Le principal bilan des élections, soulignent les "Izvestia", est que "Russie Unie", en s'alliant avec d'autres forces loyales, peut compter réellement sur la majorité des deux tiers à la Douma (chambre basse du parlement russe). Cela lui permettra d'avaliser sans obstacle toute politique choisie par le Kremlin. Et même d'apporter des amendements à la Constitution.
"Russie Unie" constituera sûrement la majorité constitutionnelle avec les députés élus dans les circonscriptions à scrutin uninominal et d'autres députés loyaux envers les autorités centrales, au Kremlin et au président. Ainsi on verra se former un système à "un parti et demi". Sur le terrain politique, c'est le parti du pouvoir qui mènera le jeu. Les autres se verront accorder des rôles de figurant, estiment les "Izvestia".
NEZAVISSIMAIA GAZETA
Dès cette semaine commence la course à la présidence, écrit la "Nezavissimaïa gazeta". Mercredi le Conseil de la Fédération (chambre haute du parlement russe) donnera le coup d'envoi officiel et les partis commenceront à se réunir en congrès pour proposer les candidats. Alors, on constatera définitivement que la campagne présidentielle est déjà depuis longtemps en route et que les législatives en ont été le prologue, une sorte de préparation d'artillerie précédant les batailles décisives de 2004 et de 2008.
En Russie, les législatives sont toujours le prélude de la campagne présidentielle. Et même plus que cela. En effet, il y a quatre ans, ce sont les batailles de décembre qui ont assuré la victoire aux auteurs de l'opération "Successeur". Une fois le bloc "Patrie - Toute la Russie" de Loujkov et Primakov écrasé, la candidature de Poutine n'avait plus de concurrent et le président a été élu par inertie ou peu s'en faut, souligne le journal.
Aujourd'hui la situation est différente. Peu de gens doutent de l'issue de la bataille présidentielle à venir. Mais cela ne veut pas dire que l'opposition est prête à s'incliner devant le Kremlin. Les forces qui prétendent à une position politique indépendante ont à remplir une tâche claire et ambitieuse. Obtenir la tenue d'un deuxième tour. Prouver ainsi que le régime n'est pas sans alternative. Que le Kremlin n'a pas de monopole total et définitif de l'électorat russe, note le quotidien.
VEDOMOSTI
Le journal publie un article dont l'auteur dit notamment : "A juger par le plan de travail du gouvernement pour 2004 celui-ci n'a pas l'intention d'opérer des réformes. Les fonctionnaires consentent seulement à approuver les anciennes innovations fiscales, à alléger la réglementation anti-monopole et à élaborer les conceptions des réformes futures. Les experts espèrent que le nouveau gouvernement sera plus énergétique".
Le journal s'est trouvé en possession du projet de plan d'actions du gouvernement pour l'année prochaine conçu par le ministère du Développement économique et du Commerce. Les fonctionnaires ont décidé d'éviter tout changement révolutionnaire et n'ont inscrit sur le document que les idées déjà annoncées à plusieurs reprises par les différents ministères.
Après 2002 le rythme des réformes s'est ralenti, si bien qu'en 2004 il y aura une nouvelle relance des tentatives d'achever ce qui ne l'a pas été auparavant", estime l'économiste principal de la société "Troïka Dialogue", Evgueni Gavrilenkov. Le président du conseil de surveillance de la société "Renaissance Capital", Alexéi Chokhine, se dit persuadé que les possibilités d'opérer des réformes seront utilisées après les élections présidentielles.
GAZETA
Prochainement, une partie des pétroliers russes ne pourront pas être utilisés en Europe, informe le journal. L'Organisation maritime internationale (OMI) a pris la décision autorisant aux pays membres d'interdire l'entrée dans leurs ports de tous les pétroliers dont la sécurité est, selon eux, insuffisante. L'utilisation de ces pétroliers doit cesser vers 2010. Mais les Etats membres ont été investis de ce droit avant terme.
Les armateurs russes importants affirment qu'ils sont entièrement prêts à remplir les exigences de l'OMI, fait remarquer le quotidien "Gazeta". Mais les fonctionnaires du ministère des Transports affirment que cette décision concerne surtout les navires russes battant pavillon étranger. Selon une source proche du ministère des Transports, la Russie ne pourra pas aider les firmes propriétaires de ces navires, car, en fait, elles n'ont aujourd'hui rien à voir avec la Russie du fait qu'elles acquittent leurs impôts à d'autres Etats", constate le quotidien "Gazeta".
KOMMERSANT
La première réunion du groupe consultatif de lutte contre les menaces globales qui pèsent sur l'humanité créé sous l'égide de l'ONU s'est tenue le week-end dernier à New York. A cette occasion, le Secrétaire général de l'ONU Kofi Annan a décidé de s'adresser à la communauté mondiale au moyen des principaux médias de divers pays. Pour la Russie, il a choisi le quotidien "Kommersant".
"Nous vivons un moment décisif de l'histoire, a déclaré Kofi Annan. La grave menace de conflit nucléaire entre les superpuissances opposées appartient déjà au passé. Mais elle est remplacée par toutes sortes de nouvelles menaces. Nous devons revoir le mécanisme des relations internationales: peut-il supporter ces nouvelles épreuves? S'il en est incapable, quels changements faut-il apporter?
... Il serait erroné de penser que ces questions n'ont rien à voir avec la paix et la sécurité ou que nous pouvons nous permettre de les ignorer tant que toutes les menaces "terribles" ne seront pas éliminées. Il est temps de comprendre que le monde des inégalités flagrantes - entre les pays et à l'intérieur de ceux-ci - où des millions de personnes subissent un joug cruel et vivent dans la misère ne sera jamais un monde vraiment sûr même pour les habitants les plus privilégiés ... Les problème est de savoir si l'ONU sera capable de répondre aux exigences qui se profilent".