Revue de la presse russe du 26 janvier

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Izvestia

Le secrétaire d'Etat américain, Colin Powell, qui est arrivé à Moscou sur l'invitation du ministre russe des Affaires étrangères, Igor Ivanov, est attendu au Kremlin, écrivent les Izvestia. Dans les milieux officiels moscovites on dit que l'ordre du jour des rencontres avec Vladimir Poutine comporte invariablement trois points : relations bilatérales, Irak, Iran. Ce n'est pas ce que l'on prétend aux Etats-Unis. Aussi pense-t-on que les propos tenus par les politiques après les rencontres donneront des indications sur l'évolution des rapports russo-américains dans l'année à venir. Les deux pays traversent une période critique, celle de la campagne présidentielle et des premiers pas des triomphateurs après les élections. D'autant plus que l'une et l'autre partie se sont déjà lancé des avertissements assez vigoureux.

Lors de la conférence de presse qu'il a donnée dimanche à Tbilissi (La Géorgie a été la première escale de la tournée de Colin Powell, où il a pris part à l'investiture du président Mikhaïl Saakachvili), le secrétaire d'Etat américain a relevé que les Etats-Unis avaient toujours des questions à poser au sujet des équipements militaires russes fournis à l'Irak avant la frappe américaine. Colin Powell a déclaré que son homologue russe, Igor Ivanov (lui aussi présent à l'investiture), y avait répondu partiellement et qu'"aujourd'hui la discussion sera poursuivie".

D'une manière générale, certaines sources annoncent qu'à Moscou Colin Powell entendait débattre de tout: depuis la Corée du Nord et jusqu'aux récentes élections à la Douma (chambre basse du parlement russe) en passant par Mikhaïl Khodorkovski, la présence militaire de la Russie en Moldavie et en Géorgie, l'Iran et la liberté d'expression. La visite ne sera manifestement pas de tout repos, estime le quotidien de la place Pouchkinskaïa.

Vrémia novosteï

Le long conflit entre le ministère russe de la Défense et l'Etat-major général semble toucher à sa fin, relève le journal. Lors de l'assemblée annuelle de l'Académie des sciences militaires, le chef du département militaire russe, Sergueï Ivanov, a battu en brèche l'activité du "cerveau de l'armée" qui, selon lui, envisage les conflits militaires de demain exclusivement à travers le prisme de l'opération antiterroriste lancée en Tchétchénie (elle est chapeautée principalement par le chef de l'Etat-major général, le général d'armée Anatoli Kvachnine). Pour Sergueï Ivanov, la réflexion des membres des états-majors est figée au niveau tactique et fait entièrement abstraction des aspects opérationnel et stratégique. Les états-majors ne sont pas prêts à des opérations d'envergure, a déclaré le ministre.

Etant donné que la réforme fondamentale de l'armée est achevée et que la construction militaire s'est engagée dans des conditions normales, Sergueï Ivanov est passé à l'essentiel en disant que chaque organisme dans le système de gestion de l'organisation militaire devait connaître exactement sa place. Et de préciser: le ministère de la Défense est l'organe supérieur de la gestion militaire tandis que l'Etat-major général en est une structure qui répond de la planification stratégique et de la direction des troupes, mais uniquement en temps de guerre. Lorsque ces mots ont été prononcés, relève Vrémia novosteï, Anatoli Kvachnine qui était assis immobile à la présidence, le regard rivé sur les papiers qu'il avait devant lui, a lentement tourné la tête et regardé le rapporteur sans dissimuler son étonnement.

Pour le journal, Sergueï Ivanov n'aurait pas porté le débat sur la place publique sans l'aval du chef de l'Etat. D'une manière générale, compte tenu de la très grande proximité entre le président et monsieur Ivanov on peut sans grand risque évoquer la défaite d'Anatoli Kvachnine et son prochain limogeage, probablement après l'élection présidentielle, estime Vrémia novosteï.

Kommersant

La démission de cinq coprésidents, la division du parti en deux courants (proprésidentiel et antiprésidentiel) et enfin le refus de soutenir la candidature d'Irina Khakamada à la présidentielle sont le bilan des deux jours de travaux du Congrès de l'Union des forces de droits (SPS), informe le quotidien "Kommersant". D'ici fin mars, le SPS s'est assigné pour tâche d'oublier la politique au niveau fédéral pour se concentrer sur les élections régionales. Cependant, la division du parti entre "libéraux" et "centristes" peut non seulement enterrer l'idée d'un renouvellement "par la base" mais aussi faire une croix sur les projets de création d'une large coalition démocratique.

