Les titres du 12 juillet 2011

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Le budget américain a touché le fond du gouffre de la dette//Libye: Paris n'ose n’a pas abandonner l’opération//Bulgaria: négligence ou corruption?

Rossiïskaïa gazeta
Le budget américain a touché le fond du gouffre de la dette

Dans les prochains jours, le président américain Barack Obama rencontrera les congressistes chaque jour. A tout prix ils doivent arriver ensemble à un compromis concernant la dette publique du pays, écrit mardi 12 juillet le quotidien Rossiïskaïa gazeta. Dans le cas contraire, les Etats-Unis seront en faillite.

Les pouvoirs exécutif et législatif des Etats-Unis ont accepté de sacrifier leur week-end. A l’heure actuelle, ils n’ont certainement pas la tête à prendre des loisirs: le pays s’est retrouvé au seuil de l’effondrement économique. Le chef de l’Etat a appelé les parlementaires des deux partis à faire un "sacrifice politique" afin de sauver l’économie américaine.

Le fait est que le 16 mai déjà les Etats-Unis ont atteint le plafond de la dette publique: la loi le fixe à 14.300 milliards de dollars. Cependant, les républicains, qui sont majoritaires à la Chambre des représentants, ont refusé d’approuver le projet de loi visant à augmenter ce plafond de 2.400 milliards de dollars, en exigeant de réduire considérablement les dépenses.

Le secrétaire américain au Trésor Timothy Geithner a averti qu’il était capable de retarder légèrement la faillite en utilisant les leviers de comptabilité. Cependant, le 2 août son ministère épuisera toutes les possibilités de retenir artificiellement l’accumulation de la dette publique sans émettre de nouveaux bons du Trésor pour remplacer ceux qui arrivent à échéance. Cela signifie que si les politiciens n’arrivent pas à trouver un terrain d’entente avant cette date, les Etats-Unis pourront annoncer un défaut partiel de paiement en suspendant les remboursements de certaines dettes. Cela pourrait conduire à une nouvelle récession non seulement dans le pays, mais également au sein de l’économie mondiale.

Cependant, la nouvelle tentative (dimanche dernier) d’arriver à un compromis s’est soldée par un échec. Comme l’affirment les témoins de la réunion, la discussion était difficile et, parfois, le ton montait. Les politiciens n’ont pas réussi à s’entendre sur l’ampleur et les outils de réduction du déficit budgétaire. Cela est nécessaire pour augmenter le plafond de la dette publique américaine. Les deux partis opèrent avec des chiffres astronomiques, des milliers de milliards de dollars, mais n’arrivent pas à trouver un terrain d’entente. Obama a proposé un plan ambitieux: réduire le déficit budgétaire de 4.000 milliards de dollars au total en dix ans en réduisant les dépenses fédérales et en augmentant les impôts. Les républicains se prononcent en faveur d’un plan plus modeste: 2.000 milliards. En particulier, ils sont contre l’annulation des avantages fiscaux des riches américains. "Si nous conservons les avantages pour les millionnaires et les milliardaires, nous devront réduire les dépenses sociales, tels que l’aide médicale aux personnes défavorisées et aux retraités", a paré le président américain.

Cependant, ses opposants politiques du Capitole estiment qu'une telle mesure est susceptible de causer un préjudice à l’économie. "Les représentants de l’administration d’Obama déclarent que nous devront augmenter significativement les impôts dans les conditions d’un déficit très élevé et un taux de chômage de 9,2%. Nous, les républicains, sommes convaincus que c’est une très mauvaise idée qui supprimera des emplois", a déclaré le leader de la minorité au Sénat Mitch McConnell. Les républicains appellent l’administration démocrate actuelle d’apprendre enfin à vivre selon ses moyens. Le président de la Chambre des représentants John Boehner a proposé de réduire la dette en réduisant les dépenses publiques.

Le président a dû suivre les républicains: la semaine dernière il a pour la première fois proposé de réduire considérablement les programmes d’assurance maladie. Cependant, ses opposants politiques demeurent inflexibles. Le temps joue en leur faveur. Encore un peu, et il semble que les républicains pourront dicter leurs conditions, car le "jour du jugement dernier" approche inexorablement.

