Tue Nov 11 14:18:03 2003

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"Revue de la presse russe du 11 novembre#

VEDOMOSTI

Le 27 octobre, dans sa première intervention publique après l'arrestation de Mikhaïl Khodorkovski, le patron de Ioukos, Vladimir Poutine avait chargé le gouvernement de préparer ses propositions sur la création d'un "système spécial de lutte contre la corruption". Le projet de nouveau document a été soumis au Kremlin à la fin de la semaine dernière, note le journal.

Khodorkovski était l'un de ceux qui avaient posé la question de la corruption au cours de la rencontre d'une délégation de l'Union des industriels et des chefs d'entreprise de Russie avec le chef de l'Etat le 19 février. "Il est peu probable qu'on puisse en finir avec la corruption de notre vivant mais il est possible de la reléguer au moins à l'arrière plan", avait-il dit alors. Cet objectif pourrait être atteint, selon le patron de la compagnie pétrolière, en privant le fonctionnaire de la possibilité de régler les problèmes financiers à sa guise. Mais lorsque Khodorkovski avait émis un doute sur l'honnêteté de l'acquisition par "Rosneft" de la société "Severnaïa neft" pour 600 millions de dollars, Vladimir Poutine avait posé à l'orateur la question, rhétorique, de savoir comment Ioukos s'était adjugé ses gisements excédentaires, avant de déclarer : "Je renvoie la balle dans votre camp".

Le document anti-corruption a été préparé par les efforts d'une dizaine de ministères, dont celui de l'Intérieur, mais c'est le ministère du Développement économique et du Commerce qui en a fait la synthèse comportant une centaine de mesures à long et à court terme.

L'approche "globale" qui ne promet pas de campagne punitive contre la corruption doit plaire au président. Au cours de sa rencontre avec les policiers, il a souligné, hier, que la lutte contre la corruption serait menée "avec calme, sans forcer mais de façon conséquente et intransigeante". "Dans un cas de corruption il y a toujours deux parties, celle qui donne l'argent et celle qui l'empoche, et on ne sait pas toujours qui est le plus coupable", dissertait le président lors de la conférence de presse le 6 novembre à Rome.

IZVESTIA

"Il faut que Khodorkovski garde des millions et non pas des milliards", a dit dans une interview aux "Izvestia" le gouverneur de Saratov, Dmitri Aïatskov, l'un des derniers chefs régionaux rencontrés par le patron de Ioukos avant son arrestation.

Notre entretien a commencé par des souvenirs désagréables, dit Dmitri Aïatskov. Il est venu sur notre marché en 1991 et a pris en gestion l'entreprise chimique "Nitron" qui fournissait 25% du budget régional. Il a trouvé le moyen de la privatiser pour la "tuer", a licencié le personnel et a tout abandonné. Il fallait chercher un autre acquéreur, un homme sérieux. Ce fut Vaguit Alekperov, le chef de Lukoil. Il a relevé l'entreprise de ses cendres, a fait revenir le personnel et aujourd'hui "Saratovorgsintez" est l'une des meilleures entreprises en Russie et en Europe. Autant dire que la rancoeur existe toujours mais elle est compensée dans une certaine mesure par une autre entreprise, celle des engrais minéraux de Balakovo. La situation était la même, mais le groupe MENATEP est venu et a remis l'usine d'aplomb.

Interrogé sur son attitude envers les oligarques, le gouverneur de Saratov a dit qu'il tenait en suspicion les personnes qui ont su amasser des milliards de dollars en une dizaine d'années. A l'époque de la privatisation sauvage, certains avaient un accès plus large à l'information que d'autres. Ils ont raflé les meilleurs morceaux : les gisements de pétrole, le gaz, la métallurgie. "Si je dis cela ce n'est pas pour tout récupérer, poursuit le gouverneur. Il faut reprendre le surprofit à ces structures par la voie légale. Si Khodorkovski n'est pas coupable, il a une excellente occasion de se délasser de ses problèmes pendant deux mois. Seulement il n'était pas obligatoire de le mettre aux arrêts. Il faut faire intervenir la loi pour lui prendre tant d'impôts qu'il ne lui restera que des millions et non pas des milliards de bénéfices. Pour qu'il puisse développer tranquillement ses entreprises, monter des affaires plutôt que disposer à sa guise des biens et faire, tel grand seigneur, l'aumône au peuple. La Russie a déjà connu cela au XIXe siècle", a dit Dmitri Aïatskov.

GAZETA

Le magnat australien des médias Rupert Murdock veut acheter "NTV-Plus", lit-on dans le quotidien "Gazeta". Des consultations ont eu lieu avec le propriétaire de la chaîne de télévision satellitaire "Gazprom-Média". A Moscou, on n'exclut pas que l'achat de "NTV-Plus", qui peut avoir lieu au début de 2005 au plus tôt, soit la première étape de la réorganisation du holding des médias de "Gazprom".

