La Commission électorale centrale (CEC) décidera aujourd'hui de l'enregistrement de la candidature de Vladimir Poutine à l'élection présidentielle, informe la "Nezavissimaïa Gazeta". Le coup d'envoi sera ainsi donné à la course du président en exercice pour son deuxième mandat. Lorsqu'il aura reçu la carte de candidat, ce qui se produira vraisemblablement mardi, le chef du son Q.G. électoral sera nommé, il s'agit du premier chef adjoint de l'administration, Dmitri Kozak. Le principal secteur régional, Saint-Pétersbourg, ville natale de Poutine, sera confié au recteur de l'Institut des mines, Vladimir Litvinenko. Vladimir Poutine rencontrera dans l'immédiat ses représentants pour leur exposer les thèses principales de son programme électoral.
Le Kremlin se montre satisfait de l'étape préalable, celle de la collecte des signatures en faveur du candidat numéro un, poursuit le quotidien. Des fonctionnaires, des hommes d'affaires et des intellectuels de tous rangs se sont employés à remplir et à dépasser le plan fixé par les hautes instances.
On ignore pour le moment si le président a l'intention de proroger davantage ses pouvoirs. Interrogé récemment par la presse le président a éludé la question sur un troisième mandat, en se bornant à une plaisanterie : "Si le peuple le demande". Le peuple, soit dit en passant, le voudrait bien. Des demandes parviennent déjà. Au cours d'une récente rencontre de Poutine avec des retraités, une dame a déclaré, parfaitement sincère : "Je suis prête à voter pour Vladimir Poutine en 2004 et en 2008".
Vedomosti
Le quotidien "Vedomosti" publie aujourd'hui une lettre ouverte du Parti russe des retraités à Vladimir Poutine, adoptée à son congrès extraordinaire du 29 janvier. On y lit notamment :
"Nous nous adressons à vous au nom du Parti des retraités que plus de deux millions d'électeurs ont soutenu lors des élections législatives du 7 décembre.
Notre Parti n'est jamais entré dans l'opposition pour être dans l'opposition. Mais il n'a jamais sollicité non plus de faveurs auprès du pouvoir. Cela nous donne le droit aujourd'hui, à la veille de l'élection présidentielle, de vous écrire ouvertement et honnêtement.
Le Parti des retraités vous a soutenu aux élections de 2000. Aujourd'hui, nous n'avons pas de raison de regretter notre choix. Après huit ans de troubles et d'humiliation nationale vous avez instauré la stabilité, obtenu une croissance économique et rétabli le respect de la Russie auprès de la communauté mondiale. Vous avez livré bataille aux oligarques qui s'approprient de façon éhontée le patrimoine national.
Le Parti des retraités soutient votre politique économique et internationale, ce que vous faites pour faire régner la loi et l'ordre dans le pays. Mais cela ne signifie pas que nous approuvons sans réserve tout ce que vous faites, vous et votre entourage.
Nous ne pouvons pas approuver la politique que l'Etat applique à l'égard des retraités. Ils demeurent toujours la couche de la société la plus pauvre et réduite à la condition de paria. Les majorations dérisoires des retraites ne sont pas de nature à améliorer leur situation...
Malgré cela le Parti des retraités vous soutiendra aux élections prochaines. Nous voudrions croire que toutes les erreurs et insuffisances constatées au cours de votre premier mandat présidentiel appartiendront dorénavant au passé".
Gazeta
La Cour des comptes de la Fédération vérifiera comment les autorités du Tchoukotka (nord de l'Extrême-Orient russe) dépensent les fonds budgétaires et comment les dirigeants de la compagnie pétrolière Sibneft versent les impôts, écrit le quotidien. A la Cour, on souligne qu'il s'agit de vérifications ordinaires. Il semble toutefois que son président, Sergueï Stepachine, envisage plus largement sa mission. Il a déjà fait savoir son mécontentement par la façon dont le gouverneur du territoire, Roman Abramovitch, dépense son propre argent, "trop" pour Chelsea et "peu" pour les enfants. Sur fond de vérifications en cours du résultat des privatisations - la Cour s'en était chargée suite à la demande formulée par le président - ces griefs seraient de mauvaise augure. Pourtant, de l'avis des interlocuteurs de Gazeta, M.Abramovitch ne serait pas près de connaître le même sort que l'ex-président de Youkos, Mikhaïl Khodorkovski : "Ses positions au Kremlin sont suffisamment solides".
"De nous, la loi exige de vérifier régulièrement comment sont alimentés les budgets. C'est dans le cadre de ces compétences que nous vérifions les compagnies pétrolières. Nous regarderons encore une fois comment elles cherchent légalement à échapper à l'impôt", déclare le vice-président de la Cour, Alexandre Semikolenny.
Izvestia
Grâce à un projet du Comité aux Douanes, des changements radicaux attendent le marché russe du matériel électronique ménager, écrit le quotidien. Les Douanes se sont mises à passer des contrats avec les producteurs de ce matériel, aux termes desquels ces derniers informeront les douaniers de la nomenclature et des prix à la production des marchandises qu'ils livrent en Russie. Ces données devront permettre d'"imposer" aux importateurs "gris" autant de versements douaniers qu'il faut.
Résultat, le marché se libérera du matériel bon marché et les prix pratiqués dans le "secteur sauvage" seront comparables à ceux des grands réseaux, estime le journal.
Kommersant
Le président kazakh Noursoultan Nazarbaïev se présentera pour un nouveau mandant aux élections de 2006, a annoncé un de ses conseillers. Cela veut dire que le chef d'Etat kazakh en place projette de gouverner le pays plus de 20 ans, jusqu'en 2013, souligne le Kommersant.
Au fait, il en est à son troisième mandat présidentiel, note le quotidien. Pour cela, il a recouru à une série de subterfuges. D'abord, au milieu des années 1990, il a été l'initiateur du projet de nouvelle Constitution, destiné à marquer un nouveau point de départ pour ses mandats. A la fin de 1998, il a annoncé, à la grande surprise de tous, des présidentielles anticipées, et a fait tout pour empêcher son rival, ex-premier ministre Akejan Kajegueldine, contre qui un procès avait été intenté, d'y prendre part. Obtenant, sans lutte, le fauteuil présidentiel en 1999, Noursoultan Nazarbaïev a fait voter, par un parlement docile, la loi qui prolongeait le mandat présidentiel de quatre ans le faisant passer à sept ans, et lui réservant la possibilité de régner 23 ans. Même aujourd'hui, Noursoultan Nazarbaïev coupe court à toute tentative de ses éventuels rivaux de faire leur apparition sur la scène politique.