Les missiles S-300 pour l'Iran et l'ABM en Europe de l'Est n'étaient que sur le papier (médias)

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MOSCOU, 24 septembre - RIA Novosti. Moscou savait que les Etats-Unis lui demanderaient, en réponse au renoncement au déploiement d'éléments de la défense antimissile (ABM) en Pologne et en République tchèque, de ne pas livrer les systèmes de missiles antiaériens S-300 à l'Iran ou, au moins, de l'ajourner. Le Kremlin était prêt à cet échange virtuel, lit-on jeudi dans le quotidien RBC daily.

"Medvedev et Obama sont prêts à s'échanger des cadeaux virtuels, a indiqué une source au ministère russe des Affaires étrangères, tenant à rester anonyme. Les Américains renoncent au déploiement du bouclier antimissile en Pologne et en République tchèque, auquel ils avaient d'ailleurs l'intention de renoncer et, en réponse, nous ajournons les livraisons des S-300, lesquels d'ailleurs nous n'avons pas hâte pas d'expédier".

Le contrat de livraison des S-300 à Téhéran a été conclu avec la Russie en 2005 en réponse au retrait des Etats-Unis en 2003 du traité ABM soviéto-américain datant de 1972. Depuis, les missiles n'ont toujours pas été livrés et, l'essentiel, la formation du personnel iranien destiné à les entretenir n'a toujours pas commencé.

"Pour que le S-300 se transforme, de métal sur roues, en unité de combat réelle, il faut des spécialistes dont la formation prend au moins un an", a expliqué l'analyste du Centre de sécurité mondiale de l'Institut de l'économie mondiale et des relations internationales de l'Académie des sciences de Russie, Vladimir Evseïev. L'inutilité des systèmes de missiles antiaériens sans personnel a été demontrée, l'année dernière, par l'expérience de la Géorgie avec l'Ukraine. Celle-ci avait fourni à Tbilissi des systèmes de missiles sol-air Bouk, mais elle n'avait pas eu le temps d'apprendre aux Géorgiens à les manier. En fin de compte, les spécialistes ukrainiens avaient dû se mettre eux-mêmes aux pupitres de commande des systèmes de missiles antiaériens.

Par ailleurs, a ajouté Vladimir Evseïev, on ne comprend pas très bien d'où est-ce que la Russie prendrait les systèmes S-300 en quantité suffisante pour les livrer à l'Iran. "Ce système a été retiré de la production en 2004, a rappelé l'expert. En ce moment, la DCA russe passe au système S-400". Les S-300 destinés à l'Iran devraient être soit retirés du service, soit rachetés à d'autres pays où ils équipent les armées, par exemple, à la Biélorussie.

Le report à une date ultérieure des livraisons des S-300 à l'Iran permettra aux présidents russe et américain de poursuivre la politique de "redémarrage" des relations bilatérales adoptée lors des rencontres précédentes entre Dmitri Medvedev et Barack Obama. Cette transaction qu'est l'échange de l'ABM contre les S-300 peut être présentée par les présidents à leurs citoyens respectifs comme premier résultat tangible de la nouvelle politique.

Ce texte tiré de la presse russe n'engage pas la responsabilité de RIA Novosti.

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