Izvestia
Le GFN interdit la vente de technologies nucléaires à l'Inde
Le Groupe des fournisseurs nucléaires (GFN) a durci les règles de fourniture en Inde d'équipements spéciaux, écrit vendredi 1er juillet le quotidien Izvestia. Les pays membres du Groupe ont approuvé des amendements à la convention qui interdisent les fournitures d'équipements et de technologies d’enrichissement de l’uranium et de traitement des combustibles nucléaires usés (CNU) aux pays non signataires du Traité de non-prolifération des armements nucléaires (TNP).
Personne ne souhaitait nuire aux intérêts de l’Inde. D’autant plus qu’elle a signé des accords bilatéraux de coopération dans le secteur nucléaire avec les plus grandes puissances atomiques: la Russie, les Etats-Unis et la France. Les nouvelles restrictions visent les programmes nucléaires de l’Iran et de la Corée du Nord. Mais étant donné que New Dehli possède l'arme nucléaire, l’interdiction concerne également l’Inde. Cela a remis en question la mise en œuvre du programme national, selon lequel des dizaines de nouveaux réacteurs, y compris en coopération avec la Russie, devaient être construits en Inde d'ici 2020.
"L’enrichissement du combustible est réglementé par le régime de non-prolifération nucléaire, explique Sergueï Novikov, porte-parole de l’agence fédérale russe de l’énergie atomique Rosatom. On sait que l’Inde possède l’arme nucléaire. C’est probablement la raison pour laquelle elle est sur la même liste que l’Iran et la Corée du Nord. Bien sûr, il n’existe pas d’interdiction directe d’enrichissement du combustible à des fins pacifiques. Mais vu que la frontière entre l’enrichissement pacifique et militaire est infime, le GFN préfère prendre des mesures de prévention." Mais le plus important, estime M. Novikov, est qu’il n’existe pas d’interdiction frappant la fourniture de combustible nucléaire. Car des centrales nucléaires de divers types fonctionnent en Inde. Sur certaines d’entre elles, le combustible devra être prochainement remplacé.
Le principal obstacle à la poursuite du boom industriel en Inde demeure l’importante pénurie énergétique. La situation s'est aggravée suite aux événements en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. La majeure partie des hydrocarbures provenait de ces régions. Malgré les révolutions arabes, le premier ministre indien Manmohan Singh est convaincu qu’à l’issue de l’année financière, l’Inde aura une croissance économique de 9%. Les estimations des experts indépendants sont plus modestes: 8-8,5%.
Il y a trois ans, en signant un "accord historique" avec les Etats-Unis sur la coopération dans le secteur de l'énergie nucléaire, Manmohan Singh a déclaré que ce document permettrait de résoudre le principal problème: parvenir à l'indépendance énergétique. L’opposition lui rappelle aujourd’hui ses paroles, après la décision du GFN. Cela est susceptible de conduire à une nouvelle crise intrapolitique. Les opposants se préparent à attaquer le premier ministre au parlement selon le principe: "Tu nous as promis le paradis de l'énergie nucléaire? Tu dois répondre de tes promesses!" Par la même occasion, les nombreux scandales de corruption impliquant le cabinet referont certainement surface.
Par ailleurs, les écologistes en Inde sont devenus plus actifs. Ils montrent du doigt le Japon et l’Allemagne, disant que tandis que le monde civilisé cherche des solutions pour renoncer au nucléaire pacifique, les agriculteurs indiens sont expulsés de leurs terres pour la construction de nouvelles centrales nucléaires.
Cependant, l’ancien président indien Abdul Kalam a déclaré: "Ceux qui exigent l’abandon du nucléaire pacifique devront préalablement réussir à interdire le moteur à explosion. Car le nombre de morts dans les accidents de la route est des centaines de fois supérieur à celui des victimes des catastrophes dans les centrales nucléaires." Selon lui, un pays privé d’importantes ressources de gaz et de pétrole n’a pas d’alternative au nucléaire à court terme.
