Dans son intervention à la réunion du groupe de travail de l'Organisation internationale des organes supérieurs de contrôle financier, tenue à Moscou, le contrôleur en chef de la Russie a précisé que la légalisation des revenus illicites s'opérait principalement par les zones offshore. Des sociétés écrans sont également largement utilisées à ces fins dans différentes régions du monde.
Selon Serguéi Stepachine, l'argent blanchi à l'étranger revient souvent en Russie sous forme d'investissements, de prêts consentis par des banques ou sociétés étrangères, de loyer pour des peudo-baux et des pseudo-services ou de remboursement du surcoût des marchandises.
Le chef de la Cour des comptes a souligné que le pays produit depuis ces dernières années des efforts énergiques pour mettre en place un système national de lutte contre la légalisation des revenus criminels. Une loi définissant les modalités de contrôle des opérations financières douteuses est entrée en vigueur au début de l'année dernière. Les crimes de ce genre sont passibles de dix à quinze ans de privation de liberté.
Cependant, la législation russe en la matière est toujours imparfaite et a besoin d'être modifiée, estime Serguéi Stepachine. Par exemple, en violation de la pratique internationale, aucune responsabilité n'est prévue pour le blanchiment des montants inférieurs à 30 000 dollars. Nul ne peut également être poursuivi en justice en Russie si la source des revenus illicites est l'évasion fiscale ou le non-paiement des droits de douane.
"Si des modifications appropriées sont apportées à la législation, de nombreux groupes financiers et industriels se sentiront mal à l'aise dans notre pays", estime le chef de la Cour des comptes de la Russie.