L'Iran lève les obstacles à la construction de centrales nucléaires

S'abonner
Par Tatiana Sinitsyna, RIA Novosti

L'Iran a annoncé officiellement qu'il était disposé à signer le protocole additionnel au Traité de non-prolifération des armes nucléaires. Cela signifie que ce pays s'ouvre entièrement à la coopération avec l'AIEA et soumet tous ses programmes nucléaires à son contrôle. Faisant preuve de tolérance et de bon sens, Téhéran a fait ce que la Russie et d'autres pays lui demandaient depuis longtemps: rendre son programme nucléaire entièrement transparent. Il importe aussi que l'Iran ait aussi de son plein gré introduit un moratoire sur le programme d'enrichissement d'uranium. Le secrétaire d'Etat et vice-ministre russe de l'Energie atomique, Valéri Govoroukhine, a déclaré que "ce fait peut être présenté comme une victoire diplomatique de la Russie, de l'ensemble de la communauté mondiale et aussi de l'Iran à l'égard duquel toutes les questions sont levées. Quant à l'AIEA, elles dispose de plus grandes possibilités de contrôle: venues quasiment sans préavis, inspections sur soupçons, possibilité de visite de sites qui ne sont pas officiellement déclarés, de prélever des échantillons de l'environnement. La Russie elle aussi y a gagné: à présent nous pouvons plus sereinement coopérer avec l'Iran dans le domaine de la construction de centrales nucléaires".

Il est symbolique que cette nouvelle importante pour la communauté internationale ait été annoncée lundi à Moscou, pendant la rencontre au Kremlin entre Vladimir Poutine et le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale de l'Iran, Hassan Rouhani. La Russie et l'Iran ont de profonds liens historiques, de solides traditions de bon voisinage, qui prédisposent à la coopération et aussi à la confiance et à la franchise. Selon Valéri Govoroukhine, le caractère des pourparlers qui ont eu lieu au Kremlin témoigne de la confiance grandissante entre la Russie et l'Iran, de l'extension des possibilités de coopération. La Russie s'est déjà vu proposer de construire le réacteur numéro deux de la centrale de Bushehr. Les projets énergétiques de l'Iran ouvrent également d'autres perspectives.

Moscou est sévèrement critiqué, surtout par les Etats-Unis, pour sa coopération nucléaire avec l'Iran. Pourtant, la Charte de l'AIEA prévoit que si un Etat non nucléaire décide de développer l'électronucléaire, signe le Traité de non-prolifération des armes nucléaires et prend des engagements internationaux, alors une autre puissance peut parfaitement l'aider en la matière. La coopération de la Russie avec l'Iran correspond pleinement à cette formulation. Au niveau des experts on sait pertinemment qu'aucune des deux parties n'enfreint le règlement. Quoi qu'il en soit, on a accusé la Russie de livrer à l'Iran des technologies "sensibles" pouvant permettre à ce pays d'accéder à l'arme nucléaire et insisté auprès d'elle pour qu'elle renonce à un avantageux contrat de 800 millions de dollars concernant la fourniture d'équipements pour le réacteur numéro un que la Russie s'est engagée à achever à la place de Siemens.

A l'époque, cette société allemande avait entrepris de construire à Bushehr deux réacteurs nucléaires de même type que les russes. Pour des considérations politiques, le chantier avait été arrêté. L'Iran avait alors demandé et obtenu l'assistance de la Russie. Un contrat avait été conclu, en vertu duquel le réacteur numéro un de la centrale de Bushehr est en construction. Ce réacteur VVER-1000 devrait être livré en 2005 et soumis aux premier essais de divergence l'année suivante.

La question sur laquelle on bute aujourd'hui est de savoir quand le combustible commencera être livré à Bushehr. La Russie s'apprête à passer avec l'Iran un accord international stipulant le retour en Russie du combustible nucléaire usé pour y être stocké et transformé. Le document est en cours d'examen dans les départements concernés des deux pays, les parties se penchent encore sur l'aspect commercial du marché.

La livraison du combustible nucléaire pour la centrale de Bushehr sera contrôlée par les commissaires de l'AIEA. Le lieu de son stockage a été homologué et mis en exploitation. Il s'agit d'un site ultra-protégé équipé notamment de caméras de télévision dont certaines appartiennent à l'AIEA. Jusqu'à présent l'Iran ne s'est pas écarté d'un pouce du TNP. Son acceptation de signer le protocole additionnel lève les obstacles empêchant l'extension des capacités énergétiques de ce pays.

Fil d’actu
0
Pour participer aux discussions, identifiez-vous ou créez-vous un compte
loader
Chat
Заголовок открываемого материала