- Elles ont évolué dynamiquement et positivement. La Thaïlande est un des partenaires russes de longue date en Asie du Sud-Est et les relations séculaires entre les deux pays sont en plein essor. Elles se caractérisent par un respect réciproque et une ambiance amicale, la recherche commune des nouvelles formes de la coopération mutuellement avantageuse. Les rapports bilatéraux vont croissant et atteignent un autre niveau de partenariat stratégique.
Les autorités russes et thaïlandaises ont intensifié leur dialogue politique qui se caractérise par une grande transparence et une manière constructive d'examen des problèmes mondiaux et régionaux clés et des questions d'actualité des relations bilatérales.
Les ministres des Affaires étrangères des deux pays poursuivent leurs contacts réguliers.
Comme nous avons des positions identiques ou proches à l'égard de la plupart des sujets clés internationaux et régionaux, nous coopérons fructueusement avec nos partenaires thaïlandais au sein des organisations internationales et régionales, y compris l'ONU, l'APEC, le Forum régional de l'ASEAN, ainsi que dans le cadre du dialogue Russie-ASEAN.
Des progrès ont été enregistrés dans le domaine commercial et économique. Les milieux d'affaires des deux pays ont manifesté de l'intérêt pour une coopération approfondie.
La coopération dans la lutte contre le terrorisme, le trafic de drogue et d'autres manifestations de la criminalité transfrontalière est en croissance rapide.
Les pays ont resserré les liens humanitaires, culturels, éducatifs, artistiquest et touristiques.
- Quels événements politiques ont marqué les relations bilatérales l'an dernier?
- L'an dernier a été marquée par une visite d'Etat du président russe Vladimir Poutine en Thaïlande, le première dans l'histoire des relations bilatérales. Les entretiens russo-thaïlandais ont permis de constater la croissance de la coopération russo-thaïlandaise et de fixer ses objectifs stratégiques et priorités. Les parties ont signé une enveloppe importante d'accords bilatéraux jetant les bases pour le développement et la diversification de notre coopération avec la Thaïlande dans différents domaines.
Une délégation de la Douma (chambre basse du parlement russe) et celle de la Cour Constitutionnelle conduite par son président Viatcheslav Lebedev, se sont rendues l'année dernière en Thaïlande. Ces visites ont été très productrices et substantielles.
- Comment appréciez-vous la composante économique des relations bilatérales?
- Elle occupe une place prioritaire et évolue assez bien. Cependant je dois reconnaître que les pays doivent redoubler d'efforts pour utiliser tout leur potentiel.
Le sommet de Bangkok portant sur le commerce bilatéral a débouché sur une décision de porter les échanges commerciaux entre les deux pays à 1,5 milliard de dollars par an. La réalisation de cette tâche se présente comme réaliste compte tenu du fait que cet indice a dépassé 800 millions de dollars en 2003.
On peut en outre diversifier le commerce russo-thaïlandais pour remédier à la situation actuelle: nos exportations sont traditionnellement constituées des laminés, de la ferraille et des engrais en Thaïlande et nos importations, de sucre brut, des équipements audiovisuels, des polymères et de riz.
L'entente prévoyant la livraison de produits en Thaïlande en remboursement de la dette contractée par l'URSS dans le cadre des "crédits de riz" contribuera aussi à la réalisation de cette tâche.
Quant à l'espace économique, nous y voyons un grand potentiel dans le secteur des sciences et des technologies, surtout des technologies spatiales. La partie thaïlandaise manifeste de l'intérêt pour la coopération dans la biomédecine, les biotechnologies, l'écologie, l'utilisation des sources alternatives d'énergie.
Il existe des possibilités réelles de la participation des sociétés russes aux projets bilatéraux et régionaux importants. Il s'agit notamment de la construction d'une centrale électrique, d'un oléoduc et d'un gazoduc à Bangkok. A propos, l'ensemble de la coopération économique sera au centre d'une réunion de la commission bilatérale prévue à Bangkok pour le deuxième semestre de 2004.
