LES PRESIDENTS RUSSE ET BIELORUSSE ONT DISCUTE DES PROBLEMES DE L'EDIFICATION DE L'UNION RUSSIE-BIELORUSSIE

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MOSCOU, 14 octobre (RIA-Novosti). Lors d'une rencontre informelle au Kremlin, le Président de la Fédération de Russie, Vladimir Poutine, et le Président de la Biélorussie, Alexandre Loukachenko, ont discuté des problèmes liés à l'introduction de la monnaie unique, ainsi que des questions concernant la mise au point de l'Acte constitutionnel de l'Union Russie-Biélorussie.

Comme le rapporte une source au Kremlin, l'entente d'avoir une telle discussion informelle sur le rouble unique et l'Acte constitutionnel de l'Union Russie-Biélorussie après la réunion du Conseil d'Etat supérieur de la Russie et de la Biélorussie avait été enregistrée encore à l'étape de la préparation de ladite réunion.

Selon la même source, il a été décidé que cette discussion informelle engagerait tous ceux qui participeraient à la réunion de mardi du Conseil d'Etat supérieur de la Russie et de la Biélorussie à Moscou. La raison pour laquelle la discussion en question avait été mise en dehors du cadre de la réunion officielle a été expliquée par la source comme suit: "Pour ne pas politiser autre mesure toutes ces questions".

L'Acte constitutionnel, en tant que tel, n'existe pas pour le moment, a indiqué la source, en expliquant cette situation qui s'est créée aux négociations russo-biélorusses.

"Il est toujours un grand nombre de projets d'Acte constitutionnel, y compris ceux qui a soumis le président de la Douma d'Etat (Chambre basse du Parlement russe), Guennadi Seleznev", a fait remarquer le représentant du Kremlin. Cela dit, il s'est montré assez critique face à certains d'entre eux.

Evoquant l'historique du problème, l'homme a rappelé qu'en 1999, le traité sur la création de l'Union Russie-Biélorussie avait été signé. Ce document entendait l'adoption d'un Acte constitutionnel. En 2001, Moscou a proposé d'apporter dans le traité des amendements visant à délimiter nettement les compétences entre les organes de l'Union, d'une part, et ceux de la Russie, de l'autre.

En 2001, la Russie a proposé que, dans la Constitution de l'Union Russie-Biélorussie, soit fixé un modèle qui se rapproche de celui de l'Union européenne (UE). D'après Moscou, les lois qui seraient adoptées par le Parlement de l'Union Russie-Biélorussie sur la base de son Acte constitutionnel, devraient par la suite être ratifiées par les Parlements russes et biélorusse et signés, en conséquence, par les deux Présidents.

Pourtant, Minsk a insisté sur le fait que les amendements en question ne soient pas apportés au traité, mais à l'Acte constitutionnel.

Comme résultat, un groupe a été formé avec Guennadi Seleznev à sa tête en vue de préparer l'Acte constitutionnel. Mais même alors, dans le cadre de ce groupe, la partie biélorusse a fait tout pour éviter les amendements proposés par la Russie.

"Quand l'élaboration de l'Acte constitutionnel s'est pratiquement immobilisée, nous avons proposé de travailler plus énergiquement sur le volet économique", a précisé le représentant du Kremlin. C'est à ce moment précis que des projets ont surgi dans le secteur gazier et concernant l'introduction de la monnaie unique.

"Force est de reconnaître qu'un sort très difficile a été réservé à tous ces projets", a fait remarquer la source.

Ainsi, la Biélorussie a voulu que le gaz russe lui soit fourni à ces même tarifs qui sont en cours à l'intérieur de la Russie. Moscou l'a accepté, mais à condition qu'en contrepartie, la Biélorussie établisse, elle, un prix raisonnable pour le transit du gaz russe à travers le territoire biélorusse. "Les parties n'ont pas réussi à s'entendre là-dessus", a noté la source.

Abordant la situation relative à "Beltransgaz" (compagnie publique de transport de gaz en Biélorussie), le représentant du Kremlin a constaté que ce problème n'était toujours pas réglé. C'est que Minsk a évalué "Beltransgaz" à des milliards de dollars, a indiqué la source. "En Russie, pas un seul ouvrage gazier ne coûte autant", a souligné le représentant du Kremlin.

Pour ce qui est de l'introduction de la monnaie unique, tout le travail préparatoire en est déjà fait. "Tout y est mis au point jusqu'au plus infime des détails... Et voilà que la Biélorussie nous propose de retourner à l'Acte constitutionnel", a signalé le représentant du Kremlin, en qualifiant d'impasse la situation actuelle.

Interrogée sur les causes de cette situation, la source a indiqué: "Je pense que Loukachenko se préoccupe plutôt de sa propre place politique (au sein de la future structure de l'Union Russie-Biélorussie)".

Cela dit, la source a laissé entendre que la Russie préférerait la création d'un "quasi Etat" du type de l'Union européenne pour qu'à l'avenir, d'autres participants y puissent adhérer.

"On dirait que la Biélorussie n'y est pas hostile, mais elle ne dit pas non plus "oui", a noté le représentant du Kremlin. "En ce qui nous concerne, nous y adoptons une approche souple et constructive", a-t-il dit, tout en rappelant qu'il existe aussi une variante de fusion de ces deux Etats, mais seulement dans le cadre de la Fédération de Russie.

"Moscou n'a nullement l'intention de dramatiser la situation ni de la faire mousser au détriment de la Biélorussie", a signalé le représentant du Kremlin. Cela dit, il n'a pas exclu que la Russie engage des négociations avec Minsk sur le retour des crédits débloqués pour stabilisation du rouble biélorusse en prévision du passage à la monnaie unique. Dans le même temps, il a souligné que si la Biélorussie a besoin d'assistance, Moscou n'hésitera pas à l'aider.

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