Nezavissimaïa gazeta
L'Arabie saoudite menace de se doter de l'arme nucléaire
L’Arabie saoudite pourrait se doter de l'arme nucléaire si l’Iran la possédait, écrit vendredi 1er juillet le quotidien Nezavissimaïa gazeta. Selon la presse britannique, cet avertissement a été adressé à l’Occident en juin dernier par le prince Turki al-Faisal, qui est considéré comme le prétendant au poste du ministre saoudien des Affaires étrangères.
Le prince saoudien al-Faisal, qui était auparavant à la tête du renseignement royal, a fait cette mise en garde devant un public restreint. Ce membre de la famille royale s’est rendu le 8 juin sur la base aérienne britannique du Prince Sultan, où les spécialistes de l’OTAN recueillent et analysent les informations sur le Moyen-Orient et la Méditerranée.
Al-Faisal a fait comprendre aux généraux de l’Alliance que si l'Iran parvenait à construire la bombe atomique, un conflit nucléaire pourrait éclater dans la région.
Le prince s’est exprimé avec diplomatie: la présence de l’arme nucléaire en Iran "contraindrait l’Arabie saoudite… à mener une politique lourde de conséquences imprévisibles et, probablement, dramatiques." Il n’a pas donné de détail au sujet de cette politique. Mais hier, le quotidien britanniques The Guardian a cité un fonctionnaire haut placé proche de l’entourage d’al-Faisal: "Si l’Iran détenait l’arme nucléaire, nous serions contraints de suivre son exemple, car cela nous paraît inacceptable."
L’Arabie saoudite, dirigée par la famille d’al-Saoud, de confession sunnite, se dit régulièrement préoccupée par la sécurité dans la région, où l’Iran shiite prétend au rôle de première puissance. A en croire le portail WikiLeaks, en 2008 le roi saoudien Abdallah a laissé entendre à Washington que tous les pays du Golfe se doteraient de l'arme nucléaire si celle-ci apparaissait chez les Iraniens.
Riyad pourrait-il mettre à exécution son avertissement? Dans cette équation il existe plusieurs inconnues: l’Iran, qui affirme que son programme nucléaire poursuit seulement des fins pacifiques; Israël, qui a neutralisé à plusieurs reprises la menace nucléaire sur les territoires des voisins hostiles: en Irak en 1981 et en Syrie en 2007. Tel-Aviv considère l’Iran nucléaire comme une menace à son existence. Les Etats-Unis, l’allié le plus proche d’Israël, depuis plusieurs années sont à la tête de la campagne de sabotage du programme nucléaire iranien via des sanctions qui n’excluent pas l’intervention militaire.
"La déclaration d’al-Faisal est un signal inquiétant, car il s’agit de l’expansion potentielle des technologies nucléaires du siècle dernier. Au XXe siècle, un grand nombre de scientifiques d'origines et opinions diverses, avec suffisamment de savoir faire pour fabriquer la bombe, ont été formés", a déclaré Andreï Tcherkassenko, président du conseil des directeurs de la compagnie Atompromressoursy. Selon lui, compte tenu des importantes ressources financières de l’Arabie saoudite, les Saoudiens sont capables de fabriquer une telle arme. Cependant, la mise en œuvre de cette idée nécessiterait des capacités chimiques et d’enrichissement dont l’apparition serait remarquée par la communauté mondiale qui pourrait alors empêcher le développement du programme nucléaire saoudien.
Nezavissimaïa gazeta
Tadjikistan: Russie et USA en lice pour le contrôle de la région
Mercredi, deux délégations militaro-politiques sont arrivées à Douchanbé: la Russie était représentée par le chef de l’administration présidentielle Sergueï Narychkine et le ministre russe de la Défense Anatoli Serdioukov, et le secrétaire d’Etat adjoint pour la lutte contre le trafic des stupéfiants et la criminalité William Brownfield représentait les Etats-Unis. Les deux parties étaient intéressées par les questions concernant la protection de la frontière et le déploiement de leurs bases militaires sur le territoire tadjik, écrit vendredi 1er juillet le quotidien Nezavissimaïa gazeta.
