Revue de la presse russe du 5 décembre

S'abonner
Izvestia

La Russie a créé une sensation dans le monde, écrivent les Izvestia. Le président Vladimir Poutine a déclaré que son pays ne signerait pas le protocole de Kyoto à des conditions désavantageuses pour lui. Après cette déclaration ayant provoqué un choc dans les milieux politiques mondiaux, on peut mettre une croix sur le fameux document. Sans la Russie il ne prendra jamais effet.

Le Protocole de Kyoto soumet à des quotas les pays qui polluent l'environnement, relève le journal. Maintenant qu'elle a refusé de le signer, la Russie peut pleinement jouir de son indépendance. "Nous pouvons d'ores et déjà ne plus nous préoccuper de l'introduction de standards écologiques dans les usines et faire fi des exigences émises par les voisins européens. Par contre, il va falloir faire son deuil des revenus complémentaires que le budget aurait pu tirer de la vente des quotas en sus", relève le quotidien.

C'est mercredi, au cours d'une rencontre avec des hommes d'affaires européens, que Vladimir Poutine avait annoncé pour la première fois que le protocole de Kyoto dans sa version actuelle était inacceptable pour son pays. Ces propos prononcés en milieu fermé avaient été rendus publics par le conseiller économique du président, Andreï Illarionov. Dans un premier temps, les étrangers n'y donnèrent pas foi car dans le courant de l'année beaucoup trop de fonctionnaires avait annoncé la signature imminente du protocole par la Russie.

Jeudi Andreï Illarionov a dissipé les doutes quant au sérieux de la déclaration présidentielle: "Comment vous représentez-vous les rapports de travail au sein de l'administration du président? Vous croyez qu'à l'issue d'une rencontre officielle le conseiller économique se référant au président pourrait tenir des propos qu'il n'aurait pas prononcés?" Détail intéressant, le département en charge du Protocole de Kyoto n'était pas au courant de l'opinion du président et de son conseiller, écrit le quotidien de la place Pouchkinskaïa. Le vice-ministre du Développement économique, Moukhamed Tsikanov, a annoncé aux journalistes que le travail afférent à la ratification du protocole se poursuivait.

Troud

La haute probabilité d'incidents radiologiques à bord des sous-marins en stationnement et le mauvais état des sites côtiers constituent "un danger d'envergure pour la sécurité nationale". Cette conclusion peu rassurante a été faite lors d'une réunion du gouvernement consacrée au démantèlement des sous-marins nucléaire, écrit Troud.

Depuis le début des années 50, l'Union soviétique avait construit 260 submersibles nucléaires et cinq bâtiments de guerre de surface à propulsion nucléaire, informe le journal. Au milieu des années 80, ces unités étaient devenues catastrophiquement désuètes. Le nombre de navires nucléaires désaffectés augmentait au fil des années mais leur démantèlement se faisait aux mêmes rythmes, c'est-à-dire à raison de trois sous-marins par an. En 1998, les choses sont entrées dans une impasse. Certains sites de stationnement ont littéralement été submergés de sous-marins et maintenant ceux-ci doivent attendre de 10 à 15 ans avant d'être découpés.

Le vice-ministre russe de l'Energie atomique, Sergueï Antipov, a dit que plusieurs "Tchernobyl" potentiels se trouvaient sur le littoral de la Russie, écrit Troud.

Kommersant

Vendredi est le dernier jour de la campagne électorale qui a précédé le scrutin législatif du 7 décembre à la Douma (chambre basse du parlement russe). L'électorat va pouvoir une dernière fois écouter les futurs élus du peuple lui dire ce qu'il veut entendre d'eux, écrit Kommersant. La plupart des partis et blocs "patriotiques" ont choisi comme cheval de bataille la redistribution juste des biens publics volés (ou acheté pour une bouchée de pain), mais sans grand succès. La plupart des Russes ne croient pas qu'une révision des résultats de la privatisation (la nationalisation) changerait en mieux la situation dans le pays et estiment que les richesses confisquées aux oligarques reviendraient à de nouveaux oligarques.

Pour les Russes, le danger numéro un provient de la maffia et du crime organisé. Ceux que l'on appelle les représentants des organes locaux du pouvoir se classent troisièmes de ce hit-parade, relève Kommersant.

Nézavissimaïa gazéta

Le Conseil des directeurs de RAO EES (Electricité de Russie) doit se réunir vendredi. La grande question est de savoir si l'ancien chef de l'administration du président, Alexandre Volochine, prendra la présidence du Conseil des directeurs du holding électrique. Il y a deux jours le chef de la direction d'Electricité de Russie, Anatoli Tchoubaïs, a dit que la chose était possible. Selon lui, la proposition faite dans ce sens à Alexandre Volochine a été appuyée par la plupart des directeurs de la compagnie. Toutefois il reste à convaincre Volochine. Jusqu'à hier rien ne permettait de dire que l'ancien administrateur du Kremlin s'était laissé séduire par les arguments des électriciens.

D'autres structures d'affaires font la cour à Alexandre Volochine. Les rumeurs les plus tapageuses sont celles qui évoquent sa possible nomination à la tête de la compagnie unifiée Youkos-Sibneft. Personne ne refuserait les services d'Alexandre Volochine, constate Kommersant.

Gazéta

La Cour constitutionnelle d'Ukraine se penche sur le dossier concernant la troisième présidence de Léonide Koutchma, écrit la Gazéta. L'organe supérieur du pouvoir judiciaire de l'Ukraine doit établir si Léonide Koutchma peut être élu une troisième fois au poste de président de la république. Rien n'a encore été décidé, mais on peut d'ores et déjà faire des suppositions. Les juges sont enclins à autoriser le président en place à se présenter à la prochaine présidentielle.

Léonide Koutchma a lui-même annoncé à plusieurs reprises qu'il ne se représenterait pas au scrutin de 2004. Cependant, l'opposition estime que s'il a besoin du verdict de la cour ce n'est pas du tout pour pouvoir faire acte de candidature: avec une cote de popularité de l'ordre de 7 pour cent il n'a pratiquement aucune chance d'être réélu. Toutefois, la Rada suprême (parlement) examine actuellement un projet d'amendement à la Constitution modifiant les modalités de l'élection du chef de l'Etat. Si cet amendement était voté, le président serait élu non pas au suffrage universel, mais par un vote ordinaire au parlement. Si la Cour constitutionnelle donnait son aval, Léonide Koutchma pourrait fort bien rester à la magistrature suprême, estime Gazéta.

Fil d’actu
0
Pour participer aux discussions, identifiez-vous ou créez-vous un compte
loader
Chat
Заголовок открываемого материала