.

"Autrefois nous connaissions l'accélération, maintenant les enfants ne mangent pas à leur faim", souligne Guennadi Onichtchenko. Pour le quotidien, la seule solution possible à ce problème passe par l'organisation d'une bonne alimentation à l'école.

Nezavissimaïa Gazeta

"Le président ukrainien craint d'être destitué suite à un complot des forces pro-occidentales", écrit le journal dans l'article intitulé "M.Koutchma exprime des craintes quant à son sort".

C'est pour la première fois que Leonid Koutchma accepte d'accuser publiquement l'Occident qui avait provoqué une série de scandales où était impliqué son nom et voulu mettre son fantoche au poste de président ukrainien, note le journal.

Intervenant sur une chaîne de télévision nationale, Leonid Koutchma a fait notamment observer : "D'aucuns croiraient, en Ukraine ou en Occident, que j'occupe trop longtemps le fauteuil présidentiel et qu'il y a un autre candidat... Ou que je ne défendrais pas suffisamment leurs intérêts".

A noter, poursuit la Nézavissimaïa Gazeta, que le président est intervenu au lendemain de l'appel qui lui avait été adressé ce dernier week-end par le Congrès mondial des Ukrainiens, la plus influente des organisations de la diaspora nationale, de destituer son "éminence grise", Viktor Medvedtchouk, du poste de chef de l'administration présidentielle.

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