Présentement le Turkménistan est le principal exportateur de gaz naturel en Asie centrale. Sur les quelque 60 milliards de mètres cubes de gaz extrait en 2005, Achkhabad en a exporté plus de 45 milliards, principalement en Russie et en Ukraine. Actuellement le combustible turkmène est livré dans ces pays à raison de 65 dollars les 1.000 mètres cubes alors qu'en Europe le prix se situe dans une fourchette allant de 200 à 250 dollars. C'est la raison pour laquelle les dirigeants de ce pays annoncent régulièrement des projets de grande envergure concernant la construction de gazoducs transcaspien, transafghan ou chinois. Si seulement quelques uns de ces projets étaient réalisés, Achkhabad pourrait choisir les itinéraires de transit de son gaz et imposer ses conditions aux pays consommateurs.
Pour Valeri Nesterov, analyste de Troïka Dialog, ces dernières années les émissaires occidentaux multiplient les déplacements dans les pays d'Asie centrale, une zone d'intérêts russes par excellence. Il y a eu en effet les visites de ce même Steven Mann, et aussi celles du vice-président des Etats-Unis, Dick Cheney, et du commissaire européen à l'énergie, Andris Piebalgs, qui avaient vainement tenté de torpiller les contrats passés avec Gazprom et Lukoïl sur la mise en valeur du gisement pétrogazier de Karatchaganak. Natalia Ianakaïeva, analyste de la société de placement, Tsentrinvest, relève que les Etats-Unis souhaitent affaiblir les positions de la Russie sur le marché énergétique mondial. "Si auparavant nous n'étions pour eux que des fournisseurs de combustible, aujourd'hui ils nous considèrent comme un acteur de premier plan qui a l'impudence de relever le prix du gaz liquide livré en Amérique", dit Natalia Ianakaïeva.