Revue de la presse russe du 30 janvier

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Izvestia

La majorité des Russes désapprouvent l'idée de boycotter la présidentielle du 14 mars, souligne le quotidien "Izvestia". Selon les résultats d'un sondage effectué par la Fondation "Opinion publique" (FOM), seulement 7% des personnes interrogées ont réagi de façon positive à cet appel et 69% ont émis un avis négatif. 25% des personnes interrogées n'ont pas décidé quelle position elles doivent occuper. Les pourcentages ont été à peu près les mêmes quant à l'intention de se rendre aux urnes : 7% ont décidé de ne pas se déplacer vers le bureau de vote.

Cependant, il est prématuré d'affirmer que les électeurs négligeront les appels à boycotter les élections. Il reste encore du temps et il est possible que les partisans de l'abstention trouvent des arguments convaincants. Ils peuvent encore attirer dans leur camp un certain nombre d'électeurs.

Les adversaires du boycottage avancent principalement les trois arguments suivants, note le quotidien. Premier : le boycottage ôte aux électeurs leur possibilité d'exprimer leur point de vue. Deuxième : il risque de faire échouer les élections et ce sont toujours les contribuables qui seront obligés de payer l'organisation d'une nouvelle campagne électorale. Et troisième : il peut aboutir à ce que Vladimir Poutine cesse d'être président et alors la stabilité sera compromise en provoquant des bouleversements économiques et sociaux.

Les auteurs de l'idée du boycottage se voient accusés de faire une pression psychologique sur les électeurs, de chercher à leur imposer leur point de vue, de tenter de déstabiliser la situation dans le pays et de provoquer des troubles et une anarchie. Enfin, ils sont accusés d'absence de patriotisme et sont traités de traîtres et de malchanceux qui veulent prendre leur revanche pour leur échec aux législatives du 7 décembre.

Vedomosti

La Cour des comptes s'apprête à se joindre à la lutte nationale déclarée par le président à la corruption, informe le quotidien "Vedomosti". Aujourd'hui, les contrôleurs financiers doivent approuver leur plan d'étude du potentiel corrupteur de la législation russe et du système du pouvoir. Les experts estiment que cette action est un nouveau tour de passe-passe dans la lutte pour la présidence du pays, souligne le journal.

D'après le plan d'activité scientifique et analytique de la Cour des comptes pour 2004, dont "Vedomosti" possède un exemplaire, l'étude du "problème de l'identification de la corruption dans le système du pouvoir d'Etat" demandera neuf mois. D'ici octobre 2004, le centre spécial créé auprès de la Cour des comptes aura analysé les "sources et les méthodes de corruption", évalué le potentiel corrupteur de la législation russe et élaboré des méthodes d'identification des crimes administratifs et des "manifestations de corruption".

Cette méthode sera utilisée au cours des vérifications et des contrôles à effectuer par la Cour des comptes "en coopération avec les organes judiciaires". L'effet corrupteur des différentes actions pourra être évalué au moyen d'un système informatique automatisé baptisé "Corruption", en cours d'élaboration au Centre de recherches scientifiques de la Cour des comptes.

Selon une source proche de cette dernière, l'étude du problème de la corruption aurait été inscrite au plan scientifique sur la proposition de son président Serguéi Stepachine qui, à son tour, aurait reçu des instructions en la matière du président Vladimir Poutine.

Vrémia novostéi

Le système actuel des associations d'entrepreneuriat en Russie pourrait cesser bientôt d'exister, affirme le journal. Trois principales "colonnes" de chefs d'entreprise, l'Union russe des hommes d'affaires et d'entrepreneurs (RSPP, gros business), Russie-Affaires (business moyen) et OPORA (Petites et moyennes entreprises) peuvent fusionner pour former une seule organisation, sans précédent quant à ses dimensions et missions.

La proposition, rapporte le quotidien, a été formulée par le membre du bureau de RSPP, le numéro 1 du Groupe Interros Vladimir Potanine. Dans sa lettre adressée au président de l'Union, Arkadi Volski, il rappelle que "la nécessité d'une réforme des organisations d'hommes d'affaires existantes est venue à maturité". De l'avis du président d'Interros, "le travail dans le cadre d'une seule et même association permettrait de promouvoir encore plus énergiquement les intérêts de l'ensemble de la communauté d'affaires".

Mais, malgré tous les attraits que cette idée pourrait présenter aux patrons, il est probable que le projet de nouvelle super-association sera enterrée avant même sa naissance, les membres de RSPP n'étant pas prêts à une véritable égalité avec les "petits".

Kommersant

En Irak, la lutte autour de la répartition des contrats pétroliers et de reconstruction ne cesse de s'exacerber. Les résultats des appels d'offres en cours seront annoncés dans un mois seulement. En prévision de la "bataille décisive" à Bagdad, des nouvelles sensationnelles, en mesure d'influer sur le processus de repartage du pétrole irakien, ont commencé à faire surface. Le journal Al Mada a publié la liste des sociétés et des hommes politiques qui auraient obtenus des "cadeaux" de la part de Saddam Hussein. La Russie, avec ses 46 "points", y vient largement en tête. Le Liban, la Jordanie et la Syrie en ont chacun 14, l'Ukraine 12 et la France 11.

La publication de cette liste secrète, estime le Kommersant, profitera non seulement aux sociétés qui n'y figurent pas, mais aussi à l'administration américaine à laquelle un nouvel atout sera ainsi fourni. En effet, si autrefois les pacifistes accusaient Washington d'avoir dissimulé l'objectif véritable de la guerre - imposer son contrôle sur le pétrole irakien, - aujourd'hui, les accusations pourraient être dirigées contre les adversaires convaincus de l'opération. Il s'avère que leurs protestations s'expliquaient uniquement par les profits qu'ils tiraient du pétrole irakien. Ce qui veut dire que la guerre est juste, puisqu'elle restitue le pétrole au peuple irakien.

Nezavissimaïa Gazeta

Avant la fin de cette décennie, la Russie connaîtra une réduction brusque, de plus de 40%, du nombre d'élèves sortant des écoles secondaires et, respectivement, une baisse d'admission dans les établissements d'études supérieures. La situation démographique est telle que d'ici à 2008 les grandes écoles de Russie auront assez de places pour admettre à leurs facultés la totalité des élèves sortants. A en croire le ministère de l'Education, leur nombre sera de près 800 000 dans quatre ans. Comparez : cette année, les universités et les autres établissements d'études supérieures du pays ont reçu plus de 2 millions de demandes d'admission.

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