Vladimir Poutine briguera un second mandat présidentiel, mais pas un troisième

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Par Iouri Filippov, commentateur politique de RIA-Novosti

Le président russe Vladimir Poutine a annoncé son intention de participer aux élections présidentielles prévues pour le 14 mars prochain. Il a fait cette déclaration jeudi, au cours d'une émission télévisée traditionnelle de fin d'année pendant laquelle il répondait en direct aux questions de ses concitoyens. M.Poutine a précisé qu'il allait faire bientôt une déclaration officielle à ce sujet.

L'annonce faite par le leader russe n'a surpris personne en Russie. Le second mandat de M.Poutine, qui occupe son poste depuis mai 2000, est considéré comme une affaire réglée. Les derniers doutes se sont dissipés après que le parti proprésidentiel "Russie unie" eut recueilli plus de 37% des voix aux législatives, chiffre record pour une Russie post-communiste. Les concurrents de Vladimir Poutine évaluent les chances d'un second tour de la présidentielle, mais aucun d'entre eux ne caresse l'illusion de le remporter.

La seule question qui se posait jusqu'ici était de savoir si M.Poutine souhaitait briguer un troisième mandat interdit par la Constitution russe. Ces deux dernières années, ce sujet resurgit parfois en Russie pour sombrer dans le néant après que le président rappelle ce que c'est que la Constitution et pourquoi il faut la respecter. M.Poutine est resté fidèle à lui-même. A la fin de l'émission de trois heures, il s'est dit "contre" la possibilité pour un président de se présenter à un troisième mandat ou une prolongation du mandat présidentiel. Expliquant sa position, il a appelé pour la énième fois à ne pas violer la Constitution même pour des raisons nobles.

Il serait étonnant si M.Poutine avait répondu autrement. Il y a assez de Russes souhaitant revoir la Constitution russe pour que le chef d'Etat qui est le garant de la Loi principale, les soutienne, volontairement ou involontairement. L'intégrité territoriale de la Russie était la cible préférée des ennemis les plus coriaces de l'Etat russes depuis des années. Les séparatistes armés tchétchènes appuyés par le terrorisme international, excitaient constamment les sentiments séparatistes dans d'autres régions de la Russie multiethnique et multiconfessionnelle qui compte plus d'une centaine de nationalités. Rien que le nombre des musulmans y dépasse 20 millions.

"La préservation de l'intégrité territoriale de la Russie a été, tout récemment, l'un des problèmes les plus graves, les plus sensibles et les plus prioritaires et en gros il a été réglé", a dit M.Poutine.

Il est à noter que la Russie n'a pas encore réglé un autre problème. Le terrain propice aux conflits interethniques exacerbés depuis l'effondrement de l'URSS en 1991, est très difficile à cultiver. "Pourquoi certains partis ont-ils lancé le slogan "La Russie aux Russes" pendant la campagne électorale? Cette question posée par un habitant de la République des Kabardes et des Balkars (Caucase du Nord) a failli prendre le chef de l'Etat au dépourvu.

"Je n'ai pas suivi les débats télévisés avec tant d'attention", a-t-il avoué. Et de commenter le slogan désagréable: "Un sain d'esprit ne le ferait jamais". "Mais si de tels faits existent, j'en parlerai au Procureur général et lui demanderai d'analyser tout ce qu'on sait à ce sujet. Il faut y réagir".

Le président russe est bien informé des statistiques concernant les relations interethniques ce qui témoigne de sa préoccupation. "L'an dernier, plus de 50 actions ont été mises en mouvement en Russie contre "X" pour incitation à la haine interethnique dont 20 ont été déférées devant le tribunal et de17 à 20 ont fait l'objet d'un jugement", a relevé M.Poutine avant de lancer: "Ceux qui attisent les haines interethniques sont soit des individus malhonnêtes qui ne se rendent même pas compte de ce qu'ils disent, ce sont alors des imbéciles, soit des provocateurs. "Que signifie donc le slogan "La Russie aux Russes"? La sécession de certains territoires de la Fédération de Russie, la dislocation de la Fédération? Qu'est-ce que ses auteurs veulent obtenir?" a demandé le président.

M.Poutine a aussi clairement énoncé sa position à l'égard de la situation en Géorgie. "Nous ne pouvons pas appliquer le principe de l'intégrité territoriale à la Russie et le violer pour ce qui concerne les États voisins", a-t-il dit.

Près de 2 millions de questions ont été posées à Vladimir Poutine par téléphone, Internet et au moyen d'une liaison multiplex. Le chef d'Etat n'a répondu qu'à 69 questions, mais il paraît qu'il n'ait rien oublié, de la lutte contre la corruption à l'état de santé des chiots de sa chienne labrador.

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