Des questions se posent en ce qui concerne l'établissement d'ententes sur le maintien de la stabilité et de la sécurité dans les domaines de la production et de la consommation d'énergie ainsi que dans celui du transit des hydrocarbures. Les intérêts des producteurs et des consommateurs de produits énergétiques peuvent être articulés de deux manières.
La première consiste à parvenir à des ententes équilibrées, permettant aux parties de se croire sur parole, et aussi à faire fusionner les différents stades de la chaîne technologique pour garantir l'intangibilité du cycle de production. Les infractions ont lieu là où il n'y a pas de base légale. Les désagréments commencent quand un contrat arrive à expiration sans que le suivant soit entré en vigueur.
C'est ce qui s'est produit à la charnière des années 2005-2006 avec les livraisons d'hydrocarbures à l'Ukraine, quand en raison de l'absence de contrat et du refus des partenaires ukrainiens d'en signer un, il a fallu limiter les livraisons de gaz à ce pays. Quant à l'Ukraine, elle a compensé la chose en détournant le combustible acheminés par ses gazoducs aux partenaires européens de la Russie. Et c'est nous qui avons été pointés du doigt et non pas ceux qui avaient siphonné le gaz acheminé vers l'Occident conformément à des contrats que la Russie n'a jamais enfreints et n'enfreindra jamais.
Le deuxième procédé consiste à soumettre à soi le partenaire en prenant le contrôle de son secteur énergétique. Pour nous, cette solution est inadmissible, nous ne nous laisserons pas dépouiller.
Le secteur énergétique russe est le fruit d'un labeur colossal fourni par plusieurs générations de Russes, ce sont des dizaines de milliards de dollars d'investissements. Et brusquement on présente cela comme un "acquis commun", qui n'appartiendrait à personne de concret. Nous n'accepterons jamais que l'on présente les choses comme si à l'époque de la mondialisation les ressources n'ont pas de propriétaire concret et appartiennent à tout le monde.
Non, ces ressources, elles sont à nous. Nous sommes disposés à les partager avec nos partenaires sur la base d'une coopération équitable et équilibrée, mais pour cela il faut des règles du jeu établies sur le long terme, reposant sur le principe de l'équité.