"Si le plafond de la dette publique n’était pas relevé avant le 2 août, et si les agences de notation rétrogradaient les notes de crédit des Etats-Unis, les conséquences pour l’économie du pays seraient catastrophiques", a averti Timothy Geithner. Il a également participé à la réunion infructueuse du dimanche en soulignant à l’avance: "Il faut trouver un terrain d’entente dès cette semaine. Dans le pire des cas la semaine prochaine, mais pas plus tard."
 
Moskovskie Novosti
Libye: Paris n'ose n’a pas abandonner l’opération

La France a failli cesser de participer à l’opération en Libye, écrit mardi 12 juillet le quotidien Moskovskie Novosti. Le 11 juillet, le gouvernement a présenté un compte rendu devant l’Assemblée nationale sur le déroulement de l’opération. Les députés ont décidé que la France devait continuer à participer à l’opération Protecteur unifié. Le pays poursuivra l’intervention, car le président français Nicolas Sarkozy ne voit aucune autre issue.

Avant que les résultats du vote ne fussent connus, l’expert de l’Agence parisienne d’information économique et politique Arnaud Kalika avait déclaré que la France continuerait de participer à l’opération en Libye, avant tout en raison des ambitions politiques de Nicolas Sarkozy. Ce dernier, dont la cote de popularité est extrêmement basse, estime que l’opération a un effet positif sur son rating. Après avoir déclenché cette guerre, il ne peut pas simplement en sortir.

Paris a été l’initiateur de la guerre des forces de la coalition européenne contre le régime de Mouammar Kadhafi, la France a été la première à attaquer les sites militaires du gouvernement libyen et a participé le plus activement à l’intervention.

En quatre mois, la France a dépensé 160 millions d’euros pour l’opération, le mécontentement des Français face à l’avenir incertain de l’opération libyenne croît, et l’establishment n’arrive toujours pas à formuler clairement les objectifs poursuivis.

"En raison de la rigueur budgétaire, la France rencontre de sérieux problèmes en termes du budget militaire. Les effectifs militaires sont également insuffisants. Nous menons des opérations non seulement en Libye, mais également en Afghanistan, au Tchad, en Côte d’Ivoire. Récemment, il s’est avéré que la France avait dépensé 160 millions d’euros pour la guerre en Afghanistan. En ce qui concerne la Libye, nous n’avons pas encore de chiffres exacts, mais cela représente des sommes énormes", a déclaré Arnaud Kalika.

Selon lui, Paris n’a pas conscience qu’il est impossible d’instaurer la démocratie dans ce pays, et poursuit l’opération. Il n’y a qu’un seul point positif pour la France dans l’opération libyenne: "La Libye vante l’efficacité de notre matériel militaire, notamment du chasseur Rafale, et contribue aux exportations des armements, aussi cynique que cela puisse paraître."

Le ministre français de la Défense Gérard Longuet a déclaré dimanche qu’il était temps de commencer les négociations directes entre les parties en conflit afin de trouver une solution politique. Mais l’espoir d’une telle issue est faible. Depuis le début de la guerre civile, Kadhafi a déjà promis à plusieurs reprises de cesser le feu et de s’assoir à la table des négociations avec le Conseil national de transition, mais à chaque fois son armée continuait à attaquer les villes assiégées. A leur tour, les rebelles refusaient également de discuter avec Tripoli tant que le colonel libyen ne démissionnerait pas. Après la délivrance fin juin du mandat d’arrêt contre Kadhafi par la Cour pénale internationale de La Haye, les rebelles ont déclaré qu’en principe le dialogue était impossible.

Le processus de négociations en coulisses est déjà en cours, mais pas entre Tripoli et Benghazi, mais entre Tripoli et Paris, estime Arnaud Kalika. L’avenir de Kadhafi semble y être la pierre d’achoppement. Paris, ainsi que les autres participants à l’opération libyenne, considère toujours le départ de Kadhafi comme son objectif principal, mais le colonel libyen ne se rend pas.

Le ministère français des Affaires étrangères nie tout contact avec Tripoli. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Bernard Valéro a déclaré que Paris recevait des "messages" des représentants de Kadhafi et "lui [transmettait] des missives via le Conseil national de transition et ses alliés."
 
