Kouriles: 65 ans de litige entre la Russie et le Japon

© RIA Novosti . Alexander Liskine / Accéder à la base multimédiaKouriles
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Depuis 1955 la Russie et le Japon sont en train de négocier un traité de paix du fait que l'URSS, fidèle à ses engagements d'alliée, avait déclaré en 1945 la guerre au Japon militariste.

Depuis 1955 la Russie et le Japon sont en train de négocier un traité de paix du fait que l'URSS, fidèle à ses engagements d'alliée, avait déclaré en 1945 la guerre au Japon militariste.

La déclaration conjointe signée entre l'URSS et le Japon le 19 octobre 1956 a mis fin à l'état de guerre et rétabli les relations diplomatiques et consulaires entre les deux pays. Les relations interétatiques ont été rétablies par la signature d'une Déclaration conjointe et non pas d'un traité de paix en raison des divergences sur le bornage frontalier d'après-guerre. La Déclaration prévoit la poursuite des négociations sur la conclusion d'un traité de paix.

Le Japon réclame les Kouriles du Sud : Kounachir, Itouroup et le petit archipel, se référant au Traité russo-japonais sur le commerce et la frontière de 1855 qui reconnaît leur appartenance au Japon, ainsi que du fait que ces îles ne font pas partie des territoires auxquels le Japon a renoncé aux termes du Traité de paix de San Francisco de 1951.

L'URSS avait nié, avant 1991, l'existence du problème territorial dans ses relations avec le Japon. Pour la première fois, l'existence de ce problème a été constatée par la Déclaration conjointe de 1991 signée au vu des résultats d'une visite du président soviétique à Tokyo.
En 1993, à Tokyo, le président de la Russie et le premier ministre du Japon ont signé une Déclaration sur les relations russo-japonaises constatant l'accord des deux parties de poursuivre les négociations pour conclure dans les meilleurs délais un traité de paix en réglant le problème de l'appartenance des îles litigieuses.

La Russie a déclaré aussi son intention de retirer toutes ses forces armées des Kouriles du Sud, à l'exception des garde-frontières.
En novembre 1997, lors d'une rencontre informelle au sommet de Krasnoïarsk, les parties se sont entendues pour produire le maximum d'effort afin de conclure un traité de paix vers 2000 sur la base de la Déclaration de Tokyo. En février 1998 une commission bilatérale pour le traité de paix dirigée par les ministres des Affaires étrangères a été créée.

Conformément à la Déclaration de Moscou sur le partenariat constructif entre la Russie et le Japon signé par le président russe et le premier ministre japonais le 13 novembre 1998 et prévoyant, entre autres, la relance des négociations sur le traité de paix, les deux parties ont décidé de créer dans le cadre de la commission bilatérale susmentionnée deux sous-commissions dirigées par les ministres des Affaires étrangères et dont l'une était chargée des problèmes du bornage territorial et l'autre de l'activité économique conjointe dans les Kouriles.
Depuis ces dernières années, afin de créer une atmosphère favorable à la recherche de solutions mutuellement acceptables, les deux pays accordent une attention soutenue à la coopération bilatérale pratique dans la région des îles.
La réalisation, démarrée en septembre 1999, de l'entente sur la procédure facilitée des visites des îles par leurs anciens habitants japonais et leurs parents a été l'un des premiers résultats de ce travail. La coopération se développe dans la pêche sur la base de l'Accord bilatéral sur la pêche dans la zone des Kouriles du Sud signé le 21 février 1998.

Depuis 1992, les Japonais visitent les Kouriles et les habitants des îles le Japon sans demander de visa.
En septembre 2000, au cours d'une visite du président russe Vladimir Poutine à Tokyo les deux parties ont signé un Programme de coopération bilatérale dans le développement de l'activité économique conjointe dans la zone des Kouriles du Sud.

Adopté au cours de la visite officielle du premier ministre japonais en Russie du 9 au 12 janvier 2003, le Plan d'actions constate, entre autres, la détermination des parties de déployer des efforts pour conclure un traité de paix à la date la plus proche possible. Le document oriente les deux pays sur la poursuite des négociations en développant la coopération dans la zone des îles et en approfondissant les relations dans les domaines "connexes".

Aux termes des ententes bilatérales intervenues au plus haut niveau, les questions liées à la conclusion d'un traité de paix sont étudiées au niveau des ministères des Affaires étrangères, mais les voies conduisant à une solution mutuellement acceptable n'ont pas encore été trouvées en raison des divergences sur le problème du bornage frontalier.

En ce qui concerne le bornage frontalier, la position russe consiste en ce que les Kouriles du Sud ont été rattachées à la Russie de plein droit à la fin de la Seconde guerre mondiale conformément aux ententes entre les puissances alliées (Accords de Yalta du 11 février 1945 et Déclaration de Potsdam du 26 juillet 1945).

Confirmant son attachement aux ententes antérieures relatives aux négociations sur le traité de paix, y compris sur le bornage frontalier, la partie russe souligne que le règlement de ce problème doit être atteint d'un commun accord sans porter préjudice à la souveraineté et aux intérêts nationaux de la Russie.

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