Aucun avenir pour le président iranien Ahmadinejad

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En Iran, le Conseil des gardiens de la Constitution a retenu 8 candidats pour la prochaine élection présidentielle, sur près de 700 demandes. Parmi eux: aucun partisan du président sortant

En Iran, le Conseil des gardiens de la Constitution a retenu 8 candidats pour la prochaine élection présidentielle, sur près de 700 demandes. Parmi eux: aucun partisan du président sortant

Mahmoud Ahmadinejad. Le vote du 14 juin sera donc sans suspense et conduira à l’élection d’un président loyal envers le guide spirituel du pays, l'ayatollah Ali Khamenei. Il ne faut pas s'attendre à des changements dans la politique de Téhéran, écrit jeudi le quotidien Kommersant.

Parmi les candidats les plus connus exclus par le Conseil des gardiens de la Constitution, on retrouve l'ex-président du pays Ali Akbar Hachemi Rafsandjani et l'ex-chef de l'administration du président Ahmadinejad, Esfandiar Rahim Mashaei. Les deux auraient pu symboliser la réforme et attirer les voix des libéraux écrasés pendant les émeutes contre les autorités après l'élection de 2009. A l'époque, les ex-candidats à la présidentielle Mir Hossein Moussavi et Mehdi Karroubi avaient fait descendre dans la rue des dizaines de milliers de personnes qui refusaient de reconnaître la réélection d'Ahmadinejad – ils sont aujourd’hui assignés à résidence.

Le conseil, qui n'est subordonné qu'au guide spirituel d'Iran, n'est pas obligé de justifier ses décisions. Cependant la veille, son représentant annonçait à la télévision locale que "la candidature d’une personne qui ne travaille que quelques heures par jour ne peut, évidemment, pas être acceptée". Il faisait allusion à Hachemi Rafsandjani, âgé de 78 ans. Ses partisans ont réagi en disant qu'il était étrange d'entendre un tel reproche de la part d'un conseil présidé par l'ayatollah Ahmad Jannati qui, lui, a 86 ans. Néanmoins, le QG électoral de Hachemi Rafsandjani n'a pas l'intention de contester la décision du Conseil des gardiens de la Constitution.

Esfandiar Rahim Mashaei, au contraire, n'a pas l'intention de baisser les bras. Le président Ahmadinejad a déjà pris sa défense et a l'intention de faire appel auprès de l'ayatollah Khamenei. "Je pense qu'il n'y aura pas de problèmes avec le guide, a-t-il déclaré. Je m'occuperai de cette question jusqu'au bout. J'espère que le problème sera réglé."

Cependant, il reste peu de temps pour contester la décision du conseil : la campagne électorale débute à la fin de la semaine et le vote aura lieu le 14 juin. D'autant qu'Esfandiar Rahim Mashaei, qui deux ans auparavant a persuadé le président d'essayer (en vain) de limiter les pouvoirs du clergé, irrite beaucoup les représentants religieux.

Tous les candidats admis à l'élection sont donc loyaux au guide spirituel Ali Khamenei.

Les autorités iraniennes ont tiré les conclusions des événements de 2009 et n'ont pas l'intention de laisser le scénario du Printemps arabe se reproduire. "Khamenei veut une élection calme et un président docile", explique Cliff Kupchan, expert de l'agence Eurasia Group.

La principale tâche du futur président iranien consistera à surmonter la crise économique dans laquelle l'Iran s'est retrouvée en raison de ses ambitions nucléaires. Les sanctions internationales adoptées contre la République islamique ont fait leur effet et par conséquent, le sauvetage de l'économie iranienne n'est possible qu'à condition de changer la politique étrangère du pays.

Parmi les huit candidats restants, les experts pointent les hommes politiques modérés qui pourraient faire preuve de davantage de souplesse, dont l'ex-secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale Hassan Rohani. Dans son discours à l'université de Téhéran la semaine dernière il a déclaré: "Certains pensent que nous devons lutter contre le monde entier. D'autres estiment qu'il faut capituler. Mais il existe une troisième solution – une coopération constructive. Nous devons marcher avec le reste du monde en partant de nos intérêts nationaux". Selon les experts, l'ex-ministre des Affaires étrangères Ali Akbar Velayati est du même avis.

Toutefois, ils pourront difficilement rivaliser avec le "chouchou" de l'ayatollah Khamenei, le maire de Téhéran et ancien chef de la police iranienne Mohammad Bagher Ghalibaf. Hormis le soutien du guide spirituel il est également populaire auprès de nombreux Iraniens car en huit ans au poste de maire il a beaucoup œuvré pour le développement de la ville. En 2005, Mahmoud Ahmadinejad lui-même était devenu président après avoir été maire de Téhéran.

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