Les récents affrontements à la frontière israélo-syrienne constituent une provocation orchestrée par le président syrien Bachar el-Assad afin de détourner l'attention internationale de la crise qui mine son pays, estime le président de l'Institut russe du Proche-Orient, Evgueni Satanovski.
"Il s'agit d'une provocation ourdie par les autorités syriennes. Si votre pays se trouve au seuil d'une guerre civile et que vous allez être renversé, il faut remplacer la guerre interne par une guerre extérieure", a indiqué M.Satanovski dans une interview accordée lundi à RIA Novosti.
Des centaines de Palestiniens et de Syriens ont tenté dimanche dernier de pénétrer sur le plateau du Golan, un territoire syrien annexé par Israël, pour commémorer la Naksa, la défaite des forces arabes face à l'Etat hébreu lors de la Guerre des Six Jours en juin 1967. Des affrontements ont éclaté avec les forces de l'ordre israéliennes, faisant 23 morts parmi les manifestants.
Depuis le 15 mars, le régime syrien fait face à une contestation populaire inédite. Les manifestations syriennes s'inscrivent dans le prolongement des troubles qui secouent le monde arabe depuis plusieurs mois. Pour calmer le mécontentement populaire, le président Bachar al-Assad a levé l'état d'urgence, en vigueur depuis 1963, et a annoncé des réformes économiques et politiques. Malgré ces mesures, la révolte populaire prend de l'ampleur.