Les écologistes militaires russes sonnent le tocsin

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par Viktor Litovkine, RIA-Novosti

Le général Alevtin Iounak, chef de la Direction de sécurité écologique des Forces armées russes, est responsable de la sécurité écologique des ouvrages militaires de l'Armée et de la Flotte russes, ainsi que du "ménage" des polygones, des aérodromes et des entrepôts de carburant et de lubrifiants. Il est également chargé de l'écologie des lieux de stationnement des sous-marins atomiques retirés du service, des cosmodromes et de leur périmètre d'enceinte, de leur nettoyage des séquelles de l'activité quotidienne des militaires. En effet, tout ce qui circule, vole, sillonne les mers, est tiré et lancé dans l'espace extra-atmosphérique ne peut pas ne pas avoir d'impact sur l'environnement, la nature et la santé des hommes. Les écologistes militaires ont pour tâche d'en réduire au maximum les effets nocifs, de purifier la terre de la boue technologique, de protéger la nature et les hommes.

Comme l'a dit le général Alevtin Iounak, le nettoyage des aérodromes des produits pétroliers déversés est le problème le plus ardu. L'armée russe compte plus de vingt ouvrages à risque de ce genre. La situation la plus grave s'est créée dans la région de la Volga où, dans les environs de la ville d'Engels, environ 20 000 tonnes de carburant d'aviation se sont déversées de trois réservoirs troués. Il en est de même dans la localité d'Oukraïnka en Extrême-Orient russe où s'est formé un entonnoir de 20 à 25 mètres de profondeur rempli de 20 000 tonnes de kérosène, ainsi que dans la région de la mer d'Azov où, à proximité de la ville d'Eïsk, un lac de 40 000 tonnes de kérosène s'approche de plus en plus du golfe de Taganrog, menaçant de transformer la mer d'Azov en "zone morte". Enfin, dans les environs de Moscou, près de l'aérodrome militaire central de Tchkalovsk, le kérosène (environ 3 000 tonnes) qui s'est déversé des réservoirs troués a déjà pénétré dans les sous-sols des maisons d'habitation de la cité militaire en rendant pratiquement insupportable la vie des pilotes et des membres de leurs familles.

Il faut au moins 5 à 7 ans pour éliminer ces "lacs" sans porter préjudice à l'environnement, affirme Alevtin Iounak. Ces estimations se fondent sur l'expérience étrangère, notamment sur celle de l'aérodrome militaire de Lehrte (RFA). Cette période comprend l'analyse de la situation de crise, l'élaboration du projet visant à y remédier, l'approbation du projet par les diverses instances chargées de l'environnement, l'appel d'offres pour l'organisation des travaux de dépannage et, pour finir, le processus de nettoyage.

Dans la ville d'Engels, les travaux ont lieu depuis 1994, les conséquences de l'écoulement de carburant et de lubrifiants de tous les réservoirs troués y ont déjà été liquidées. A ce propos, le ministère de la Défense a acquitté une amende de 30 millions de roubles pour les avaries survenues aux dépôts de carburant. A la fin de l'année, le premier des trois secteurs du territoire nettoyé des hydrocarbures déversés sera présenté aux autorités locales. Le deuxième secteur sera nettoyé l'année prochaine, puis ce sera le tour du troisième. Parallèlement, des travaux battent leur plein sur les aérodromes de Tchkalovsk et d'Eïsk.

MOSCOU, 29 octobre

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