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Antarctique : le lac Vostok cartographié / Nucléaire : nouveau surgénérateur et nouveau type de retraitement attendus à Biéloïarsk / Un second souffle pour le télescope BTA-6 / Union sacrée pour élaborer un vaccin anti-sida

Antarctique : le lac Vostok cartographié

Les spécialistes russes travaillant dans l'Antarctique sont parvenus à cartographier le lac sous-glaciaire Vostok, rapporte le site nauka.izvestia.ru.

Le lac sous-glaciaire Vostok, enfoui sous une couche de glace de plus de 4 km d'épaisseur, n'a toujours pas été atteint, physiquement, par les chercheurs. Néanmoins, des scientifiques russes (*) sont parvenus à cartographier ce plan d'eau. Ils ont obtenu des données sur le lac à la suite d'études sismiques et radar complexes.

Le lac Vostok est le plus grand lac sous-glaciaire connu de l'Antarctique. Des spécialistes de l'Expédition de prospection géologique maritime polaire l'étudient depuis le milieu des années 90. La longueur de ses côtes est de 1.030 km (y compris les 70 km de ligne côtière des îles), la superficie du plan d'eau étant de 15.500 kilomètres carrés. La surface du lac se trouve à un niveau inférieur à celui de la mer ; elle présente une déclivité vers le nord d'environ 0,12 °.

Pour obtenir toutes ces informations, les chercheurs russes ont dû élaborer des méthodes inédites de recherche. Ils ont utilisé, pour le sondage sismique, des explosions de 5 ou 6 lignes de cordeau détonant. Les ondes provenant de ces explosions ne peuvent être atténuées même par la couche d'une centaine de mètres de neige qui recouvre le glacier au-dessus du lac. Au final, les scientifiques ont établi une carte du relief du fond et une carte des profondeurs du lac Vostok, les données ayant été obtenues par des observations naturelles directes.

Comme l'ont montré les dernières recherches, le lac Vostok se présente sous la forme d'une sorte de chéneau empli d'eau, d'une dimension de 310x100 km. Les pentes de ce chéneau sont abruptes, à plus de 15 degrés, et elles descendent en certains endroits à plus de 1.500 m. La partie méridionale du lac, qui occupe un territoire d'environ 70x10 km, est celle où les eaux sont les plus profondes. La profondeur moyenne y est d'environ 800 m, mais il existe aussi une excavation d'une profondeur de 1.050 m. La partie septentrionale (180x60 km) est plus petite, avec une profondeur de 300 m en moyenne, pouvant atteindre 450 m par endroits. Le fond de cette partie du lac présente un relief accidenté.

Le lac sous-glaciaire Vostok est totalement isolé dans son chéneau. Sa surface se trouve en dessous du niveau de la mer et du bord du chéneau. Autour du lac on trouve également 37 autres petits lacs sous-glaciaires, mais tous se trouvent au-dessus du lac Vostok et ne sont pas reliés à ce dernier. On ne peut toutefois pas affirmer que le niveau du lac n'a jamais changé, et que celui-ci n'a jamais submergé ses rives. Les chercheurs espèrent qu'une étude détaillée de la surface sous-glaciaire permettra de répondre sans ambiguïté à la question de savoir si des inondations catastrophiques du lac Vostok ont eu lieu dans un passé récent. Si tel a été le cas, il doit en subsister des traces.

(*) Il s'agit de membres de l'Expédition de prospection géologique maritime polaire, de l'Institut de recherche arctique et antarctique et de l'Expédition antarctique russe. Les travaux ont été réalisés avec le soutien du sous-programme Antarctique du programme fédéral ciblé Océan mondial et du Fonds russe de recherche fondamentale (RFFI).
 
Nucléaire : nouveau surgénérateur et nouveau type de retraitement attendus à Biéloïarsk

Le surgénérateur BN-800 en construction à la centrale de Biéloïarsk recevra son premier chargement de combustible en 2013, et une partie du combustible usagé de cette centrale bénéficiera d'un nouveau type de retraitement à compter de 2018, rapporte le site rian.ru, citant le directeur de cette centrale.

