Revue de la presse russe du 19 janvier KOMMERSANT

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Le président Vladimir Poutine a tenu dans sa résidence de Novo-Ogarevo, aux environs de Moscou, une réunion consacrée aux problèmes courants de la politique extérieure de la Russie. Selon l'information recueillie par le journal "Kommersant", la principale question à l'ordre du jour a été de savoir comment Moscou devrait bâtir ses relations avec la Géorgie sous la présidence de Mikhaïl Saakachvili.

La date de la réunion n'a pas été choisie par hasard. Jeudi dernier la Commission électorale centrale de la Géorgie avait annoncé officiellement Mikhaïl Saakachvili vainqueur de l'élection présidentielle du 4 janvier. Autrement dit, la Russie doit maintenant choisir une ligne de conduite à l'égard d'un homme politique qu'elle voulait le moins du monde avoir pour partenaire du côté géorgien. En Russie le nouveau leader géorgien s'est fait la réputation d'un nationaliste aux tendances antirusses.

Malgré l'antipathie qu'il éprouve pour M. Saakachvili le Kremlin ne peut pas négliger le fait que le nouveau président a totalisé 96% des suffrages exprimés. C'est pourquoi il a jugé, paraît-il, qu'il vaut mieux nouer un dialogue avec le nouveau leader géorgien que continuer de le repousser loin de la Russie, car c'est le seul moyen possible de faire comprendre à M.Saakachvili les intérêts particuliers de la Russie en Géorgie, note le journal. Aussi, au cours de la réunion de Novo-Ogarevo, l'assistance a-t-elle soutenue la candidature du ministre des Affaires étrangères, Igor Ivanov, pour représenter la Russie à la cérémonie d'investiture de Mikhaïl Saakachvili le 25 janvier à Tbilissi. Le Kremlin espère que ce geste de Moscou sera apprécié à sa juste valeur par Tbilissi", note le "Kommersant".

IZVESTIA

Le ministre russe de la Défense, Serguéi Ivanov, entame aujourd'hui une visite officielle en Inde, informent les "Izvestia". Le contrat de vente à New Delhi du croiseur porte-avions "Admiral Gorchkov" sera enfin signé. Il comporte une vingtaine d'avenants portant sur des travaux de réparation et de modernisation du navire qui doit, d'autre part, être doté d'un groupe de chasseurs embarqués Mig-29K, de missiles et d'instruments de navigation nouveaux. Le prix total du contrat se monte à 1,5 milliard de dollars et sa réalisation permettra au matériel de guerre russe de déboucher sur le marché indien comme les Mig par exemple pour aérodrome "côtier".

Ce problème n'est pourtant pas des plus faciles. A New Delhi, on affirme que les contrats passés avec la Russie sur la livraison de chasseurs Su-30MKI et de chars T-90C entrent en contradiction avec les textes réglementaires en vigueur prescrivant la diversification des fournisseurs des principaux types d'armements parce que la principale force de frappe de l'armée de l'air indienne (les Su) est livrée par le même fournisseur que le principal char de combat. L'Inde veut pourtant être le moins dépendante possible de qui que ce soit, tout particulièrement en ce qui concerne la défense nationale. Pour cette raison également New Delhi développe activement sa coopération militaro-technique avec Israël et la France et est en négociations avec les Etats-Unis. Moscou perd ses positions sur son marché jusqu'ici traditionnel et, pour les renforcer, il est nécessaire de proposer à son partenaire les armes les plus modernes et les plus performantes.

"Il faut savoir commercer avec l'Inde. Ce pays sait compter ses sous et veut le maximum pour son argent. Mais nous avons nos arguments : l'exploitation d'un même type d'avion sur terre et en mer est beaucoup plus avantageuse que celle des machines de différents producteurs", déclarent les représentants du complexe militaro-industriel russe.

GAZETA

D'après les estimations du ministère de l'Agriculture, le secteur agricole national perdra 300 à 400 millions de dollars par an après l'élargissement de l'Union européenne. La politique de l'Union, celle de protection du marché intérieur, en est responsable, rappelle Gazeta. A partir de cette année, cette même politique sera appliquée par 10 autres Etats qui représentent encore un débouché traditionnel pour la Russie. Le ministère de l'Agriculture prépare des mesures de rétorsion : prochainement, Moscou pourrait limiter les importations de laitages et en premier lieu de fromages dont l'UE est un des principaux producteurs.

A en croire le ministre de l'Agriculture, Alexeï Gordeïev, pour ces produits en provenance d'Europe il est prévu de décréter des taxes élevées. "Pour les laitages, la Russie en importe plus qu'il n'en faut, surtout du fromage. Ce que nous obtenons d'Europe est subventionné par le budget de l'Union, c'est donc un protectionnisme agressif", dit le ministre.

Son premier adjoint, Sergueï Dankvert, explique que les taxes frapperont surtout les importations de fromages bon marché. Pour les fromages chers - la Russie n'en produit pas assez - la taxe sera moins élevée.

Mais, rappelle le journal, des droits plus élevés pour les fromages bon marché frapperont non seulement les producteurs européens mais aussi les consommateurs russes. Les importations couvrent 26% de la consommation nationale, et la hausse qui concernera un kilo de fromage sur quatre conduira inévitablement à un renchérissement sur les 3 kilos restants.

VEDOMOSTI

La réforme économique pourrait coûter un emploi à beaucoup de Russes, craint le premier ministre Mikhaïl Kassianov. Il estime que le pays est exposé à la menace de montée du chômage, conséquence de la hausse de la productivité du travail. Mais les experts ne se pressent pas de partager ses craintes, estimant que le premier ministre exagère l'ampleur du problème. "La hausse du chômage avait atteint son point culminant dans les années 90", affirme Sergueï Smirnov, directeur de l'Institut de politique sociale près de la Haute école d'économie, qui est étonné par les prévisions du premier ministre.

Quant au ministre du Travail et du Développement social, Alexandre Potchinok, poursuivent Vedomosti, il dit que le chef du gouvernement n'a pas été bien compris. "Dans quatre ans, le pays commencera à affronter une réduction absolue du nombre d'actifs, de 500 000 à 700 000 personnes par an. De quelle montée du chômage peut-il être alors question ? s'interroge le ministre.

NEZAVISSIMAIA GAZETA

Les autorités russes commencent à avoir des vertiges à la suite du renforcement du rouble et de la montée des rentrées en devises, écrit le quotidien. La Banque centrale vient de publier un nouveau chiffre record : durant la première semaine de 2004, les réserves de change russes ont encore augmenté de 1,8 milliard de dollars, à près de 79 milliards, alors que le dollar a perdu, depuis les fêtes de l'An, 60 kopecks. Il ne reste plus un ministre qui n'ait commenté ce "succès".

A l'unanimité, les fonctionnaires expliquent ce processus par l'état des marchés monétaires internationaux. L'euro, disent-ils, est apprécié, et le rouble le suit. Car la Russie participe à part entière au marché mondial. La convertibilité totale de la monnaie nationale n'est donc pas loin. Ce qui veut dire que chaque citoyen russe pourra payer en roubles à Londres ou à Paris.

Mais la convertibilité totale du rouble est le résultat à la fois de la volonté politique des dirigeants du pays et de la reconnaissance de la communauté internationale. Pour le premier, ça passe. Mais pour le second... Aux yeux de la communauté internationale, le rouble n'est qu'un bout de papier multicolore, au même titre, par exemple, que le dram arménien.

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