Les titres du 26 juin 2012

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Visite de Poutine en Israël dans un contexte de tension aux frontières// Les Accords de Camp David remis en question par l'Egypte// Avion turc abattu par la Syrie: l'Otan a un prétexte pour intervenir// Visite de Poutine en Israël: échec sur le volet iranien

Novye Izvestia

Visite de Poutine en Israël dans un contexte de tension aux frontières

Hier en Israël, toute l'attention était concentrée sur deux événements, entre lesquels une partie des observateurs israéliens voit un lien direct: il s'agit de l'élection présidentielle en Egypte de dimanche dernier, remportée par le candidat des Frères musulmans, Mohamed Morsi, et de la visite dans le pays du président russe Vladimir Poutine dans le cadre de sa tournée au Proche-Orient. La course présidentielle égyptienne a entraîné un regain de tension aux frontières sud d'Israël, écrit mardi 26 juin le quotidien Novye Izvestia. Israël estime que la visite de Poutine sera suivie d'efforts accrus en matière de maintien de la paix dans la région, ce qui serait très opportun.

La visite du président russe a marqué les Israéliens par les mesures de sécurité sans précédent (sa sécurité était assurée par plusieurs centaines d'agents) et la cérémonie d'inauguration à Netanya d'un mémorial consacré à la victoire sur l'Allemagne nazie.

La visite du président russe a dans l'ensemble fait une bonne impression à l'establishment israélien, qui a traditionnellement une attitude assez méfiante envers la Russie, et à la presse locale. La venue de Poutine est déjà remarquable, notamment dans le contexte des nombreux refus du président américain Barack Obama de se rendre en Israël. Et surtout, la visite du président russe a coïncidé avec l'aggravation de la situation à la frontière égyptienne, ce qui est directement lié aux résultats de l'élection présidentielle dans le pays.

Dans une interview accordée lundi à l'agence de presse FARS, Mohamed Morsi a déclaré qu'il avait l'intention de revoir les conditions du traité de paix avec Israël et d'établir un partenariat stratégique avec l'Iran, ennemi de longue date de l'Etat hébreu. Tout cela se produisait dans le contexte des nouvelles alarmantes provenant de la bande de Gaza. Lundi, le poste-frontière de Kerem Shalom, par lequel arrivaient les chargements humanitaires et commerciaux dans cette zone, a été provisoirement fermé. C'était l'une des réponses d'Israël aux affrontements armés depuis une semaine à sa frontière sud. Rien que samedi dernier, le 23 juin, 24 missiles et obus de mortier sont tombés sur le territoire israélien. Les experts militaires soulignent que pour la première fois des régions éloignées du désert du Néguev ont été attaquées. Dans la même journée, l'armée de l'air israélienne a bombardé la bande de Gaza. La branche armée du Hamas, Ezzedine al-Qassam, menace d'attaquer le centre d'Israël. Les combattants palestiniens tentent de pénétrer sur le territoire israélien via la frontière égyptienne, qui est une véritable passoire.

 Moskovskie Novosti

Les Accords de Camp David remis en question par l'Egypte

L'arrivée au pouvoir en Egypte du président islamiste Mohamed Morsi pourrait infliger un immense préjudice à la paix fragile au Proche-Orient. Hier, le lendemain de l'annonce officielle des résultats du second tour de la présidentielle, les agences de presse annonçaient un scoop: le nouveau président égyptien promet de revoir les Accords de Camp David, traité de paix avec Israël, et a l'intention de se rapprocher de l'Iran, qui a rompu ses relations avec l'Egypte il y a plus de 30 ans en raison de la signature dudit traité, écrit mardi 26 juin le quotidien Moskovskie Novosti.

L'intention de Morsi, qui représentait les Frères musulmans, de revoir les conditions du traité de paix avec Israël a été annoncée hier par l'agence de presse iranienne FARS. Selon l'agence, le nouveau chef de l'Etat égyptien souhaite édifier des relations avec Israël sur des principes de l'équité. FARS a également cité l'ambassadeur d'Egypte auprès des Palestiniens, Gamal Mazloum, qui a déclaré que l'Egypte aurait besoin de renforcer sa présence militaire dans le Sinaï si Israël n'acceptait aucun amendement aux Accords de Camp David.

On ignore concrètement ce qui ne convient pas au président égyptien dans ce traité. Selon le professeur Vladimir Issaïev de l'Institut des pays d'Asie et d'Afrique de l'université d'Etat de Moscou, la révision d'au moins un des points des Accords de Camp David nécessiterait une nouvelle signature de l'ensemble du traité, sur lequel repose la structure tout entière des relations politiques internationales au Proche-Orient. Ce traité sert de base non seulement aux relations entre l'Egypte et Israël, mais également au processus de paix israélo-arabe et aux négociations sur la création de l'Etat palestinien indépendant.

Un autre message inquiétant était l'annonce par la presse iranienne du rétablissement des relations diplomatiques entre l'Egypte et l'Iran, rompues en 1979 après la signature des Accords de Camp David. L'agence de presse iranienne Irna a cité Alaeddin Boroujerdi, président de la commission pour la sécurité nationale et la politique étrangère du parlement iranien, qui a déclaré que les relations diplomatiques entre l'Iran et l'Egypte "se rétabliraient naturellement". Selon lui, la révolution égyptienne a fortement stimulé le développement des relations bilatérales entre les deux pays. A son tour, l'agence FARS affirme que Morsi a également l'intention d'établir des contacts avec l'Iran pour "équilibrer" la politique étrangère de l'Egypte.

