Revue de la presse russe du 25 novembre

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Izvestia

La Géorgie vient de vivre ses premiers jours sans Edouard Chevarnadze. Sous un pouvoir composé de gens qui hier encore étaient des "opposants" aux yeux de certains, des "combattants de la liberté" pour d'autres, des "rebelles" pour d'autres encore. Qui dirige réellement le pays? demandent les Izvestia. Qu'est-ce que Moscou cherche à obtenir de ceux qui viennent d'accéder au pouvoir à Tbilissi? Qui va prendre la tête des départements dits de force (intérieur, défense, sécurité, etc.)? Sur qui Moscou va-t-il miser lors des prochaines élections?

Lundi les nouvelles autorités géorgiennes ont fait plusieurs déclarations retentissantes permettant de se faire une idée de ce que seront leurs lignes politique et économique. La première chose qu'elles ont faite, c'est de demander de l'argent à l'Occident. Rien que pour la tenue d'"élections démocratiques libres", ceux qui ont renversé Edouard Chevardnadze espèrent obtenir cinq millions de dollars des Etats-Unis. D'autre part, Zoubar Jvania, à coup sûr l'éminence grise du futur gouvernement géorgien, a prévenu le Fonds monétaire international, la Banque mondiale et les gouvernements des Etats européens qu'il entendait négocier avec eux un report du remboursement des emprunts contractés antérieurement. Si une entente n'intervient pas, la Géorgie ne pourra éviter un collapsus économique. Une chose que l'Occident ne saurait accepter, espère-t-on à Tbilissi.

Pour l'instant personne en Géorgie n'a sollicité - du moins publiquement - une aide financière auprès de la Russie, relèvent les Izvestia. Ni un report du remboursement. On sait bien que l'approvisionnement de Tbilissi en électricité et en gaz dépend de la bonne volonté de Moscou. Il suffirait à celui-ci de cesser les livraisons pour que se dissipe toute l'euphorie suscitée par l'arrivée au pouvoir des "démocrates" et le renversement de la "dictature de Chevardadze".

Kommersant

Lors de la rencontre qu'il a eue avec les dirigeants du gouvernement et de l'administration présidentielle Vladimir Poutine a annoncé qu'il avait signé le décret Du conseil présidentiel de lutte contre la corruption. Les présents ont reçu pour instructions d'"organiser le travail de cette structure". Quant aux absents, en premier lieu les membres de l'Union russe des industriels et des entrepreneurs préoccupés par l'attaque lancée par le Parquet général de Russie contre Youkos, il leur a été signalé que ceux qui payent consciencieusement leurs impôts et qui ne s'immiscent pas dans la politique seront protégés de l'arbitraire des fonctionnaires, écrit Kommersant.

La pratique montre que les organes de ce genre sont mis en place non pas pour régler des problèmes concrets mais pour faire baisser la pression. Par exemple, le 16 juin 1997 le président Boris Eltsine avait créé la Commission d'Etat de défense des droits des investisseurs sur les marchés financiers. Cette commission dirigée par le premier ministre d'alors, Viktor Tchernomyrdine, comprenait des responsables de toutes les branches du pouvoir. Son seul membre à être resté au service de l'Etat est le vice-premier ministre Alexeï Koudrine. Depuis que cette commission a été mise en place aucune information sur son activité n'a été communiquée.

Nézavissimaïa gazéta

Un nouveau round de négociations sur l'adhésion de la Russie à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) a débuté à Washington. Cette fois notre pays a pour partenaires les Américains, relève le journal. C'est une nouvelle étape de l'incessant processus de négociations. Si un compromis quelconque n'intervenait pas prochainement, une suspension des pourparlers ne serait pas à écarter. La Nézavissimaïa gazéta a appris auprès d'une source au ministère russe du Développement économique et du Commerce que la partie russe était arrivée à une limite qu'elle s'interdisait de franchir.

Le quotidien rappelle qu'avant les Américains les "bureaucrates européens" avaient érigé un mur sur la voie menant la Russie à l'OMC. Les négociations menées à la mi-octobre à Rome avaient échoué en raison de la rigueur des exigences émises par la Commission européenne à l'égard de la Russie en ce qui concerne le commerce des produits énergétiques.

Cependant, on ne saurait oublier que les exigences les plus dures en la matière sont émises à la Russie non pas par les Etats-Unis, mais par l'Europe et la Chine, souligne le journal. Et bien qu'à Rome la Russie et l'Union européenne se soient entendues pour que notre pays adhère à l'OMC d'ici à la fin de 2004, les experts expriment des doutes quant au respect de ce délai.

Troud

On peut dire sans exagérer que ces jours derniers une nouvelle page de l'histoire contemporaine de l'Eglise orthodoxe russe s'est inscrite à Moscou, écrit Troud. Pour la première fois des pourparlers officiels ont eu lieu entre les plus hauts dirigeants de l'EOR et une délégation de l'Eglise orthodoxe russe à l'étranger. Ils ont été consacrés à la recherche des moyens à mettre en oeuvre pour parvenir à l'unité religieuse.

Le journal cite l'opinion de deux participants aux pourparlers qui se sont tenus dans la plus grande confidentialité. Le métropolite de Minsk et de Sloutsk Philaret et exarque patriarcal pour la Biélorussie: "Cette rencontre des deux parties était attendue l'âme en éveil: nous sommes tous tourmentés par le péché de la scission qui cause du mal à l'Eglise orthodoxe russe. Nous invitons tous les membres de notre Eglise, ceux d'ici et ceux de là-bas, à prier et à oeuvrer au processus historique de notre rapprochement".

L'archevêque de Berlin et d'Allemagne Mark: "Ce qui m'a profondément touché, c'est que notre rencontre ne ressemblait pas du tout aux pourparlers officiels ordinaires, elle était empreinte d'amour fraternel. La dimension spirituelle de cet événement nous insuffle des forces pour avancer encore dans la voie du rapprochement".

Gazéta

Une exposition de fusils d'assaut Kalachkikov s'est ouverte au Musée de l'armée néerlandaise. Une cinquantaine de versions de cette arme y est présentée. Mikhaïl Kalachnikov, le "père" du fameux fusil d'assaut, a accordé une interview à la Gazéta.

Question: Ne regrettez-vous pas que les 70 millions de Kalachnikov qui ont été fabriqués de par le monde ne vous aient procuré aucun avantage matériel substantiel?

Réponse: En Union soviétique tout était géré par l'Etat. Lorsque l'on vendait des armes à l'étranger, on ne demandait pas leur avis à ceux qui les avaient conçues. Que l'on possède un brevet ou non importait peu. Humainement parlant, c'est peut-être vexant. Parfois on me dit qu'Eugène Stoner (le concepteur du fusil automatique américain M-16) possède un avion, un hélicoptère et un solide compte en banque. C'est vrai. Seulement il vit dans un pays et moi dans un autre où des lois différentes sont en vigueur. Cependant il ne faudrait pas croire que je me sente humilié. Non. Montrez-moi un ingénieur d'études étranger connus, jouissant de toutes sortes de biens, à qui de son vivant on aurait érigé un buste dans sa patrie. On m'en a édifié un pour mes deux titres de Héros. Un musée a aussi été construit en mon honneur. Alors, suis-je tellement avili? L'argent ne fait pas le bonheur, ça c'est bien vrai.

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