LES JOURNEES DE LA CULTURE BULGARE EN RUSSIE

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MOSCOU, 30 septembre (par notre commentateur Boris Petrov). Les Journées de la culture bulgare ont commencé en Fédération de Russie. Cette fois-ci, elles sont consacrées au 125-ème anniversaire de la libération de la Bulgarie du joug ottoman et du rétablissement de l'Etat bulgare. Inaugurées solennellement au Bolchoï de Moscou, elles se poursuivront dans les vieilles villes russes - Vladimir et Yaroslavl. Auparavant, en mars dernier, les Journées de la culture de la Fédération de Russie se sont déroulées avec beaucoup de succès en Bulgarie.

A signaler que les Russes ont attendu depuis longtemps et avec la plus grande impatience cette rencontre avec leurs frères slaves qui sont venus en Russie avec un très riche programme culturelle. Quoi que l'on en dise, mais ces deux pays sont liés par l'histoire millénaire commune. Bien plus, la Russie et la Bulgarie ont une même écriture depuis le milieu du IX-ème siècle. C'est alors justement que les civilisateurs Cyril et Méthode avaient inventé l'alphabet slave, utilisé depuis par les Russes et les Bulgares.

Certes, il y a eu, tout au long de l'histoire, des périodes qui n'étaient pas du tout sans problèmes. On pourrait y citer, entre autres, la dernière décennie, celle du refroidissement manifeste dans les relations entre Moscou et Sofia. C'était sans doute l'effet des tendances centrifuges résultant de l'éclatement du "système du socialisme" et de l'Organisation du Traité de Varsovie au sein desquels il y avait eu un "frère aîné" et des "frères cadets".

"Aujourd'hui, on a sans doute tout lieu de constater que les presque dix ans de dégradation dans les relations entre la Russie et la Bulgarie sont devenus à jamais l'apanage du passé", a déclaré le Président de la Fédération de Russie, Vladimir Poutine, en intervenant à la cérémonie d'ouverture des Journées de la Bulgarie à Moscou. Comme l'a fait remarquer le chef de l'Etat russe, les deux pays sont en train de trouver aujourd'hui de nouveaux points communs. Bien plus, la Bulgarie est "un pays que nous aimons tous et en qui nous plaçons toute notre confiance", a noté Vladimir Poutine. Le Président russe a souligné que l'amitié entre la Russie et la Bulgarie avait de très profondes racines où les destins mêmes des deux peuples étaient le plus étroitement liés. Et d'ajouter: "La communauté culturelle et linguistique confère à nos relations un caractère tout à fait particulier, de sorte que nous avons de quoi être fiers et de quoi nous souvenir".

Tout porte à croire que ce point de vue de la partie russe est aussi partagé par l'actuelle direction bulgare. Et ce n'est certes pas l'effet du hasard si le Président de la Bulgarie, Georgi Parvanov, est arrivé à Moscou en visite d'un seul jour pour assister, entre autres, à l'ouverture des Journées. Il a dit en substance, en intervenant à la cérémonie d'ouverture: "Il est difficile de trouver dans l'histoire de l'Europe un autre exemple de rapports spirituels, tels qui se poursuivent entre nos deux pays depuis plus d'un millénaire. Cette affinité qui existe entre nos deux peuples est "puissante et stable" et elle a bien passé l'épreuve du temps", a souligné le président bulgare. Georgi Parvanov a qualifié ces Journées de la culture bulgare en Russie d'accord solennel de 2003, année sans doute la plus dynamique et la plus fructueuse dans les relations entre les deux pays.

Or, dans le courant même de ce mois de septembre, le Président de la Bulgarie était déjà venu en Russie. Le 6 septembre dernier, il avait été reçu, à Sotchi, par Vladimir Poutine. Alors, il s'agissait principalement de la coopération humanitaire. La partie russe y a cité parmi les grandes priorités la levée du régime des visas. Tout en saluant l'intégration de la Bulgarie à l'Union européenne (UE), Moscou espère quand même que ce processus ne se soldera pas par l'apparition de nouveaux obstacles pour les contacts entre les gens et le développement des affaires. C'est que la renaissance des contacts culturels et intellectuels entre les peuples ne manque en général pas de resserrer toujours plus les contacts économiques.

A Sotchi, les Présidents russe et bulgare ont passé en revue l'ensemble des relations bilatérales, et tout particulièrement, en ce qui concerne la coopération entre les deux pays dans le domaine de l'énergie. Ils ont aussi abordé les problèmes clés de la vie internationale et ce, compte tenu du fait qu'en 2004, la Bulgarie assumera la présidence tournante à l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). Pour ce qui est des affaires strictement dites, on peut se féliciter du développement stable et continu des rapports bilatéraux dans la sphère énergétique. Les hydrocarbures constituent plus de 90% de exportations russes vers la Bulgarie. Ainsi, en 2002, la Russie a livré en Bulgarie 5,5 millions de tonnes de brut, 3 milliards de mètres cubes de gaz et 100% de tout le combustible nucléaire consommé en Bulgarie. A travers le territoire bulgare, le gaz russe est exporté vers la Turquie, la Grèce et la Macédoine. En 2002, le chiffre d'affaire du commerce entre la Russie et la Bulgarie s'est monté à 1,4 milliard de dollars. Ce n'est certes pas beaucoup, mais la tendance à la croissance est évidente. La Russie a investi dans l'économie bulgare quelque 500 millions de dollars, dont la part essentielle revient aux compagnies "Lukoil" et "Gazprom". Moscou et Sofia ont aussi des projets conjoints très prometteurs dans les constructions mécaniques, l'industrie légère et les transports.

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