Les communiqués sur la révision des Accords de Camp David ont été publiés hier par les agences de presse mais n'ont pas été confirmés par d'autres sources. Depuis son élection, Morsi n'a fait qu'une seule déclaration officielle sur les accords internationaux: il a annoncé pendant la conférence de presse de lundi qu'il reconnaissait tous les accords et traités internationaux signés par les autorités égyptiennes avant la révolution. Il a également ajouté que l'Egypte n'avait pas l'intention de s'ingérer dans les affaires nationales d'autres pays, mais qu'elle ne tolérerait pas l'ingérence de puissances étrangères dans les siennes.

Nezavissimaïa gazeta

Avion turc abattu par la Syrie: l'Otan a un prétexte pour intervenir

A la demande de la Turquie, une réunion extraordinaire du Conseil de l'Otan examinera aujourd'hui à Bruxelles la situation après le crash d'un chasseur turc abattu par la Syrie, écrit mardi 26 juin le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

Dimanche Ankara a demandé à Bruxelles la tenue d'une consultation d'urgence au siège de l'Otan. Le ministre turc des Affaires étrangères Ahmet Davutoglu a déclaré à la télévision qu'Ankara informerait l'Otan, dont il est membre, de l'incident avec la Syrie "en vertu de l'article 4 du Traité de l'Atlantique Nord" qui prévoit des consultations entre les pays membres si l'un d'eux estime que "son intégrité territoriale, son indépendance politique ou sa sécurité" sont menacées.

Le ministre turc n'a pas précisé s'il serait proposé d'appliquer l'article 5 du traité sur la "sécurité collective". Il stipule qu'en cas d'attaque armée contre l'un ou plusieurs membres de l'Alliance, les autres partenaires apportent leur aide, pouvant aller jusqu'à l'utilisation de la force armée.

Selon Vladimir Kotliar, membre du Conseil juridique international près le ministère russe des Affaires étrangères et arbitre international de l'ONU pour le droit maritime, le Conseil de l'Otan se réunit également à Bruxelles afin de régler une question substantielle. "La Syrie, qui a abattu l'avion turc, n'est pas un pays européen. Et en cas d'utilisation de la force militaire contre un membre de l'Otan en dehors du territoire européen ou de l'Atlantique Nord, le mécanisme automatique d'entraide ne fonctionne pas", affirme l'expert.

Jusqu'à présent, l'Otan a toujours déclaré qu'elle n'avait pas l'intention de s'ingérer dans la situation en Syrie.

Les pays de l'Otan cherchent des détours pour légaliser leur ingérence dans les affaires d'un Etat souverain. Et l'une des solutions est la provocation par le biais du chasseur turc abattu. Il s'agit de rechercher les prétextes pour élargir le conflit militaire.

Selon le général russe à la retraite Pavel Zolotarev, directeur adjoint de l'Institut des Etats-Unis et du Canada, la réaction des militaires syriens est parfaitement justifiée. "Dans une situation compliquée et tendue, lorsqu'un avion de combat non identifié s'approche à faible altitude et à vitesse supersonique sans répondre à la demande d'identification, le temps de la réflexion est restreint. Et les militaires font ce qu'ils doivent faire. Ils ouvrent le feu."

Les experts interrogés sont également surpris par la position incohérente des autorités turques. Le président turc Abdullah Gül reconnaît d'abord que le F-4 turc a pu violer l'espace aérien syrien en raison de la vitesse de vol élevée. "Ce n'est pas un acte malveillant mais incontrôlé en raison de la vitesse du chasseur", affirmait-il, selon l'agence de presse Anatolie. Puis le ministre Davutoglu a déclaré que le chasseur turc n'avait pas été abattu au-dessus du territoire syrien, mais dans l'espace aérien international. Les experts se demandent comment cela a pu se produire sachant que le Phantom gît au fond de la Méditerranée à seulement 1.300 mètres de la côte syrienne, tandis que les eaux territoriales de tout pays s'étendent sur 12 miles marins (près de 22 kilomètres) depuis le littoral.

Il était impossible de voir sur l'écran radar si le Phantom transportait des armes ou non. Pavel Zolotarev suppose que les Syriens ont pu agir délibérément. Non seulement ils ont abattu un avion qui avait violé leur frontière, mais ils ont également montré la puissance de leur système de défense antiaérienne. Ils ont ainsi envoyé un message à tous ceux qui tenteraient de les attaquer par les airs en faisant savoir que ce genre d'attaques ne resterait pas impuni.

Selon Alexandre Charavine, directeur de l'Institut d'analyse politique et militaire, "l'Otan trouvera toujours mille et une raisons pour justifier ses actes, interprétera la législation comme bon lui semble, et la Russie affirmera que tout cela va à l'encontre du droit international." Alexandre Charavine est convaincu qu'une opération militaire sera tôt ou tard engagée contre la Syrie, mais cela nécessite une sérieuse préparation. "En dépit de la présence dans la région d'un contingent assez important de l'Otan et de la 6e flotte américaine, l'Alliance n'est pas prête pour une intervention en Syrie à l'heure actuelle. D'autant plus que la situation avec l'Iran est également extrêmement tendue. Il est donc difficile de dire qui sera la première cible et quand. Après tout, les capacités de l'Otan ne sont pas illimitées", a déclaré Alexandre Charavine.

Ces textes tirés de la presse russe n’engagent pas la responsabilité de RIA Novosti

 

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