"Un secteur énergétique sûr et fiable est trop important pour un pays pour qu'il soit entièrement à la merci du marché libre", a dit le vice-ministre russe intervenant jeudi au Forum de la sécurité énergétique à Genève. A son avis, "l'Etat ne doit pas avoir peur de contrôler strictement les principaux indices technologiques, dont le niveau de production, les cadences de prélèvement des matières premières, etc." Viktor Kalioujny a insisté sur la nécessité du maintien en Russie d'un contrôle public sur les grands oléoducs.
D'autre part, le vice-ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie a démenti l'opinion selon laquelle cette politique constituerait "une dérogation aux principes du marché". "Je dirai franchement que cette opinion est erronée, tous, y compris dans le secteur énergétique de l'Europe, ont besoin de cette approche", a-t-il dit.
La Russie est intéressée aux investissements occidentaux mais elle ne saura admettre la domination du capital étranger dans son secteur énergétique, a indiqué Viktor Kalioujny.
"Je suis persuadé que les investisseurs étranges sérieux s'en rendent bien compte. Ils ne seront pas arrêtés par la volonté de l'Etat russe, bien fondée d'ailleurs, de nettoyer la branche des éléments criminels", a indiqué le vice-ministre des Affaires étrangères.
Dans l'économie mondiale, la Russie ne se contentera pas du rôle de fournisseur de matières premières, a-t-il souligné. Je vous le dirai franchement : le rôle de fournisseur de matières premières pour les économies développées n'est pas pour la Russie", a-t-il dit.
Pour ce qui est de l'élargissement des possibilités d'exportation de la Russie, le dernier mot est en la matière à l'Etat, "du moment que les intérêts de la nation et ceux de certaines compagnies peuvent ne pas coïncider".
Les pays occidentaux émettent des critiques régulières contre la Russie pour les prix intérieurs des produits énergétiques, exigeant de les porter au niveau des cours mondiaux, a-t-il rappelé. "A l'avenir, à force de respecter les lois du marché, nous nous approcherons certes de ce niveau. Mais avant que cela ait lieu, notre économie dans son ensemble doit accéder à ce niveau", a indiqué Viktor Kalioujny.