Revue de la presse russe du 22 janvier

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NEZAVISSIMAIA GAZETA

Le journal publie un commentaire intitulé "Davos n'intéresse pas l'élite russe" consacré au Forum économique mondial qui s'est ouvert dans la station climatique suisse. Il souligne cependant que depuis les dix dernières années la Russie y a été l'un des principaux acteurs. Des "Journées russes" y ont même vu le jour. Durant les années 1990 toute l'élite russe - hommes d'affaires, hommes politiques, fonctionnaires - venaient sans faute au rendez-vous de Davos. Avec des projets mercantiles dans la plupart des cas, pour demander des crédits occidentaux. En ce qui concerne les étrangers, ils aimaient bien à disserter sur la façon dont nous pourrions organiser la vie en Russie.

Aujourd'hui, tout a changé, note la "Nezavissimaïa gazeta". L'Occident pose maintenant des conditions à la Russie comme à un Etat normalement développé, tout particulièrement en ce qui concerne le remboursement des crédits et l'annulation des dettes des pays en difficultés, dont l'Irak. Aujourd'hui, ce n'est plus la poursuite des réformes qui préoccupe les étrangers mais des affaires concrètes, celle de Ioukos et de ses actionnaires par exemple. Tout porte à penser que les membres de la délégation russe conduite par le ministre des Finances, Alexéi Koudrine, ne pourront pas se dérober à des questions délicates. La composition de la délégation russe est très modeste. Même le ministre du Développement économique et du Commerce, Guerman Gref, est absent.

Le peu de Russes à Davos confirme une fois de plus la perte catastrophique d'intérêt de la Russie pour le Forum économique mondial, constate le quotidien.

ARGOUMENTY i FAKTY

On peut dire que le remplacement du gouvernement est d'ores et déjà décidé, estime l'hebdomadaire "AiF". Reste à savoir quand il se produira. Selon un scénario, après l'investiture du 7 mai le président nouvellement élu soumettrait la candidature du nouveau premier ministre à la Douma, chambre basse du parlement, avant le 21 mai, comme le veut la Constitution. Selon une autre variante, Vladimir Poutine pourrait faire le sacrifice du gouvernement avant la présidentielle "pour animer la situation" et assurer le taux de participation nécessaire à la présidentielle du 14 mars.

Il ne le ferait pas lui-même mais par le truchement de la Douma, poursuit l'"AiF". Pour ce faire, la majorité parlementaire devra voter, fin février ou début mars, une motion de censure contre le gouvernement de Mikhaïl Kassianov.

Ainsi le président rejetterait élégamment la responsabilité des décisions du futur gouvernement sur le parti "Russie Unie" (majoritaire dans la chambre basse). Puis, à l'horizon de 2007, il pourrait en toute conscience renvoyer le "gouvernement impopulaire de la majorité parlementaire" pour rester immaculé à la veille d'une nouvelle campagne électorale, conclut l'hebdomadaire.

IZVESTIA

Les Russes croient de moins en moins au "bon Lénine" mais ne sont pas encore prêts à reconnaître ses erreurs, notent les "Izvestia" dans un article consacré au 80e anniversaire de la mort du "chef du prolétariat mondial".

Aujourd'hui, Vladimir Oulianov (Lénine) n'est plus "le plus vivant de tous les vivants", affirment à l'unanimité les sociologues, bien qu'ils appartiennent souvent à des centres concurrents irréconciliables. Les résultats des sondages effectués au fil des ans montrent que le nombre des Russes portant un jugement sans équivoque (positif ou négatif) sur le rôle historique de cet homme ne cesse de diminuer depuis la fin des années 1990.

"Lénine est un personnage qui sombre de plus en plus dans l'histoire et que les hommes de la rue considèrent dans un contexte historique précisément et non pas actuel, ce qui fait disparaître les différences de jugement sur son activité et son importance", note le journal, citant un porte-parole du Service analytique du Centre national d'étude de l'opinion publique (VTsIOM). "La légende du "bon Lénine" altéré par le "méchant Staline" qui accompagnait les dernières dizaines d'années du socialisme et le début de l'époque de la perestroika suscite de moins en moins de confiance : la société revient du monde à l'envers soviétique, estime le psychologue Guéorgui Mores.

VREMIA NOVOSTEI

James Wolfensohn, président de la Banque mondiale, a achevé sa visite de deux jours à Moscou. Avant de prendre l'avion, il a eu le temps, devant les journalistes, de remercier encore une fois Vladimir Poutine pour l'ordre qui lui avait été remis et de faire grand cas de l'état de l'économie russe, rapporte le journal.

"Je suis très confiant envers le gouvernement russe car il a choisi la bonne stratégie de développement économique", a indiqué M.Wolfensohn. Les succès notables remportés par l'économie l'an dernier en sont la preuve, écrit Vremia Novostei. Même la fameuse "dépendance pétrolière" de l'économie russe ne lui semble pas quelques chose de terrible ou de honteux. Selon lui, il existe une vulnérabilité qui est fonction des prix du brute, mais celle-ci n'est pas plus importante que dans d'autres pays pétroliers".

KOMMERSANT

2003 a été une année fortunée pour le marché russe des investissements collectifs. Les compagnies et les fonds de trust ont enregistré des résultats impressionnants, voyant les effectifs de leurs clients et le volume des fonds qu'ils gèrent s'accroître de plusieurs fois. Mais l'année qui vient de débuter ne promettrait pas des rendements aussi élevés.

En effet, le marché russe des valeurs reste trop limité, rappelle le quotidien. Celui des actions est faiblement diversifié, largement dominé par les titres du secteur des hydrocarbures. Et ses perspectives, en raison de récentes initiatives législatives, des tensions dans ses rapports avec les autorités et des incertitudes dans la réforme de Gazprom demeurent plutôt floues, même dans un contexte marqué par des cours très élevés des produits énergétiques.

D'ailleurs, l'évaluation donnée aux sociétés russes est proche de la maximale.

Sur le marché des dettes, les taux atteignent leurs valeurs plafond. N'oublions pas qu'outre la Russie, il existe d'autres marchés attractifs pour les investisseurs étrangers, par exemple, l'Amérique du Sud, l'Asie du Sud-Est et la Chine, ainsi que la Turquie, écrit Kommersant.

GAZETA

L'Assemblée législative de la ville de Moscou a voté la loi "Des postes de protection de l'ordre public". En pratique, cela signifie que le service - non officiel - des "informateurs" renaît dans la capitale, rapporte le quotidien.

Sans en être récompensés, ils préviendront la police et les responsables d'autres administrations de toute infraction à l'ordre public. Il est vrai que les plus "actifs" se verront accorder des primes municipales. Quant aux juristes, ils affirment que la loi adoptée "s'inscrit entièrement dans le cadre de la législation moderne".

Tout Moscovite sain de corps et d'esprit peut devenir informateur dès l'âge de 18 ans. Les informateurs ont le droit de veiller au respect des règles de l'exploitation des logements et de mettre les autorités au courant de la violation des règles anti-feu, des cas de réagencement non autorisé des appartements et des bamboches qui durent toute la nuit. Ils seront en outre habilité à veiller à la propreté des territoire attenant aux immeubles, à l'organisation de la circulation automobile dans les zones résidentielles et au respect par les locataires des règles d'entretien des animaux de compagnie.

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