"Le Protocole de Kyoto impose de très strictes limitations aux cadences de la croissance économique dans le pays", a déclaré le conseiller économique du chef de l'Etat russe. Le doublement du PIB impliquerait son accroissement de 7,2% par an, ce qui entraînera une augmentation des émissions de gaz à effet de serre pouvant atteindre 10% par an, a expliqué Andreï Illarionov.
Quoi qu'il en soit, a poursuivi le conseiller économique du Président russe, aux termes du Protocole de Kyoto, à sa première phase (2008-2012), la Russie ne doit pas dépasser le niveau d'émission du gaz carbonique de 1990. A la seconde phase de l'exercice du Protocole de Kyoto (à partir de 2012), les rejets de gaz à effet de serre devront diminuer chaque année de 3,5%.
Même "selon les pronostics les plus conservateurs" et à condition de "l'implantation en Russie des know-how les plus performants servant à réduire les rejets de gaz à effet de serre, l'accroissement annuel moyen de l'émission de gaz carbonique serait alors de 4%", a fait remarquer le conseiller économique de Vladimir Poutine.
Andreï Illarionov a fait remarquer que le Protocole de Kyoto revêtait un caractère manifestement discriminatoire à l'égard de la Russie. Ainsi, le Protocole de Kyoto ne réclame pas de restrictions sérieuses de la part des pays tels que le Qatar, les Emirats Arabes Unis, l'Australie, Singapour et Bahreïn, où l'émission de gaz à effet de serre dépasse pourtant de dizaines de fois les indices de la Russie. Bien plus, le Protocole de Kyoto n'impose pas non plus d'obligations sérieuses à des pays comme la Chine et l'Inde, dont le PIB est plus important que celui de la Russie, a ajouté Andreï Illarionov.