IZVESTIA
Commentant l'arrestation de l'homme le plus riche de Russie, Mikhaïl Khodorkovski, chef de la société Youkos, le journal fait observer que "cet événement pourrait constituer un tournant dans l'histoire moderne" du pays. Cette arrestation "concerne non seulement le business mais aussi l'ensemble de la société. Vivons-nous déjà dans un autre pays ou n'est-ce qu'un cas isolé de la lutte entre l'Etat et les oligarques ? Nous aurons la réponse prochainement".
A quelques heures de son arrestation, Mikhaïl Khodorkovski a répondu aux questions des Izvestia.
Question : Le procureur général adjoint, Vladimir Kolesnikov, a déclaré que le Parquet avait des griefs sérieux à l'encontre de certains dirigeants de Youkos. Personnellement, vous n'en avez pas peur?
Réponse : Pour moi, les démarches des structures de l'ordre cachent un aspect politique. Tous les dossiers instruits sur Youkos sont stériles. Nous sommes la compagnie numéro un en Russie en matière de capitalisation et de transparence. On cherche à nous "remettre à notre place". Il leur faut faire un exemple et montrer que même le business le plus transparent de Russie ne peut pas se sentir en sécurité. Je ne suis pas sûr que cela soit conforme aux intérêts du gouvernement et du président. Mais je suis d'accord avec les juges d'instruction sur un seul point - comme eux, je ne voudrais pas que Khodorkovski soit jeté en prison".
Question : Comment avez-vous réagi à la visite des agents du Service fédéral de sécurité à l'école fréquentée par votre fille ? Ne vous semble-t-il pas que les méthodes utilisées par les forces de l'ordre dépassent les bornes ?
Réponse : Je veux que vous me compreniez. Je ne peux pas commenter la question de ma fille. Quant aux méthodes... Dans une société civilisée, elles sont inadmissibles. Il me semble que c'est là l'ultime bataille".
KOMMERSANT
Un schéma de gestion d'exception a été décrété à Youkos au lendemain de l'arrestation de Mikhaïl Khodorkovski. Le journal Kommersant en avait parlé en juillet dernier. Selon ce schéma, si les arrestations continuent, la gestion de Youkos passera aux étrangers qui sont "inaccessibles" pour le Parquet russe. C'est ce qui est arrivé samedi, la gestion opérationnelle de la société a été confiée à un Américain, le premier vice-président de Yukos Moscow, Stephen Michael Theede.
Ce schéma a été élaboré après l'arrestation du co-propriétaire de la société et chef du Group Menatep, Platon Lebedev. Ce groupe avait fait savoir, rappelle le quotidien, que si M.Khodorkovski était proclamé incapable d'exercice ou mort, seul un copropriétaire de la société pouvait devenir bénéficiaire du trust. Des sources internes au Groupe ont indiqué hier au journal Kommersant que "l'arrestation n'est pas une interdiction, le bénéficiaire du trust reste donc le même et c'est toujours M. Khodorkovski".
GAZETA
Les premiers ministres russe et ukrainien sont convenus vendredi que la construction de la digue à la frontière entre les deux pays serait arrêtée. En échange, Kiev a accepté de retirer de l'isthme de Touzla ses gardes-frontières et de mener les négociations sur le statut de la mer d'Azov et du détroit de Kertch, c'est ce que Moscou recherchait depuis longtemps.
De retour à Kiev, le premier ministre ukrainien Yanoukovitch a immédiatement oublié les promesses qu'il avait données à Moscou. Les gardes-frontières ukrainiens restent à Touzla. Les Russes ont poursuivi la construction de la digue. Des sources de la Gazeta proches du gouvernement ont reconnu pour la première fois que, pour Moscou, construire cette digue est moins le moyen de sécuriser son littoral contre l'érosion que d'établir un contrôle efficace des ressources naturelles de la mer d'Azov.
VREMIA NOVOSTEI
A l'ambassadeur biélorusse à Moscou, Vladimir Grigoriev, le ministère russe des Affaires étrangères a adressé une note suite aux propos de caractère inamical tenus à l'égard de la Russie par Alexandre Loukachenko. Le président biélorusse a accusé Moscou de vouloir affaiblir le Traité d'union entre les deux pays. "Je suis formellement contre, ce serait ma mort politique", a-t-il déclaré.
Selon lui, "les dirigeants russes ne sont pas prêts à partager leur pouvoir". A franchement parler, Alexandre Loukachenko l'avait déjà dit. Qui plus est, il avait estimé qu' "il n'y a pas d'impasse dans l'union russo-biélorusse". Interviewé par un journaliste à ce sujet, il s'est référé aux évaluations pessimistes concernant le processus de réunification des deux pays émises par des "sources anonymes" au sein de l'élite politique russe.
Mais le président ne s'est pas arrêté là, prononçant la phrase qui aurait peut être le plus heurté Moscou : "Il se peut qu'un président ne doive pas s'exprimer à ce sujet mais, cette source anonyme, nous la connaissons. C'est le conseiller du président Sergueï Prikhodko qui a un metteur en scène, Alexandre Volochine" (Ce dernier est le chef de l'administration du président Poutine).
Alexandre Loukachenko a accusé MM. Prikhodko et Volochine de s'opposer à la réunification russo-biélorusse.
VEDOMOSTI
Au troisième trimestre, le chiffre d'affaires des échanges extérieurs russes a atteint son maximum historique depuis ces dix dernières années. Le business a su profiter d'une conjoncture favorable et la hausse des exportations a presque fidèlement suivi la hausse des cours. Quant aux importations, elles devraient dépasser, en coût, les indices de 1997 (année de précrise). Selon les données non définitives du ministère du Développement économique et du Commerce, en septembre, les exportations russes se sont chiffrées à 11 milliards de dollars contre 6,3 milliards pour les importations. En un trimestre, les exportations russes de marchandises et de services se sont chiffrées à 33,8 milliards de dollars, et les importations à 19,1 milliards. Avec 53 milliards de dollars de chiffres d'affaires, la Russie n'a jamais connu un pareil résultat trimestriel.
IZVESTIA
La Cour des comptes de Russie a appelé l'Etat à introduire son monopole sur la vodka. Mais les contrôleurs financiers proposent un monopole contenant des éléments du marché. Par exemple, celui-ci pourrait être géré par les centrales Rosspirtprom et Soyuzplodmport. Sur le marché, leurs idées ne sont pas comprises, écrivent les Izvestia. "Qu'est-ce que veut dire le monopole de l'Etat sur la production de vodka ? Le consommateur n'aura pas donc de choix ?" s'interrogent les producteurs. Selon eux, la proposition de la Cour ressemble à la tentative de décréter le socialisme dans une branche prise séparément".