Nezavissimaïa gazeta
Bulgaria: négligence ou corruption?

Hier, le président russe Dmitri Medvedev a tenu dans sa résidence de Gorki (près de Moscou) une réunion concernant le naufrage du bateau de croisière Bulgaria, écrit mardi 12 juillet le quotidien Nezavissimaïa gazeta. Le président a déclaré que la journée du 12 juillet serait journée de deuil en Russie. Selon le rapport présenté au président, le naufrage a fait 24 victimes. Tel était le nombre de corps retrouvés. 80 personnes ont été sauvées. Le ministre russe des Situations d’urgence Sergueï Choïgou, dans son rapport d’hier, a annoncé au président qu’à bord du Bulgaria se trouvaient 208 personnes, dont 25 passagers non enregistrés. Cependant, ce chiffre est approximatif et il a été établi grâce aux témoignages des survivants. Cela signifie qu’en réalité le nombre de passagers pourrait être plus élevé. Et deux heures après le rapport du ministre russe des Situations d’urgence, ses subordonnés en poste dans le district fédéral de la Volga ont annoncé que 41 corps avaient été retrouvés. Par conséquent, il restait à retrouver encore pratiquement cent personnes. Chaque heure, la liste lugubre s’allongeait.

Sur ordre du président russe une commission gouvernementale d'enquête sur les circonstances de l’accident a été créée hier. Elle sera supervisée par le ministre russe des Transports Igor Levitine, dont le ministère supervise le transport fluvial. Sa composition inclut notamment l’Agence fédérale de la supervision des transports (Rostransnadzor), et l’Agence fédérale des transports maritimes et fluviaux (Rosmorretchflot). Ces organismes sont sensés veiller à ce que ce genre de tragédies ne se produisent pas. Pour cette raison on ignore quelle enquête elles vont mener, car leur activité doit justement être vérifiée en premier lieu.

Hormis les propriétaires directs et les loueurs, les forces de sécurité ont des questions à poser aux fonctionnaires du Registre fluvial russe et à ses filiales chargées de la délivrance des certificats de la conformité des navires. Le Comité russe d’enquête vérifie pour l’instant les organismes publics et les structures commerciales dans la région où la catastrophe s’est produite.

La réunion d’hier a provoqué un fort sentiment de déjà vu. Ce genre d’ordres est donné après chaque accident anthropique ou catastrophe. Par exemple, lorsqu’en décembre 2009, sur ordre du président une enquête a été ouverte pour déterminer les circonstances et les causes de l’incendie meurtrier dans un club de nuit de la ville de Perm, il s’est avéré que selon les documents des organismes responsables du respect des normes tout était en ordre. Mais en réalité, la commission spéciale a déterminé que les propriétaires du club ne se préoccupaient pas de la sécurité des visiteurs et versaient des pots de vin aux organismes de surveillance.

"La situation concernant le navire Bulgaria nous amène de nouveau à soulever la question de la responsabilité du milieu des affaires et des structures de contrôle", a déclaré hier le président du Comité pour les transports de la Douma (chambre basse du parlement russe) Sergueï Chichkarev. Il a noté une étrangeté propre à la Russie. Car le voyagiste qui a organisé la croisière sur la Volga a réfuté les déclarations au sujet des défaillances techniques du navire: les travaux de réparation avaient été réalisés et il a été inscrit au Registre fluvial. L’enquête déterminera si c’est le cas. Mais le ministère russe des Transports a également annoncé la conformité du navire: il aurait subi le contrôle le 15 juin dernier et aurait été reconnu conforme. On a déjà entendu ce genre de choses après l’incendie du club à Perm. A l’époque on déclarait que le club passait avec succès les vérifications de sécurité anti-incendie en temps opportun.

M. Chichkarev tire une conclusion logique: "Premièrement, la compagnie propriétaire du navire n’a pas respecté les règles de sécurité établies et doit être poursuivi en justice. Deuxièmement, si les organismes de contrôle ont accepté qu’un navire défectueux quitte le port, tout cela dénote la négligence ou, plutôt, la corruption.

Ces textes tirés de la presse russe n’engagent pas la responsabilité de RIA Novosti

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