"Aujourd'hui, la position russe est tout à fait claire et juste, à mon avis. La Russie estime que l'Iran ne doit pas avoir de bombe nucléaire. Il n'y a pas de raisons pour croire que le programme nucléaire du régime iranien est absolument transparent", a indiqué le président de la fondation "Politique" Viatcheslav Nikonov.
"Ce n'est pas le changement de la position russe qui présente un problème, mais l'Iran lui-même", a noté, de son côté, le vice-président de la Douma (chambre basse du parlement russe) Vladimir Loukine.
La Russie aide l'Iran à construire une centrale nucléaire à Bouchehr, mais c'est un projet civil qui ne suscite presque pas de craintes de la communauté mondiale, a-t-il rappelé.
La Russie a assorti la poursuite des travaux à Bouchehr de deux conditions. L'Iran doit signer un accord sur le renvoi du combustible irradié en Russie et un protocole supplémentaire avec l'AIEA.
L'Iran se dit prêt à signer l'accord avec la Russie à tout moment et explique le retard par certaines formalités russes.
"Il n'est pas vrai que l'Iran est prêt à signer l'accord sur le renvoi du combustible nucléaire usé à n'importe quel moment, puisque la variante qu'il propose ne convient à personne, nous non plus", a relevé M.Nikonov. "Si vous avez l'intention de renvoyer le combustible irradié et si tout le combustible que vous allez utilisé sera importé, pourquoi avez-vous besoin de centrifugeuses pour enrichir l'uranium?", s'est interrogé le politologue.
L'uranium provenant des gisements iraniens ne suffira pas pour assurer le fonctionnement d'un seul réacteur, mais suffira pour la création de plusieurs bombes nucléaires", a-t-il souligné.
Le projet de Bouchehr a permis à l'Iran de former des spécialistes dans le domaine du nucléaire et de promouvoir un programme nucléaire, ont estimé les participants à la conférence.
"L'Iran a mené la réalisation du projet a une étape où la Russie a de la peine de faire des pas en arrière", a estimé M.Loukine.
D'ailleurs, il n'existe pas encore de danger réel et il n'y a pas de raisons pour renoncer au projet de Bouchehr.
"S'il y a un danger réel, nos intérêts d'Etat doivent l'emporter sur les intérêts économiques. Nous ne devons pas nous laisser encercler par des petits et moyens Etats nucléaires. Cela est absolument contraire à nos intérêts nationaux", a dit M.Loukine pour conclure.