"Les problèmes avec les minorités nationales en Lettonie deviendront alors aussi ceux de l'Europe tout entière", a indiqué le diplomate. Cela dit, Igor Stoudennikov a fait remarquer qu'à l'adhésion de la Lettonie à l'UE, les rapports russo-lettons ne deviendraient certes pas automatiquement meilleurs, comme le prétendent certains fonctionnaires lettons.
"Pour la Russie, il est tout à fait évident que la présence d'une masse énorme de non-citoyens (russophones en Lettonie) ne peut guère être considérée comme normale en Europe", a indiqué l'ambassadeur russe à Riga.
Cela dit, Igor Stoudennikov a tenu à souligner qu'à ce jour, la situation avec les non-citoyens en Lettonie représentait une menace tout à fait réelle, celle d'apparition d'une grave pénurie à long terme de la démocratie dans ce pays, chose signalée, d'ailleurs, à maintes reprises par les représentants de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) et ceux du Conseil de l'Europe.
"Pour ce qui est de la Russie, elle ne peut évidemment pas y rester indifférente et n'a même pas de droit moral de fermer les yeux sur la condition de ses compatriotes en Lettonie", a-t-il poursuivi. "Il s'agit bien là de quelque 700 000 personnes qui ont des parents et des amis en Russie et qui sont rattachées à la Russie par de très étroits liens culturels et spirituels", a noté l'ambassadeur russe.
Igor Stoudennikov a aussi fait état d'une certaine préoccupation de la Russie face à d'éventuelles conséquences économiques de la future adhésion de la Lettonie à l'Union européenne.
"Il s'agit là, entre autres, de l'introduction tout à fait possible de quotas et d'autres restrictions non tarifaires de toute nature aux importations et exportations lettonnes vers les pays qui ne font pas partie de l'Union européenne, y compris en Russie, qui est cependant aujourd'hui le plus gros partenaire commercial de la Lettonie", a dit l'ambassadeur de la Fédération de Russie à Riga.