Il s'agit d'un gazoduc et d'un oléoduc d'une longueur totale de 1.572 km chacun qui doivent relier les gisements du projet Sakhaline-2, situés dans le secteur nord-est du plateau continental de l'île, à l'usine de gaz liquéfié et au terminal pétrolier en chantier dans le sud de Sakhaline. Les canalisations ont déjà été construites sur 1.410 km.
La semaine dernière, Rosprirodnadzor a achevé les vérifications de la compatibilité des canalisations côtières aux normes et règles techniques. Les résultats n'ont pas encore été annoncés. Mais son chef adjoint, Oleg Mitvol, avait déclaré début août que d'après les informations à sa disposition Sakhalin Energy n'avait pas pris toutes les mesures nécessaires pour écarter le danger d'endommagement de certains tronçons de tubes par des torrents de boue.
L'attention soutenue que Rosprirodnadzor prête à Sakhaline-2 donne des arguments à Gazprom qui a ouvert en 2005 des négociations avec Shell sur l'acquisition de 25% du projet: les éventuels reproches abaissent le coût de l'actif. Si la menace se matérialise, Sakhalin Energy subira des pertes énormes en versant des pénalités aux contractants, car le gaz que produira la future usine fait déjà l'objet de contrats.
Les dessous politiques des reproches faits à Sakhaline-2 trouvent leur confirmation dans le fait que les conclusions des expertises écologiques ont été jusqu'à présent délivrées dans leur majorité accompagnées de recommandations qui devaient avoir été réalisées au moment du lancement du projet. Par exemple 26 recommandations ont été émises pour le projet de mise en valeur par Lukoil du gisement de Kravtsovo expertisé en 2003, 97 pour le Système d'oléoducs de la Baltique et 88 pour le Système de canalisations de la Caspienne. Aucun de ces projets n'a été arrêté sous l'effet des reproches de Rosprirodnadzor, et ils fonctionnent actuellement de manière efficace.