Le volet israélo-palestinien dans l'impasse

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Par Marianna Belenkaïa, RIA Novosti

La situation en ce qui concerne l'application du plan de règlement palestino-israélien autrement appelé "feuille de route" est dans une impasse, a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères, Igor Ivanov, en ouvrant mercredi les pourparlers avec son homologue palestinien, Nabil Shaath.

Les négociations menées à Moscou par Nabil Shaath ont porté essentiellement sur la construction par Israël du "mur de séparation" ou du "mur de sécurité" selon le lexique israélien. Le 23 février, la Cour internationale de justice de La Haye se penchera sur la question de savoir "si la construction d'ouvrages de protection dans les territoires palestiniens occupés est légale ou non". Chacune des parties devra présenter ses arguments d'ici au 30 janvier.

Tout en reconnaissant à Israël le droit d'assurer sa propre sécurité, Moscou, de même que Washington d'ailleurs, n'approuve pas la construction de cette enceinte et estime qu'elle constitue l'un des principaux obstacles au règlement. Par conséquent, en ce qui concerne cette question Nabil Shaath a obtenu plein soutien. Les choses sont plus délicates pour ce qui est de l'espoir des Palestiniens de trouver à Moscou une issue à l'impasse en cette heure très difficile pour le peuple palestinien, quand la "feuille de route" reste lettre morte et l'occupation israélienne se poursuit.

Cependant, Moscou ne peut rien proposer de nouveau à Nabil Shaath. Plus même, pour la première fois depuis que les médiateurs internationaux (Russie, Etats-Unis, Union européenne et ONU) ont présenté la "feuille de route" au printemps de l'année dernière, le chef de la diplomatie russe a reconnu publiquement que sa réalisation se trouvait dans une impasse.

Les diplomates lèvent les bras d'impuissance. Ni à Moscou, ni à Washington, ni nulle part ailleurs on est en mesure de concocter une nouvelle "feuille de route" qui prendrait en compte toutes les propositions précédentes et qui donnerait satisfaction aux deux parties au conflit, et ce sans compter les 14 amendements d'Israël.

Au cours de la conférence de presse qu'il a donnée à l'issue des pourparlers, Igor Ivanov a déclaré que "ce qu'il faut maintenant c'est non pas avancer de nouvelles propositions mais créer des conditions propices à l'application des clauses de la "feuille de route".

Il est remarquable que dans son Message annuel sur l'état de l'Union prononcé quelques heures avant la rencontre Ivanov-Shaath le président des Etats-Unis, George W.Bush, n'a pas une seule fois évoqué la "feuille de route" ni même le conflit palestino-israélien. Or, il y a encore un an et demi le président américain avait rendu publique une déclaration programmatique sur le règlement du conflit proche-oriental, dont de nombreux points avaient servi d'assise à la "feuille de route". En été 2002, on avait eu l'impression que George W.Bush, qui à la différence de son prédécesseur, Bill Clinton, n'avait jusqu'ici pratiquement accordé aucune attention au règlement proche-oriental, avait fait de celui-ci un des objectifs prioritaires de sa politique extérieure. Seulement aujourd'hui Bush est par trop préoccupé par l'Irak où les choses ne vont pas aussi bien qu'il le voudrait. Et puis en pleine campagne électorale il ne serait pas recommandé de s'engager sur un terrain miné. En outre, une politique active sur cet axe pourrait monter contre le président l'influente communauté juive et la nombreuse communauté musulmane des Etats-Unis. Ce qui présentement serait fort mal à propos. Or, sans une participation active de Washington au règlement au Proche-orient, celui-ci n'avancera pas.

Certaines tentatives faites par Israël pour établir des rapports avec les Etats arabes et musulmans, notamment la Libye, Oman, les Emirats Arabes Unis et le Pakistan - sont un autre signe attestant que la situation est sans espoir pour le proche avenir.

Au demeurant, personne n'a l'intention de renoncer au volet israélo-palestinien du conflit proche-oriental. Les Palestiniens et les Israéliens vont poursuivre leurs négociations par diverses filières. Par exemple, la semaine passée une réunion secrète de représentants israéliens et palestiniens s'est tenue en Turquie, la neuvième depuis que la "feuille de route" a été présentée. Elle n'a rien donné mais le processus se poursuit.

Les médiateurs pour le règlement eux aussi continueront de rechercher des compromis. Ainsi, selon Igor Ivanov, des contacts auront lieu prochainement sur ce thème avec des représentants de la France, de l'Italie et de l'Allemagne ainsi qu'avec le secrétaire d'Etat américain et le secrétaire général de l'ONU.

A Moscou Nabil Shaath a déclaré que la partie palestinienne était disposée à signer un nouvel accord de cessez-le-feu.

Personne n'attend de succès immédiats dans le règlement palestino-israélien, les diplomates sont depuis longtemps habitués à reculer de deux pas toutes les fois qu'ils en font un en avant. Cependant, il semble bien que sous les générations actuelles des politiques israéliens et palestiniens il n'y aura pas de progrès. On en est conscient à Moscou de même que dans les autres grandes capitales.

Mais une autre question se pose, c'est celle de savoir ce que seront les nouvelles générations d'Israéliens et de Palestiniens et si elles seront disposées au dialogue.

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