L'Europe n'a pas les moyens de renoncer aux services de Gazprom

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MOSCOU, 11 mai - RIA Novosti. Le Kremlin ne cesse d'affirmer que sa politique énergétique est complètement dépolitisée et répond pleinement aux principes du marché, écrit Gazeta.ru.

Le ministre de l'Industrie et de l'Energie, Viktor Khristenko, reprenant presque littéralement des déclarations récentes du président Vladimir Poutine, affirme que les hommes politiques européens manquent d'objectivité dans leur analyse du problème de la sécurité énergétique. L'Union européenne ne le croit pas et recommande à ses membres de diversifier leurs importations de gaz. Cependant, l'Europe n'a pas les moyens de renoncer aujourd'hui aux services de Gazprom, affirment les experts.

Dans le débat entre l'UE et les autorités russes, les analystes sont enclins à prendre le parti de ces dernières. "L'Union européenne se trompe en disant que Gazprom est une arme politique de la Russie", estime Anton Roubtsov, de la société d'investissement Ray, Man & Gor Securities. "Oui, les activités du monopole sont suivies au plus haut niveau et le chef de l'Etat est son principal promoteur. Mais ce n'est pas de la politique : le Kremlin s'occupe en premier lieu des intérêts économiques extérieurs de la Russie qui s'entremêlent avec les intérêts économiques de Gazprom", ajoute l'expert.

"Naturellement, une certaine politisation ne manque pas, la Russie poursuit ses objectifs politiques, mais pas plus que l'Union européenne. L'Europe recourt à la pression politique pour abaisser le prix du gaz et avoir des livraisons stables", affirme Alexeï Kormchtchikov, de groupe financier Ouralsib.

Le point de vue de Viktor Khristenko, qui critique la position des Etats étrangers qui refusent à Gazprom l'accès à leurs réseaux de distribution de gaz, est partagé par Anton Roubtsov : "On ne comprend pas pourquoi l'Europe bloque toutes les tentatives de Gazprom de livrer son gaz directement aux consommateurs. Cela jure avec les déclarations antérieures des Européens au sujet de la création d'un marché du gaz libre".

Les experts évaluent de façon critique la capacité de l'Union européenne à diminuer sa dépendance vis-à-vis du gaz russe. "A ce jour, il est difficile de trouver une alternative aux livraisons de Gazprom, estime Anton Roubtsov. Et même si l'on en trouvait une, la Russie a d'autres débouchés. Ce sont l'Amérique et les pays d'Asie-Pacifique. Je suis sûr que beaucoup de pays européens, en premier lieu l'Allemagne, ne renonceront pas au gaz russe.

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