Le premier chargement de combustible du réacteur à neutrons rapides BN-800 (d'une puissance de 800 MW) en construction à la centrale de Biéloïarsk est prévu pour le milieu de l'année 2013, a annoncé le directeur de cette centrale, Mikhaïl Bakanov. Ce dernier a également précisé que la nouvelle technologie de neutralisation du combustible nucléaire usagé (CNU) élaborée cette année au Centre Maïak bénéficiera à la centrale de Biéloïarsk, mais pas avant 2018.

2011 sera une année-clé pour l'installation des principaux équipements du BN-800. Le démarrage et les réglages interviendront à la fin 2012, les premières barres de combustible devant être chargées dans le réacteur à la mi-2013. La moitié, environ, des 120 milliards de roubles affectés au chantier du BN-800 a déjà été utilisée.

La centrale de Biéloïarsk, située non loin de la ville de Zaretchny (région de Sverdlovsk), a été la première centrale commerciale de l'histoire de l'énergie nucléaire nationale, et c'est la seule à être dotée de différents types de réacteurs. Sur son site est exploité actuellement le seul surgénérateur au monde d'une puissance industrielle, le BN-600. Il sera donc prochainement rejoint par le BN-800.

Le tiers, environ, du combustible usagé de la centrale avait été transporté précédemment au Centre de retraitement de Maïak, où une nouvelle technologie de neutralisation a donc été mise au point. "Naturellement, précise Mikhaïl Bakanov, après avoir élaboré cette technologie et l'avoir introduite au plan technique, ils s'occuperont prioritairement du combustible déjà en leur possession. Notre tour ne viendra qu'en 2018 ou 2019."

Mikhaïl Bakanov a toutefois souligné que la centrale de Biéloïarsk serait en mesure d'assurer la sécurité de son combustible usagé jusqu'en 2025. Actuellement, environ 5.000 barres de combustible usagé sont stockées dans la centrale.

 
Un second souffle pour le télescope BTA-6

Le miroir du plus gros télescope de Russie, le BTA-6, doit être changée. Les travaux sont engagés, mais le financement total de cette opération n'est toujours pas assuré, rapporte le site rian.ru.

Le manque de moyens financiers freine le remplacement du miroir désormais usé du BTA-6, le plus gros télescope de Russie, a indiqué Valeri Vlassiouk, directeur adjoint de l'Observatoire spécial d'astrophysique (OSA) de l'Académie des sciences de Russie (*).

"Le télescope principal fonctionne normalement, mais nous espérons avoir un miroir plus performant, doté de caractéristiques meilleures et d'une meilleure pénétrabilité. Cette année, le rythme des travaux s'est nettement ralenti, freiné par le manque de financement, a déclaré Valeri Vlassiouk."

Le BTA (abréviation russe de Grand Télescope Azimutal) a un miroir principal de 605 cm de diamètre. Il a été fabriqué par l'usine LOMO, de Leningrad. Le miroir a été réalisé spécialement par l'Usine de verre optique de Lytkarino. En 1975, le télescope a été mis en service au sein de l'Observatoire spécial d'astrophysique de l'Académie des sciences de Russie, situé dans le district de Zelentchouk, en Kabardino-Balkarie. Ce télescope est longtemps demeuré le plus gros du monde, jusqu'à la mise en service des télescopes Keck de 10 m de l'Observatoire de Mauna Kea, à Hawaï (1993-1996).

Avec le temps, explique Valeri Vlassiouk, le miroir du BTA a commencé à s'user, cette usure étant due aux multiples procédures de renouvellement de la couche d'aluminium. C'est pourquoi la décision a été prise de prendre un miroir de "secours" et de procéder à un "échange standard".

"Le premier miroir ayant équipé notre télescope, de 1974 à 1979, a été retiré et stocké dans un conteneur pendant près d'une trentaine d'années. Le second miroir, sur lequel nous travaillons depuis 1979, a commencé à s'user peu à peu. Le coefficient de réflexion de sa couche d'aluminium réfléchissante a commencé à baisser, a expliqué Valeri Vlassiouk." C'est la raison pour laquelle il a été décidé de "ressortir" le premier miroir et de le polir à nouveau pour qu'il puisse remplacer le second miroir. "Les travaux ont été engagés en 2004 à l'usine de Lytkarino. Il a fallu effectuer de nombreux travaux préparatoires et, notamment reconstruire la machine-outil. Mais, maintenant, nous sommes dans la dernière ligne droite, et il faut, concrètement, que nous polissions le miroir, poursuit le directeur adjoint de l'OSA."

