Revue de la presse russe du 19 novembre

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Izvestia

Commentant les résultats de la réunion des responsables du ministère de la Défense, à laquelle Vladimir Poutine a pris part et qui s'est tenue en présence de plusieurs dizaines de journalistes spécialisés, les Izvestia relèvent que "l'armée doit parler avec la société, correspondre aux impératifs de l'heure, prendre en compte, dans sa préparation, l'expérience des derniers conflits et guerres. D'une manière générale, être telle que le contribuable sache comment son argent est utilisé et ne regrette pas qu'il soit dépensé pour entretenir cette armée. Pour la première fois les chefs militaires ont évoqué les acquis chiffrés mais aussi le sort des hommes.

Depuis que le civil Sergueï Ivanov est à la tête du département militaire, les mesures protocolaires de routine ont laissé la place à de véritables "briefings" auxquels succèdent des décisions, souligne le journal. Le niveau de la responsabilité pour l'exécution est défini par la présence du président.

Les Izvestia citent des propos tenus par Sergueï Ivanov lors de la réunion: "On voudrait que tout le monde comprenne, et pas seulement ceux qui se trouvent dans cette salle, que des temps nouveaux sont arrivés, réclamant une refonte de la psychologie du haut commandement. De chaque commandant d'arme ou d'armée, de district, de formation j'attends les propositions les plus inattendues et singulières en matière de perfectionnement de la préparation des forces armées".

Kommersant

La Douma (chambre basse du parlement russe) a adopté en deuxième lecture la nouvelle rédaction du Code pénal soumise par Vladimir Poutine. Les amendements modifient surtout le principe de la punition pour les crimes économiques, y compris la fraude fiscale, relève Kommersant. Les personnes ayant dissimulé des sommes devant revenir à l'Etat séjourneront en prison moins longtemps mais paieront des amendes plus élevées. Les innovations concernent aussi le "détenu économique" le plus célèbre à ce jour, Mikhaïl Khodorkovski.

Le journal précise: Vu le règlement d'adoption des lois, le document devrait être adopté définitivement avant la fin de l'année. Il sera probablement applicable à Mikhaïl Khodorkovski, inculpé pour évasion fiscale. Si l'homme d'affaires est traduit devant la justice et si au moment de la prononciation du verdict la nouvelle rédaction du Code pénal a pris effet, une législation plus libérale sera appliquée.

Nézavissimaïa gazéta

Une période agitée a commencé pour le premier ministre Mikhaïl Kassianov, estime le journal. Une partie de l'opinion politisée pense même qu'il pourrait quitter le siège du gouvernement d'un jour à l'autre. D'autres sont persuadés que le sort du premier ministre dépendra des résultats des élections législatives (le 7 décembre prochain) ou de la présidentielle (mars 2004). Au sein du gouvernement on ne commente pas, du moins officiellement, les rumeurs sur une mise à l'écart de Mikhaïl Kassianov. Quant à l'intéressé, il continue de se rendre à l'étranger en visites officielles. Actuellement, il se trouve en Finlande. Une source gouvernementale haut placée a déclaré au quotidien que les bruits sur un départ éventuel du chef du gouvernement étaient sans fondement. Selon elle, le premier ministre n'a pas écrit de lettre de démission, il n'y a pas non plus de raison d'attendre qu'il soit remercié par le président ou fasse l'objet d'une motion de censure à la Douma. On relève au sein du gouvernement que depuis trois ans que Mikhaïl Kassianov assume les fonctions de premier ministre il y a toujours eu des rumeurs concernant sa mise à l'écart et qu'elles ne se sont jamais matérialisées. Qui plus est, la source gouvernementale souligne que la détérioration des rapports entre le premier ministre et le président n'existe que pour ceux qui colportent ces rumeurs et que par conséquent, il n'y a pas lieu d'évoquer une éventuelle démission.

Cependant, pour la Nézavissimaïa gazéta Mikhaïl Kassianov ne peut pas ne pas songer à son travail ultérieur au poste de chef du gouvernement. Après la présidentielle, il devra démissionner comme le stipule la Constitution. Maintenant la question est de savoir si ce sera une démission formelle ou un départ définitif. Si la dernière probabilité est assez grande, alors pour le premier ministre il serait peut-être mieux de partir de son plein gré bien plus tôt. Les législatives pourraient l'aider à prendre une décision, écrit la Nézavissimaïa gazéta.

Troud

Sous le titre "Distorsion" le quotidien relève, en prenant pour exemple la région industrielle de Samara (Volga moyenne), le fait inquiétant qu'en Russie les spécialistes diplômés du supérieur deviennent plus nombreux que les ouvriers qualifiés.

On ne compte plus les gestionnaires, juristes, économistes et comptables, écrit Troud. Si des mesures ne sont pas prises, demain les jeunes diplômés pourront prendre immédiatement le chemin de la bourse de l'emploi. Les professions de tourneur, soudeur et serrurier sont considérées avec dédain par la jeune génération qui préfère le terme étranger "manager" à la consonance oh combien plus suave. Seulement après l'épidémie de faillites et les problèmes engendrés par la perestroïka, on enregistre enfin une reprise de la production industrielle dans les entreprises. La demande d'ouvriers qualifiés grimpe en flèche.

Mais à Samara on recense moins de dix écoles techniques formant des spécialistes pour l'industrie. Par contre, on dénombre dans la ville quelque 130 établissements d'enseignement supérieur publics et municipaux, filiales et représentations comprises. Une grande désillusion attend la moitié de leurs promus qui ne trouvent pas un emploi conforme à leur formation. Cette situation semble prévaloir dans le reste du pays, constate Troud.

Gazéta

La Russie va devoir faire face à une grave épidémie de grippe, que même la vaccination ne pourra endiguer, annonce le journal. Tous les ans en Russie de 30 à 50 millions de personnes sont frappées par des maladies infectieuses, dont 70 pour cent par la grippe. Ce mal emporte quelque 1.500 vies annuellement. Cette année on s'attend à ce que l'épidémie soit particulièrement redoutable. A cet égard le ministère de la Santé recommande la vaccination. Cependant, les praticiens estiment que celle-ci n'est pas une panacée. Pour eux, le vaccin n'est efficace qu'à 75 pour cent. En outre, l'immunité ne dure qu'un an, au-delà une nouvelle vaccination s'impose.

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