Bien que Alexandre Dybal, directeur général de "Gazprom-Média", compagnie qui contrôle les actifs des médias de "Gazprom", ait reconnu qu'il s'était entretenu avec les dirigeants de News Corp., il a déclaré au quotidien "Gazeta" que les négociations sur la vente des actions n'avaient pas lieu.

La chaîne de télévision satellitaire "NTV-Plus" était l'un des projets les plus risqués de Vladimir Goussinski et, jusqu'à a ces derniers temps, le plus onéreux. D'après une information publiée par le quotidien "Gazeta", sur les 700 millions de dollars de la dette de "Média-Most" assumée par le holding "Gazprom-Média" en 2001, les emprunts de "NTV-Plus" constituaient environ 250 millions, dont 46 millions de dollars de dette de la compagnie envers les chaînes de télévision occidentales Discovery, BBC, CNN et Fashion TV.

La Russie a adopté une loi fédérale interdisant aux compagnies étrangères de détenir le bloc de contrôle des actions de médias russes. Les actionnaires de NTV-Plus sont actuellement "Eurofinance" (34 %) et "Gazprom-Média" (76 %). En 2004, la compagnie pourra avoir 270 000 à 300 000 abonnés. Pour assurer l'équilibre du fonctionnement de la compagnie, il faut avoir 320 000 abonnés.

GAZETA

Le Parquet de Tomsk a engagé une nouvelle action en justice concernant la compagie "IOUKOS". L'affaire "Tomskneft" a commencé par la requête adressée par le général Valeri Manilov, premier vice-président du Comité de défense et de sécurité du Conseil de la Fédération (chambre haute du parlement russe), au Parquet général. D'après ses données, "Tomskneft-BNK" (faisant partie de IOUKOS) a "omis" de verser au budget, d'octobre 1998 à mai 1999, 80 millions de dollars, en effectuant sciemment des paiements fiscaux par l'intermédiaire de la banque insolvable "MENATEP" (qui fait partie de l'empire de Mikhail Khodorkovski).

Ces manipulations ont semblé suspectes aux yeux du parquet. Comme on le lit dans la décision sur cette action en justice, depuis janvier 1999, la banque "MENATEP" était inscrite sur la liste des établissements de crédit qui ne virent pas en temps opportun les impôts et les taxes au budget. Cette information a été publiée dans le "Bulletin de la Banque de Russie" ("Vestnik Banka Rossii") le 5 novembre 1998, ce que les dirigeants de "Tomskneft" ne pouvaient pas ignorer.

VEDOMOSTI

Les problèmes de la compagnie "IOUKOS" n'ont pas détourné les investisseurs étrangers du pétrole russe, écrit le journal "Vedomosti". La corporation américaine ConocoPhillips est en pourparlers avec "LUKOIL" sur la création d'une exploitation pétrolière mixte en Russie. La corporation américaine aurait l'intention d'acheter plus de 10 % des actions de "LUKOIL". Le prix du marché de ce paquet est de 1,7 à 2,5 milliards de dollars.

Comme l'a fait savoir au journal "Vedomosti" Guennadi Krassovski, chef du Département des contacts avec les investisseurs de "LOUKOIL", sa compagnie mène effectivement des pourparlers sur une alliance stratégique avec ConocoPhillips. Mais le représentant de "LOUKOIL" n'a pas précisé quelle serait la participation de la corporation américaine.

Conoco-Phillips, sixième compagnie pétrogazière du monde, est implantée dans 40 pays. L'année dernière, elle a extrait plus de 34 millions de tonnes de pétrole et près de 21 milliards de mètres cubes de gaz, en réalisant 57,2 milliards de dollars de bénéfices. Elle occupe la première place aux Etats-Unis pour le raffinage de pétrole (12 raffineries de pétrole et 17 000 points de vente). La corporation ConocoPhillips détient en Russie 50 % des actions de la Société par actions "Poliarnoie siyanié" (District autonome des Nénets) qui a extrait l'année dernière près de 2 millions de tonnes de pétrole.

Selon une autre source de la compagnie, "LUKOIL" et Conoco ont, en fait, repris les pourparlers sur la mise au point commune du projet "Territoires du Nord": un groupe de gisements dans le District autonome des Nénets ayant des réserves de 1 milliard de barils de pétrole et 63 milliards de mètres cubes de gaz. Les licences pour ces gisements appartiennent aux structures de "LUKOIL", la corporatoin ConocoPhillips est prête à l'aider à financer ce projet.

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