Pendant que mercredi le président tadjik s’entretenait avec Sergueï Narychkine et Anatoli Serdioukov, le fonctionnaire américain s’est rendu dans le Sud du pays. Le chef de l’Etat tadjik l’a reçu jeudi. Sur la frontière tadjiko-afghane, le secrétaire d’Etat adjoint a participé à l’inauguration des casernes du détachement de gardes-frontières de Charabad et du nouveau poste frontalier Yakhchi pun, pour la construction desquels le département chargé du contrôle des stupéfiants et de l’application de la loi a dépensé plus de 1,6 million de dollars. Ce n’est pas le premier projet des autorités américaines mis en œuvre à la frontière tadjiko-afghane. Après le départ des gardes-frontières russes six ans auparavant, les Américains se sont chargés de la modernisation des postes et du réarmement des effectifs des troupes frontalières. En tout, selon l’ambassade américaine à Douchanbé, depuis 1992, plus de 984 millions de dollars ont été investis dans les programmes de développement des structures de sécurité. Pendant ce temps, à Douchanbé étaient discutées les questions de la coopération militaire russo-tadjike et la future visite du président russe Dmitri Medvedev au Tadjikistan, prévue pour début septembre. Après les négociations, Anatoli Serdioukov ne s'est pas exprimé devant la presse.
Une déclaration optimiste, qui maintient tout de même le suspens, a été faite par Sergueï Narychkine, lequel a confirmé que les principaux documents qui seront signés pendant la visite de Dmitri Medvedev étaient prêts. "Il s’agit d’un programme de coopération économique bilatérale pour 2011-2014, ainsi que d’un accord de coopération entre la Russie et le Tadjikistan sur les questions frontalières", a déclaré M. Narychkine. En ce qui concerne le stationnement dans le pays de la 201e base militaire russe, Sergueï Narychkine a déclaré que "les deux parties avaient reçu des instructions concernant le statut et le prolongement du séjour de la base au Tadjikistan." "Je pense que ce n’est pas seulement dans l’intérêt de la Russie, mais également dans celui du Tadjikistan", a-t-il souligné.
"L’optimisme de M. Narychkine n’est guère compréhensible, car objectivement il s'agit de réduire la sphère d'intérêts de la Russie au Tadjikistan, de même que dans toute la région", a déclaré Alexandre Kniazev, directeur d’études de l’Institut d’études orientales de l’Académie des sciences de Russie. Selon lui, "en annonçant le retrait des troupes d’Afghanistan, les Etats-Unis renforcent leurs positions dans tous les pays de la région." La dynamique des visites à Douchanbé des militaires et des diplomates américains haut placés en est la preuve. "Dans ce contexte, les négociations de Narychkine et de Serdioukov semblent on ne peut plus modestes", estime l’expert.
Cet avis est rejoint par Leonid Ivachov, président de l’Académie des problèmes géopolitiques, qui estime que d’une part la Russie est évincée d’Asie centrale par Pékin, qui après l’élimination d’Oussama Ben Laden a proclamé le Pakistan zone de responsabilité de la Chine, et d’autre part par les Etats-Unis. "La configuration change dans la région. Et afin d’assurer leur présence militaire, ce qui est un facteur déterminant, les Etats-Unis s'efforcent par tous les moyens de contrôler l'élite locale. Traversant une crise, et dans le cadre de la détérioration des relations avec la Russie, le Tadjikistan prépare le long séjour des Etats-Unis sur son territoire. Prochainement, tous les pays de la région, de l’Afghanistan au Turkménistan, seront parsemés de bases militaires, qui ne seront pas russes", a déclaré Leonid Ivachov.
Ces textes tirés de la presse russe n’engagent pas la responsabilité de RIA Novosti
Les titres du 1er juillet 2011
13:51 01.07.2011 (Mis à jour: 16:05 05.10.2015)

© RIA Novosti . Ruslan Krivobok
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