Interview accordée à RIA Novosti par le porte-parole officiel du ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, Alexandre Yakovenko, à l'occasion de la prochaine visite du ministre sud-coréen des Affaires étrangères, Yun Yong-kwan, en Russie

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Question : On vient d'annoncer que le ministre des Affaires étrangères et du Commerce extérieur de la République de Corée, Yun Yong-kwan, effectuerait une visite à Moscou du 16 au 18 novembre. Quel impact pourrait-elle avoir sur le développement des relations entre la Russie et la Corée du Sud ?

Réponse : La première visite officielle que le ministre des Affaires étrangères et du Commerce extérieur de la République de Corée, Yun Yong-kwan, effectuera du 16 au 18 novembre en Russie (il est entré en fonction en février 2003) s'inscrit dans le cadre des contacts russo-sud-coréens réguliers de haut niveau, témoignage d'un dialogue politique invariablement actif entre les deux pays.

Depuis le début de cette année la République de Corée a reçu des visites du président du Conseil de la Fédération Serguéi Mironov et du ministre de la Défense Serguéi Ivanov, en avril, et une session ordinaire de la Commission russo-coréenne pour la coopération économique, scientifique et technique, en juillet. Moscou a été le lieu d'entretiens avec le vice-ministre sud-coréen des Affaires étrangères et du Commerce extérieur, Kim Han Ken, le représentant du président sud-coréen, Cho Sun Hyon, le secrétaire du Conseil de sécurité nationale auprès du président de la République, Na Jong Il, le vice-ministre des Affaires étrangères et du Commerce extérieur, Lee Soo-hyuck, alors qu'à Séoul, ont eu lieu des consultations au niveau des chefs adjoints des diplomaties sur les relations bilatérales, les problèmes internationaux et la situation dans la péninsule de Corée.

Du point de vue politique, la prochaine visite est considérée à Moscou comme une confirmation de l'intention sud-coréenne, annoncée par le président, No Mu-hyon, de continuer à renforcer le partenariat constructif avec la Russie et de lui donner une dimension nouvelle et un niveau plus élevé. La partie russe partage cette aspiration aussi bien au niveau bilatéral que dans l'arène internationale.

La visite de Yun Yong-kwan acquiert une signification particulière à la lumière des résultats de la première rencontre, le 21 octobre, à Bangkok, des présidents de nos deux pays dans le cadre du forum de l'APEC où ils ont confirmé leur politique de développement tous azimuts des relations russo-sud-coréennes.

Le programme de la visite prévoit une cérémonie officielle d'inauguration de la nouvelle ambassade de République de Corée à Moscou. Une cérémonie analogue a eu lieu à Séoul en juillet 2002 lors de l'ouverture d'un nouvel ensemble de bâtiments de l'ambassade russe qui s'est déroulée en présence de notre ministre des Affaires étrangères, Igor Ivanov.

Question : Quelles sont les principaux problèmes qui seront abordés lors des pourparlers entre Igor Ivanov et Yun Yong-kwan ?

Réponse : Après la rencontre des ministres des Affaires étrangères de la Russie et de la République de Corée en septembre à New York, au cours des travaux de la 58e session de l'Assemblée générale de l'ONU, un échange approfondi et circonstancié de vues sur les problèmes des relations bilatérales est attendu à Moscou.

A Moscou, les ministres ne passeront pas naturellement outre au problème de la coopération économique tripartite, entre la Russie, la Corée du Sud et la Corée du Nord, d'autant que la Russie et la République de Corée constatent l'existence de réserves et de potentialités considérables en souffrance. Il s'agit du fameux projet de reconstruction des voies ferrées coréennes et de leur jonction avec le Transsibérien, de l'étude de projets pétrogaziers communs. Nous estimons que la réalisation de ces plans avec la participation de la Russie, de la République de Corée et de la RDPC procurera des avantages aussi bien économiques que politiques et contribuera à la stabilisation de la situation dans la péninsule et dans l'ensemble de la région.

Les problèmes liés à la péninsule de Corée, tout particulièrement la situation autour du "programme nucléaire nord-coréen", demandent une analyse spéciale et très méticuleuse. Nous estimons que le potentiel du processus de négociation sur sa normalisation est loin d'être épuisé et qu'il est possible de faire revenir la RDCP au régime de non-prolifération nucléaire.

Pour ce faire, il est nécessaire d'assurer un règlement global, par un "paquet de mesures", de ce problème et ce règlement doit sous-entendre finalement la dénucléarisation de la péninsule de Corée, le retour de la RDPC au Traité de non-prolifération en même temps que la garantie de sa sécurité et de sa souveraineté, et la création de conditions nécessaires à un développement économique normal.

Nous avons réagi avec satisfaction à la déclaration du président du sommet de l'APEC du 21 octobre, concertée à Bangkok avec notre participation active, qui souligne l'aspiration des pays membres à normaliser la situation dans la péninsule de Corée par des moyens pacifiques, par voie de dialogue et de prise en considération des préoccupations des parties, y compris de la déclaration par la RDPC de sa préoccupation en matière de sa sécurité. Nous saluons les efforts déployés pour dissiper les préoccupations, nous avons soutenu l'idée de la poursuite des négociations à six et celle de la réalisation d'un progrès concret et contrôlable afin d'assurer pleinement et pour toujours le statut dénucléarisé de la péninsule de Corée.

La perspective de la poursuite et de l'intensification du dialogue intercoréen en tant que facteur essentiel de sécurité et de stabilité dans la péninsule de Corée, facteur d'assainissement de la difficile situation qui y règne actuellement, acquiert une importance particulière. La Russie soutient invariablement toute amélioration des relations entre le Nord et le Sud dans les divers domaines jusqu'à la réunification pacifique de la Corée.

A Moscou, les ministres pourront également aborder d'autres problèmes internationaux d'actualité comme la situation en Asie-Pacifique, la normalisation d'après-guerre en Irak, le règlement au Proche-Orient, la lutte contre le terrorisme international et d'autres.

Question : A quel point fructueux est le développement des relations économiques entre la Russie et la République de Corée ?

Réponse : La République de Corée est l'un des partenaires les plus importants de la Russie en Asie. En 2002, le chiffre d'affaires des échanges commerciaux bilatéraux s'est élevé à 3,28 milliards de dollars, les exportations russes se montant à 2,22 milliards de dollars. Les investissements sud-coréens en Russie ont atteint 202 millions de dollars. Plusieurs projets d'envergure de coopération économique sont à l'étude.

Des possibilités nouvelles de développement du partenariat dans le domaine du commerce et de l'investissement s'offrent après l'entente sur le règlement du problème de la dette de la Russie envers la République de Corée (2 milliards de dollars environ). L'accord intergouvernemental en la matière a été signé le 18 septembre dernier à Moscou. Nous comptons sur une plus large participation du capital sud-coréen aux activités économiques sur le territoire de notre pays et nous sommes, à notre tour, prêts à prendre des mesures pour donner à nos relations économiques un caractère plus ample et durable.

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