La résolution russe sur le Proche-Orient approuvée par le Conseil de sécurité

S'abonner
par Marianna Belenkaia, RIA-Novosti

Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté unanimement jeudi, sur proposition de la Russie, la résolution approuvant la "feuille de route", plan de règlement du conflit proche-oriental.

L'adoption de cette résolution attribue à ce plan un statut juridique international, ce qui est essentiel aujourd'hui.

La "feuille de route" a été rendue publique au printemps 2003 par le quartet des médiateurs internationaux au Proche-Orient (Russie, Etats-Unis, Union européenne et ONU) et a été approuvée ensuite par les Palestiniens et les Israéliens (il est vrai, ces derniers, ont fait des réserves). Tout en acceptant la "feuille de route", ils ne s'engageaient pas officiellement à l'appliquer, ce qui était le problème principal. Comme l'a fait remarquer Serguei Lavrov, ambassadeur russe auprès des Nations Unies, ce n'est qu'après l'adoption de la "feuille de route" sous forme de résolution du Conseil de sécurité qu'elle "a acquis un statut de document obligatoire". Cela veut dire que la non-application de ce plan peut entraîner théoriquement des sanctions.

Les Palestiniens ont salué la résolution de l'ONU, les Israéliens en sont mécontents, car ils se prononcent, en principe, contre la médiation active de la communauté internationale dans le domaine du règlement, en estimant que la solution doit être trouvée par les deux parties engagées dans le conflit. Mais il convient de souligner qu'Israël demande, en cas de nécessité, la médiation des Etats-Unis et de la Russie, pour qu'ils exercent l'influence ou fassent pression sur les Palestiniens. Par conséquent, la médiation internationale n'est pas si inutile, bien qu'il soit incontestable que, tant que les Israéliens et les Palestiniens ne s'entendront pas, toutes les résolutions seront inutiles.

Le nouveau statut de la "feuille de route" ne signifie pas que les parties engagées dans le conflit l'appliqueront sans réserve. Les résolutions du Conseil de sécurité ont été maintes fois violées ou totalement méprisées, notamment par les Palestiniens et les Israéliens. Mais la vie confirmait la justesse des diplomates et les parties opposées se rendaient peu à peu compte de la nécessité de respecter les documents internationaux. C'était le cas de la résolution 242 adoptée après la guerre arabo-israélienne de 1967, de la résolution 425 sur le Liban et d'autres résolutions sur le règlement du conflit proche-oriental adoptées par le Conseil de sécurité. Evidemment, elles n'ont pas été toutes entièrement appliquées, mais, si, au moment de leur adoption, les parties en conflit jugeaient impossible d'accepter tels ou tels compromis, leur position changeait quelque temps après. Il était difficile se représenter qu'Israël signe l'accord de paix avec l'Egypte et la Jordanie et que l'Autorité palestinienne soit fondée, le retrait des troupes israéliennes du territoire libanais semblait inimaginable. Aujourd'hui, c'est la réalité. Les diplomates peuvent attendre, mais plus le temps passe et plus nombreuses deviennent les victimes du conflit.

Les deux parties doivent respecter leurs engagements : telle est l'idée maîtresse de la récente réunion du Conseil de sécurité. Le président américain George Bush a exigé la même chose au cours de sa visite à Londres. Il a formulé d'une façon assez rigide la position de la communauté mondiale. Israël "doit geler la construction de colonies de peuplement, cesser d'offenser quotidiennement le peuple palestinien et ne doit pas créer, en construisant des murs et des enceintes, une opinion préconçue sur les négociations définitives". Quant aux Palestiniens, le président américain les a invités à employer des moyens pacifiques dans les rapports avec Israël.

Pour l'instant, on a l'impression que ni les exigences de George Bush, ni les remarques faites de façon instante par l'ONU ne sont perçues par les deux parties. Ari Mekel, représentant de la délégation israélienne à l'ONU, a déclaré: "Nous avons besoin d'actes, et pas de paroles". Il a exprimé l'espoir que les Palestiniens mettraient fin à l'infrastructure du terrorisme sur leur territoire".

Le ministre palestinien Saeb Erekat a fait remarquer que le "mur de sécurité" en voie de construction par Israël "entrave le processus de paix". Autrement dit, les Israéliens et les Palestiniens préfèrent de nouveau parler de défauts d'autrui, et non pas de leurs propres défauts.

Mais il se peut que ces propos soient destinés à impressionner le public, alors qu'un dialogue plus constructif est mené pendant les rencontres bilatérales. Les négociations entre les deux premiers ministres, Ariel Sharon (Israël) et Ahmed Qorei (Palestine), doivent avoir lieu la semaine prochaine. Si les négociateurs avaient l'intention de se borner à échanger les accusations réciproques, il est peu probable qu'elles seront nécessaires. C'est le paradoxe de la politique proche-orientale: en public, les leaders s'accusent l'un l'autre, mais ils s'entendent dans les couloirs, ce qui laisse perplexe l'opinion publique habitué à entendre parler de confrontation et non pas de paix.

MOSCOU, 20 novembre

Fil d’actu
0
Pour participer aux discussions, identifiez-vous ou créez-vous un compte
loader
Chat
Заголовок открываемого материала