Cet avis a été exprimé lundi dans une interview à RIA-Novosti par le chef de secteur de la Biélorussie de l'Institut des pays des pays de la CEI Alexandre Fadeev.
"Le président Loukachenko estime que, pour des considérations politiques, la Russie évitera d'exacerber les tensions actuelles. Mais il est dans l'erreur, personne en Russie ne confond l'intégration et la prise de position personnelle de Loukachenko", a-t-il estimé.
Samedi dernier, le premier ministre russe Mikhaïl Kassianov déclarait que l'accord sur l'utilisation du rouble russe en tant que moyen de paiement unique ne pouvait être signé prochainement "suite à une position des dirigeants biélorusses". Il a donné alors à comprendre que cela constituait un frein notable pour l'intégration économique des deux pays.
La semaine dernière, la société russe Gazprom a fait savoir que les désaccords avec la partie biélorusse en ce qui concerne les perspectives de la coopération en matière gazière étaient "fondamentaux et insurmontables", et a proposé au gouvernement d'arrêter les négociations en cours avec la Biélorussie. Mikhaïl Kassianov a dit qu'il partageait ces préoccupations de Gazprom.
Commentant cette position, Alexandre Fadeev a dit que les négociations gazières avec les Biélorusses étaient dans l'impasse. Depuis 2003, Minsk bénéficie des prix intérieurs russes, mais les parties ne peuvent s'entendre ni sur les volumes à exporter ni sur les prix de ces livraisons pour 2004.
"Ainsi Alexandre Loukachenko risque-t-il d'exposer l'économie de son pays à de rudes épreuves, elle ne saura éviter une crise", a estimé le chercheur. "En Biélorussie, tout est défini par le président ; il est donc question d'une politique présidentielle non constructive", a-t-il ajouté. 0- EK/