INTERVIEW du mufti de Tchétchénie Akhmad Khadji Chamaiev: les Tchétchènes doivent s'unir

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Du scrutin du 5 octobre, la Tchétchénie est sortie avec un pouvoir réel qui défendra les intérêts de son peuple. Jusqu'ici, ce pouvoir réel lui manquait. En tant que mufti de Tchétchénie, je déclare que les élections tchétchènes ont été honnêtes. Notre tâche consiste maintenant à unir le peuple tchétchène.

Il ne faut pas s'étonner du taux élevé de participation à ces élections. En Tchétchénie, il est de mise de se soumettre à la volonté des aînés et des membres respectés de la société. Les chefs de famille ou de clan avaient expliqué aux leurs la nécessité d'aller voter. C'est pourquoi les électeurs se sont rendus massivement aux bureaux de vote. Le peuple tchétchène a fait son choix.

Les Tchétchènes avaient attentivement étudié les candidats à la présidence. Ceux qui se sont retirés de la course auraient pu enregistrer un certain nombre de voix. En effet, parmi ceux qui se sont désistés, il y a des personnes respectées en Tchétchénie, notamment pour l'aide qu'ils accordent à notre peuple. Mais, dans leur majorité, les Tchétchènes et les candidats à la présidence se rendent bien compte de la gravité de la situation, de la difficulté d'être à la hauteur. Tous ne sont pas prêts à assumer le fardeau de la responsabilité pour les destinées de la Tchétchénie. Ce ne sont pas les dernières élections dans la république, et les candidats malheureux cette fois-ci pourront encore tenter leur chance. Quant à moi, je pense qu'aujourd'hui, personne d'autre que Akhmad Kadyrov n'est en mesure de rien faire de concret pour la Tchétchénie. Et les résultats du scrutin nous ont clairement montré ce que pensait le peuple tchétchène de Kadyrov.

Pour les musulmans tchétchènes, il est également important qu'il s'agisse d'un ex-mufti. Pour nous, la fonction passée de Kadyrov revêt une grande signification. De plus, les élections tchétchènes ont montré au monde entier que personne n'était persécuté en Russie pour des considérations religieuses, que la tolérance était de mise envers les croyants et les serviteurs du culte.

Après les élections, il faut aller de l'avant. Nous avons devant nous un objectif important : unir le peuple de la république et toutes les communautés tchétchènes hors la république. Sans cela, il n'y aura pas de stabilisation. J'invite donc les hommes politiques tchétchènes, candidats défaits aux élections, à unir leurs efforts pour le bien de la république. Nous serons heureux si Malik Saïdoulaev, Oumar Djabraïlov, Aslanbek Aslakhanov et les nombreux hommes d'affaires tchétchènes vivant hors de la Tchétchénie continuaient à aider le peuple tchétchène. Nous avons élu un président : unissons-nous sous un même drapeau ! Pardonnons-nous les uns les autres, oublions nos rancunes. En ma qualité de mufti de Tchétchénie, je ferai de mon mieux pour éviter une rupture dans le processus de normalisation.

Pour cela, nous devons travailler avec le président tchétchène et le futur parlement de Tchétchénie. Il nous incombe de déployer un important effort idéologique pour expliquer à tous les Tchétchènes que le terrorisme et l'extrémisme n'ont rien à voir avec l'Islam. Nous devons mettre un terme aux haines au sein de la société tchétchène elle-même. Des commissions de réconciliation mènent déjà un travail en ce sens. A la veille du scrutin, le 4 octobre, une manifestation de réconciliation pantchétchène avait eu lieu à Chali. Les vendettas s'étaient arrêtées. Nous avons montré au monde entier et à nous-mêmes que les Tchétchènes peuvent s'unir et pardonner les offenses que nous nous sommes faites les uns aux autres durant ces dix dernières années.

Bien des problèmes restent en suspens, mais nous voulons les régler nous-mêmes, entre nous. Nous laverons notre linge sale en famille.

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