- Citez, s'il vous plaît, d'autres volets prometteurs de la coopération?
- Je peux notamment évoquer la lutte contre le terrorisme. Les organes judiciaires des deux pays nouent des contacts directs, organisent des échanges d'informations et d'expérience, mettent au point des programmes d'échanges d'experts. Les parties participent au développement de la coopération multilatérale, y compris dans le cadre de l'ONU, du Forum régional de l'ASEAN et de l'APEC.
Les efforts conjoints visant à réprimer le trafic de drogue sont à l'étude. Nous allons achever les consultations sur le texte d'un accord intergouvernemental approprié.
- Quel est l'état des contacts humanitaires russo-thaïlandais?
- L'an dernier a été riche en manifestations humanitaires.
Une délégation représentative thaïlandaise a participé aux festivités tenues à Saint-Pétersbourg à l'occasion du tricentenaire de la ville. Les Journées de la Thaïlande s'y sont déroulées en août.
La première du ballet "Katia et le Prince du Siam" présentée par le théâtre "Ballet du Kremlin" et l'Orchestre présidentiel de la Fédération de Russie à Bangkok en décembre dernier a, sans doute, été un événement remarquable de l'année. Le public thaïlandais a bien accueilli le nouveau ballet.
J'ai le plaisir de noter l'augmentation de l'intérêt de la Thaïlande pour la culture et l'art russes et pour la Russie en général. Les Thaïlandais sont de plus en plus nombreux à souhaiter apprendre le russe ou faire leurs études en Russie. J'espère que les étudiants et les boursiers de thèse thaïlandais profiteront des bourses d'études publiques pour 2004-2005 dont le nombre a doublé.
Les échanges touristiques russo-thaïlandais vont se multiplier. La Thaïlande est devenue une destination touristique préférée des Russes. En 2003, 70.000 touristes russes se sont rendus en Thaïlande et 4.000 Thaïlandais en Russie.
- Vous occupez le poste de représentant permanent de la Russie auprès de la Commission économique et sociale de l'ONU pour l'Asie et le Pacifique (CESAP). Parlez, s'il vous plaît, de l'évolution de la coopération entre la Russie et la Commission.
- L'élargissement de notre participation aux activités de la CESAP a une grande importance pratique pour la Russie. Nous pouvons utiliser efficacement les possibilités de cette organisation internationale pour encourager le développement social et économique de notre pays, surtout de la Sibérie et de l'Extrême-Orient.
Ces dernières années, la collaboration Russie-CESAP a beaucoup évolué. Nous avons terminé l'élaboration d'un accord intergouvernemental sur un réseau des grandes routes asiatiques après y avoir porté les plus grandes routes russes; nous avons organisé des voyages de démonstration de trains de conteneurs dans le "couloir septentrional" du Chemin de fer transasiatique. Le Transsibérien est un tronçon essentiel de ce couloir. Par ailleurs, nous avons tenu une conférence d'experts de l'Asie du Nord-Est à Vladivostok sous l'égide de la CESAP. La discussion y a porté sur la coopération énergétique jetant les bases du dialogue énergétique en Asie du Nord-Est.
Des spécialistes russes ont pris une part active aux conférences de la Commission pour le commerce électronique et la sécurité de l'information, ainsi qu'à la préparation au Sommet mondial de la société de l'information. Ils ont beaucoup contribué à la mise au point d'un projet de création de la société de l'information en Asie du Nord-Est.
Nous espérons que la 60e session de la CESAP prévue à Shanghai pour avril prochain donnera une impulsion importante à notre coopération. La session sera intitulée "Face aux défis d'une époque de mutations rapides, renforcer la coopération économique régionale".
- A votre avis, quelles sont les perspectives de la coopération russo-thaïlandaise?
- Elles sont très favorables. Nous avons besoin l'un de l'autre pour des raisons objectives. Il n'y a pas d'obstacles empêchant d'approfondir et d'élargir la coopération russo-thaïlandaise. Nous sommes disposés à la promouvoir dans l'intérêt réciproque des deux pays.