Les crédits destinés au remplacement du miroir, soit environ 150 millions de roubles, ont été octroyés dans le cadre d'un programme d'Etat ciblé en 2007. Le programme était prévu sur deux ans (2008 et 2009). Mais, relève Valeri Vlassiouk, si en 2008 le financement de l'opération a été totalement assuré, l'année suivante les sommes prévues n'ont été que partiellement versées. L'octroi d'une partie des moyens a été reporté à 2010, puis le budget de l'ASR a été globalement amputé, et le financement du programme une nouvelle fois reporté, à 2011.

Le miroir se trouve aujourd'hui sur la machine sur laquelle il doit être poli. Tout est prêt, tout est arrêté uniquement par manque de moyens. Il nous faudrait quelque chose comme une trentaine de millions de roubles, a ajouté Valeri Vlassiouk, tout en soulignant qu'il leur a été promis "dur comme fer" que cette somme serait attribuée en 2011.

"Nous pourrons alors continuer. Cette année, le rythme du travail a nettement baissé. Nous sommes loin de celui que l'on avait en 2006, 2007 et 2008. Mais on ne peut pas dire pour autant qu'il s'agisse d'une catastrophe, a tempéré le directeur adjoint.

(*) L'Observatoire astrophysique spécial comporte un très gros télescope optique, le BTA-6, mis en service dans les années 70 du siècle dernier, et un radiotélescope, le RATAN-600.

 
Union sacrée pour élaborer un vaccin russe anti-sida

Les trois sociétés russes travaillant à la création d'un vaccin contre le sida ont décidé de regrouper leurs efforts pour l'étape finale des recherches, rapporte le site rian.ru.

Les trois sociétés travaillant à la conception d'un vaccin anti-sida vont se regrouper afin de travailler ensemble lors de la phase finale de recherche de nouveaux vaccins, a indiqué à la fin novembre Evgueni Stavsky, directeur général par intérim du Centre scientifique d'Etat Vektor.

Cette décision a été prise à la mi-novembre à Novossibirsk, à l'issue d'une réunion de travail de trois jours consacré à l'élaboration d'un vaccin contre le sida. Les chercheurs ont proposé trois nouveaux vaccins aux organismes chargés de l'expertise et aux organisations coopérant avec eux - des représentants de l'OMS-UNAIDS, de la direction du Service fédéral de protection des consommateurs (Rospotrebnadzor) et de l'Institut d'Etat de standardisation et de contrôle des préparations médicales (GISK).

"Suite à une ordonnance du gouvernement russe en date du 25 décembre 2007, un milliard de roubles avait été affecté à l'organisation de travaux de recherche, pendant trois ans, a déclaré Evgueni Stavsky. Avec cette somme, trois vaccins ont été élaborés : à Novossibirsk, le KombiVIHvac, par la société Vektor ; à Moscou, le VIHRepol, à l'Institut d'immunologie FMBA de la Russie ; à Saint-Pétersbourg, le DNK-4, à l'Institut de recherche des préparations particulièrement propres, conjointement avec l'Université d'Etat de Saint-Pétersbourg."

Ces vaccins ont reçu les attestations requises de la part du GISK, a poursuivi Evgueni Stavsky. Pour ceux élaborés à Novossibirsk et Saint-Pétersbourg, les documents ont été concertés pour l'organisation de la première phase des tests cliniques, et pour celui élaboré à Moscou - pour l'organisation de la deuxième phase.

"Les tests à ces étapes confirment la sûreté de leur emploi et l'existence d'une réaction immunitaire de l'organisme. Ce qui nous attend désormais, c'est la phase la plus importante et la plus onéreuse des travaux, à savoir la vérification de l'efficacité des vaccins, la confirmation de la protection immunitaire qu'ils apportent dans les études de cohortes, a poursuivi Evgueni Stavsky."

