Le conflit latent s'est exacerbé lorsque les autorités du territoire de Krasnodar (Russie) ont commencé fin septembre à édifier une digue en direction de l'isthme de Touzla. "Je regarde la carte et je ne comprends pas de quoi la Russie pourrait encore manquer", s'était exclamé à l'époque le président Koutchma avant de menacer de retarder la ratification de l'accord bilatéral sur la frontière avec la Russie.
Mais hier, Kiev a cédé aux exigences du Kremlin. Le traité signé par les deux présidents reconnaît que la mer d'Azov et le détroit de Kertch sont des eaux intérieures des deux Etats. Un terme a ainsi été mis au monopole ukrainien sur l'utilisation du détroit de Kertch : maintenant, les bâtiments de guerre et les navires des pays tiers ne pourront entrer dans les ports azoviens qu'avec le double consentement de Moscou et de Kiev. Le président Koutchma estime aussi que le détroit a cessé d'être "le goulot d'étranglement" des relations entre les deux pays, rapporte le journal.
GAZETA
Aujourd'hui, le gouvernement russe appréciera les succès économiques de 2003 et entérinera ses plans pour 2004. L'économie, souligne le quotidien, s'est développée cette année plus vite que prévu, mais pas assez vite pour pouvoir espérer doubler le produit intérieur brut d'ici 2010. Des réformes ultérieures pourraient relancer la croissance mais, à en juger par certaines estimations, aucune action audacieuse n'est prévue: la réforme de Gazprom, par exemple, ne devra pas quitter l'an prochain les bureaux gouvernementaux. Le cabinet n'est pas non plus pressé de se pencher sur le prélèvement de la rente liée à l'utilisation des ressources naturelles. Précaution qui semble logique : après les élections présidentielles, le gouvernement en place aura, d'une manière ou d'une autre, à démissionner, et le nouveau cabinet pourra avoir des plans différents.
Le ministère du Développement économique et du Commerce (MERT) , poursuit la Gazeta, veut que la dernière réunion du gouvernement cette année se déroule dans une ambiance agréable. Le MERT a préparé un compte rendu sur le bilan économique de l'année où il est dit que le PIB "augmente depuis plus de quatre ans d'affilée déjà" et que les taux de croissance sont "parmi ceux les plus élevés du monde". Cette année, a estimé notamment le ministère, l'économie russe aura progressé de 6,6% contre 4,3% l'année précédente. C'est bien plus que les prévisions initiales et mêmes celles corrigées par le gouvernement. Il n'y a rien d'étonnant à cela : les Etats-Unis ont fait un cadeau à la Russie. En effet grâce à la guerre en Irak, le brut russe a cette année coûté non pas 21,5 dollars le baril - cours sur lequel misait le budget - mais presque 27 dollars.
IZVESTIA
Vladimir Poutine a libéré Boris Gryzlov de ses fonctions de ministre de l'Intérieur. Gryzlov prend ses nouvelles fonctions à la Douma (chambre basse du parlement russe) où il présidera les séances et dirigera le groupe des 300 députés du parti "Russie unie". Cette décision sera approuvée par la nouvelle Douma lors de sa première réunion le 29 décembre, informe le quotidien "Izvestia". C'est la première mutation systémique de l'un des joueurs pivots de l'équipe présidentielle, souligne le journal. D'autres suivront évidemment après la présidentielle du 14 mars prochain. Le pouvoir suprême met à l'essai une nouvelle formule de gouvernement du pays pour le deuxième mandat de Vladimir Poutine. Le point final sera mis aux permutations lorsque la nouvelle Douma aura approuvé la candidature du premier ministre proposé par le président et les principaux portefeuilles ministériels et postes dans l'administration auront été distribués.
Il est évident que placer Gryzlov à la tête de la Douma n'est pas un but en soi pour Poutine. D'un point du vue hiérarchique, et le président de la Douma et le ministre de l'Intérieur sont en contact direct avec le chef de l'Etat. Les autres fonctionnaires de la Douma agissent par personnes interposées. Gryzlov n'a pas été nommé chef de la Douma pour lui donner davantage de poids politique. Sa nomination prépare des mesures plus sérieuses à attendre durant le deuxième mandat de Poutine.
NEZAVISSIMAIA GAZETA
Ivan Rybkine, coprésident du parti "Russie libérale", s'est porté candidat à la présidence. "Je l'ai fait parce que j'ai une autre vision de l'état des choses dans le pays que Poutine", a-t-il déclaré pour expliquer sa décision. Rybkine a été soutenu par un groupe de 700 délégués venus au congrès des libéraux de 60 régions du pays. Le leader du parti, Boris Berezovski, a communiqué avec l'assistance comme d'habitude, au moyen d'un télépont vidéo organisé depuis Londres, en répondant aux questions des délégués et des journalistes. Le correspondant de la NG lui a demandé si la candidature de Rybkine était choisie faute de candidat unique de la droite et ce qu'il pensait de l'idée de boycotter la présidentielle proposée par Iabloko et l'Union des forces de droite.
"La non-participation aux élections n'empêcherait pas mais au contraire aiderait les autorités à entretenir l'arbitraire qui règne dans le pays. Je suis certain que Rybkine est l'homme capable d'en finir avec ce fléau", a répondu Boris Berezovski.
TROUD
De 1978 à 1996 la Russie dans le cadre d'un programme médico-biologique, "Bion", a envoyé 12 macaques dans l'espace, informe le journal. Le directeur du Centre des problèmes médico-biologiques, Dr Viatcheslav Korolkov, affirme que les singes ont fait ce que les hommes n'auraient jamais pu faire. Seulement très peu de gens le savent.
A l'époque soviétique, dans le cadre de "Bion" un centre d'études des primates ultra perfectionné avait été construit dans la banlieue de Moscou, à Khimki. Le personnel l'avait baptisé "station climatique pour macaques" : des cages équipées du chauffage central, des petits plats préparés spécialement, des engins simulateurs pour s'entraîner et même une classe informatique. Alors que les jeux électroniques étaient à l'époque en Russie une rareté pour les bipèdes, les élèves quadrupèdes eux s'en donnaient à coeur joie. Le centre existe toujours mais les équipements demandent depuis longtemps à être rénovés. Les singes ne partent plus dans l'espace. Des problèmes de financement ont surgi avec la perestroika et le programme a été abandonné.