Malgré les tentatives du SPS de créer une opposition démocratique au niveau des régions, son dernier congrès a démontré que la moitié des sections régionales du parti n'y aspire absolument pas. Si avant les législatives du 7 décembre beaucoup de régions étaient contre l'union du SPS avec "Iabloko", beaucoup sont dorénavant défavorables à la mise en place d'une opposition catégorique à Vladimir Poutine.

Comme l'un des coprésidents de SPS, Anatoli Tchoubaïs, refuse de rejoindre l'opposition et veut garder son poste public dans l'entreprise EES ROSSII ("Electricité de Russie"), les chances de la droite de former une nouvelle opposition constructive sont infimes, conclut le "Kommersant".

Gazeta

"Quoi ? Sommes-nous des vaches qu'on promène avec une cloche au coup ?" ont déclaré au journal "Gazeta" des représentants anonymes du groupe parlementaire de "Russie Unie", indignés par l'intention du Comité au règlement interne de la Douma de doter la carte du député d'une puce électronique qui permettrait de savoir où se trouve son propriétaire. D'ici l'automne, la circulation dans le bâtiment de la Douma sera strictement réglementée. Le personnel technique, pour monter ou descendre les étages, utilisera des cartes électroniques. Les visiteurs circuleront de façon organisée en suivant les itinéraires prescrits.

L'innovation concernera les seuls députés, au début. Ainsi que l'a déclaré au quotidien le président du Comité en question , Oleg Kovalev, l'arrivée du député dans son bureau à la Douma sera enregistrée à son entrée dans le bâtiment par les ordinateurs dont seront équipés les postes de garde et le bureau des laissez-passer. D'une part, cela doit accoutumer les parlementaires à la discipline car ce n'est un secret pour personne que certains députés des précédentes législatures ne sont venus à la Douma qu'une fois par an. D'autre part, cela permettra de diminuer sensiblement le nombre des visiteurs car il arrive parfois qu'il y en ait près de trois mille par jour. "Si quelqu'un veut venir voir un député qui n'est pas à son bureau, il est inutile de lui délivrer un laissez-passer", explique Oleg Kovalev.

Nezavissimaïa Gazeta

D'un jour à l'autre le problème de la coopération russo-biélorusse dans le secteur du gaz peut être définitivement résolu, écrit le journal. Les experts estiment que Minsk renoncera incessamment à sa politique de marchandage avec le géant russe "Gazprom" parce que la Biélorussie s'est retrouvée au bord d'une crise énergétique.

Le journal rappelle que dans la nuit de vendredi à samedi les sociétés russes "ITERA" et "Transnafta" avaient arrêté leurs livraisons de gaz à la Biélorussie. En fait, cela signifie que le pays reste sans le moindre combustible car ces deux sociétés ont remplacé complètement depuis le début de janvier sur le marché biélorusse le holding "Gazprom" qui avait refusé de fournir du gaz à la Biélorussie. Les deux fournisseurs indépendants ont déclaré que la Biélorussie avait déjà reçu les quantités de gaz prévues au contrat avant la fin du mois et s'est mise à en prélever sans autorisation. Selon leurs informations, depuis le début de janvier la Biélorussie a consommé 1,366 milliard de mètres cubes au lieu de 1,05 milliard spécifié dans les contrats.

Minsk a déjà fait des concessions à "Gazprom" en consentant à céder à la Russie 50% des actions de l'entreprise conjointe de transport de gaz en création sur la base de "Beltransgaz", souligne la "Nezavissimaïa Gazeta". Reste le problème du prix de la transaction : "Gazprom" est prêt à acheter les actions au prix indiqué au bilan ( soit 600 millions de dollars) tandis que Minsk a insisté jusqu'à présent sur 5 milliards de dollars. Si la Biélorussie ne modifie pas sa position, "Gazprom" ne vendra du gaz à la Biélorussie qu'au prix du marché, soit à 50 dollars les mille mètres cubes.

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