Les participants à la réunion de Novossibirsk sont parvenus à la conclusion que pour la réalisation de l'étape finale il était indispensable que les trois concepteurs de vaccins unissent leurs efforts. Cette proposition a reçu le soutien du coordinateur de l'OMS, Saladin Osmanov, qui a relevé que dans les pays occidentaux l'élaboration et les tests des vaccins étaient réalisés par de gros consortiums.

"Ce regroupement permettra de développer l'étude de cohortes en créant des groupes de contrôle dans différentes régions de la Russie, et d'organiser également différentes approches pour la prévention et le traitement du sida en utilisant les traitements antirétroviraux existants et d'autres moyens, a noté Evgueni Stavsky."

La décision gouvernementale concernant l'octroi d'un budget pour la suite des travaux est attendue pour la fin de l'année. "Si cette décision est positive, ce consortium verra prochainement le jour en Russie, a résumé Evgueni Stavsky."

Pour l'instant, sur les centaines de vaccins candidats élaborés de par le monde, un seul, le RV 144, mis au point aux Etats-Unis et testé en Thaïlande, a montré une certaine efficacité, a souligné pour sa part lors de cette réunion Igor Sidorovitch, chef de département à l'Institut d'immunologie FMBA. Il a ajouté que les tests avaient coûté quelque 160 millions de dollars. Le niveau de sa protection a été évalué à environ 30 %, pour six injections annuelles.

"Les participants à la réunion ont convenu que ce résultat était nettement insuffisant pour donner lieu à des déclarations sensationnelles sur la création d'une protection sûre contre le sida. Toutefois, même avec une efficacité aussi peu élevée, son utilisation dans des groupes à risque permettrait de sauver environ un million de vies par an. Sur le territoire de la Russie, d'autres sous-types génétiques de VIH qu'aux Etats-Unis et en Europe sont répandus et progressent rapidement. Ce qui signifie que la protection contre le sida en Russie ne peut être assurée que par des spécialistes russes, estime Igor Sidorovitch."

Sur la base du Centre pour l'organisation des tests cliniques étendus a déjà été constitué un groupe de volontaires (quelque 500 personnes narcodépendantes, qui sont les plus exposées au risque de contagion du VIH), explique pour sa part Andreï Kozlov, chef du Laboratoire de virologie de l'Institut des préparations particulièrement propres et directeur du Centre Biomédical.

"La création d'une telle cohorte prend généralement de cinq à sept ans. C'est pourquoi nous avons procédé préalablement à ce travail, parallèlement à la création du vaccin, afin d'être parfaitement prêts pour la troisième phase des tests. J'ai assisté fréquemment à des conférences à l'étranger et je puis dire que pour les vaccins russes, nous utilisons les mêmes méthodes que nos collègues étrangers, et ces vaccins ne le cèdent en rien de par le niveau des technologies mises en œuvre ou la qualité des produits. Mais seule la dernière phase sera à même de prouver leur efficacité. C'est pourquoi il est très important qu'elle ait lieu, en dépit des dépenses substantielles qu'elle implique et de l'absence de la garantie de succès, a ajouté Andreï Kozlov."

Le nombre des séropositifs en Russie s'établissait à quelque 568.000 personnes au 1er octobre 2010, contre 529.300 à la fin 2009, selon le médecin hygiéniste en chef de la Fédération de Russie, Guennadi Onichtchenko.

"Dans certaines régions, on en est à 1 % de la population, précise pour sa part Leonid Ouryvaïev, directeur adjoint de l'Institut de recherche de virologie de l'Académie des sciences médicales de Russie. Le nombre des personnes contaminées par le VIH continue de progresser nettement chez les femmes enceintes et les enfants. Dans la région de Samara, une femme sur 50 qui accouche (1,8 %) est contaminée, ce chiffre étant de 0,46 % en moyenne dans le pays, avec des pointes à 1,2 % dans les régions d'Irkoutsk, Sverdlovsk et Tioumen, a précisé Leonid Ouryvaïev.

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